Blocages reconduits dans les facs

le 20 mars 2006 à 22h39 , mis à jour le 21 mars 2006 à 17h00

Les blocages ou les perturbations liées au mouvement anti-CPE touchaient encore lundi une cinquantaine d'universités. Tour de France des facs concernées.

TF1/LCI université de Bordeaux en grève contre le CPE

La contestation du CPE s'installe dans la durée - et les blocages des facs perdurent. Lundi, une cinquantaine d'universités sur 84 étaient toujours touchées par des blocages, barrages filtrants ou fermetures. De même, dans les lycées, le climat ne semblait pas aller vers l'apaisement.

Environ 5.000 étudiants de Rennes II, réunis en assemblée générale, ont voté par exemple à main levée la poursuite du blocage de l'université entamé il y a six semaines. Le président de cette université a constaté une détermination croissante de ses étudiants dont les revendications se "radicalisent au fur et à mesure que le temps passe".

AG, barricades de cageots...

La grève et le blocage ont été aussi reconduits à Aix-Marseille II. De même que dans le Nord : aux universités bloquées se sont ajoutés une trentaine des 185 lycées bloqués dans le Nord-Pas-de-Calais (une quinzaine sur 110 à Paris). Les lycéens opposés au contrat première embauche (CPE) ont par endroits érigé des barricades de palettes, de cageots ou à l'aide de voitures appartenant à des lycéens.

La bataille du cpe
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Voulant se distinguer, une vingtaine d'étudiants grévistes de l'université de Poitiers se sont invités au casting de la Star Academy, sur le site du Futuroscope à Poitiers. En revanche, une quinzaine de jeunes, dont huit à Savigny-le-Temple, ont été interpellés à la suite de dégradations et de caillassages sur les forces de l'ordre devant des lycées de Seine-et-Marne.

C'est dans ce contexte - universitaire surtout - que l'Unef, a appelé formellement au boycott des élections aux conseils d'administration du Crous prévues cette semaine, en même temps que la conférence des présidents d'Universités (CPU) qui a demandé leur report à cause du blocage actuel de plusieurs universités. Et une nouvelle manifestation estudiantine est prévue ce mardi à Paris à partir de 14H, a annoncé lundi soir la Préfecture de police de Paris qui a mis en place un dispositif spécifique de circulation et d'information pour l'occasion. Le rassemblement est prévu place Saint-Jacques.

Etudiants et lycéens mobilisés à Perpignan

Le mouvement d'opposition au CPE des lycéens de Perpignan s'est amplifié mardi où deux nouveaux lycées se sont ajoutés à ceux qui ont été bloqués lundi. Mardi, le lycée hôtelier Federico Garcia Lorca et le lycée privé Louise-de-Marillac se sont joints à la liste des principaux établissements de la ville, les lycées François-Arago, Jean-Lurçat, Pablo-Picasso (Clos Banet), Aristide-Maillol et Bon-Secours (privé) déjà bloqués. Les élèves, réunis en divers cortèges, ont convergé en début de matinée vers le centre-ville de Perpignan. A l'université de la ville, où les cours sont suspendus, les étudiants continuent d'occuper jour et nuit un amphithéâtre et le campus. Une assemblée générale doit déterminer les modalités de poursuite de la grève dans la matinée. Le président de l'université François Féral a une fois de plus appelé mardi matin sur les ondes de France Bleue à une suspension du texte de la loi créant le CPE pour que s'engagent des négociations. Il a indiqué que l'université était à la recherche avec les étudiants grévistes d'un "modus vivendi" afin que les examens ne soient pas "compromis".

Un étudiant favorable à la reprise des cours, assigne sa fac en justice

L'université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), bloquée par les étudiants anti-CPE puis fermée depuis le 14 mars, a été assignée en référé devant le tribunal administratif de Melun par un des étudiants qui demande la reprise des cours. Le tribunal de Melun a précisé que l'audience en référé, initiée par un élève en 1ère année de Master de Sciences politiques, aurait lieu jeudi 23 mars à 11h30. En raison du blocage, la direction avait pris la décision de fermer l'établissement. La fermeture administrative a été reconduite jusqu'à jeudi. Lundi, lors d'une assemblée générale réunissant 2.000 personnes, la reconduction de l'occupation a été votée jusqu'à jeudi", a déclaré Aurélien, porte-parole de l'Unef. 

Photo d'ouverture : l'université de Bordeaux III en grève - DR

le 20 mars 2006 à 22:39
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7 Commentaires

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  • STEPH, le 21/03/2006 à 16h12

    Lamentable d'empêcher ceux qui ont des exams et des jobs d'été d'aller librement en cours. Ces rois du blocus sont les futurs piliers des piquets de grève estampillés CGT ou FO. Je comprends qu'ils soient anti-CPE, qui voudrait conserver de tels tirs au flanc dans son entreprise ?

  • G.r., le 21/03/2006 à 13h41

    Que certains fassent grève, c'est leur droit. Mais que ce ne soit pas à sens unique, le droit au travail existe. On n'a pas le droit d'empêcher quelqu'un d'aller travailler. Réfléchissez un peu, votre tour viendra de faire la queue devant les portes de l'ANPE, à chercher un hypothétique boulot, que vous ne pourrez pas décrocher parce que vous n'aurez pas d'expèrience(sauf en contestation). Vos profs vous auront pourtant inculqué que vous trouverez du travail, aussitôt vos examens, avec des salaires très elevés. Demandez-leurs s'ils n'ont pas fait des stages, des remplacements avec un petit salaire. Ils ne s'en vantent pas! Quand vous serez en recherche d'emploi, vous demanderez au gouvernement de faire quelque chose pour que les jeunes trouvent un emploi!

  • Bob, le 21/03/2006 à 12h08

    Les IUT sont aussi victimes de ces abus de blocage ,probléme pour les etudiants de ces instituts un tiers de leurs enseigants vient du secteur privé donc de l'entreprise!ces derniers sont donc en prise directe sur les futur demandeurs d'emplois...je ne pense pas que ce sera dans ce vivier qu'ils iront les chercher!

  • Julien, le 21/03/2006 à 10h49

    Je suis étudiant à l'université de lettres à Reims dans la section anglais et la grève a été reconduite pour une semaine. C'est inadmissible ! Je suis pro-CPE mais moi je respecte les anti-CPE. Eux non. Qu'ils laissent travailler ceux qui veulent travailler. La démocratie doit fonctionner dans les deux sens. Pourvu que Villepin tienne bon car la loi a été votée démocratiquement, le 49.3 n'est pas anticonstitutionnel, la gauche l'a utilisée plus que la droite (Rocard en tête) alors que cette gauche écervelée se taise une bonne fois pour toute. Apparemment, elle n'a pas compris le message de 2002...

  • Alexandre, le 21/03/2006 à 10h43

    Quand les politiques arrêteront de jouer les casseurs les choses iront mieux. La politique de Villepin est celle du pire et son seul objectif est de poser ses marques dans sa compétition contre Sarkozy. Il serait peut-être tps chez certains électeurs de droite de ne pas soutenir les réformes stupides de certains idéologues qui se moquent de leurs électeurs moyens. Que les politiques apprennent d'abord à gérer le budget de la France avant de vouloir imposer la précarité aux salarié du privé (qu'ils aillent faire des stages non rémunérés au Canada en Belgique ou en Espagne). Hier 75% rêvaient d'être fonctionnaires avec le CPE combien (85%? 95 %?)

  • Mat, le 21/03/2006 à 10h13

    La semaine dernière je regardais un débat sur le CPE sur une chaine publique. D'un coté des ministres Pro-CPE et de l'autre des universitaires, des lycéens Anti-CPE, dont le fameux président de l'UNEF. J'ai été frappé de voir que les étudiants anti-CPE ne connaissent en fait absolument rien du monde du travail. Ce qui m'a le plus marqué c'est de voir le président de l'UNEF parler haut et fort de la facilité du licenciement en entreprise grâce à ce contrat ainsi que de la précarité chez les jeunes, puis d'entendre un stagiaire (de métier, donc particulièrement précaire) lui demander successivement : "Avez vous déjà travailler en entreprise?", "Avez vous déjà connu la précarité?"... bien entendu sa réponse aux deux questions à été "non"... A partir de là tout est devenu évident, on donne la parole à des jeunes qui n'y connaissent absolument rien, habités par des fantasmes d'extrême gauche, ils sont persuadés qu'un patron les attends les bras ouvert dès la sortie de leurs études... la réalité est tout autres, le marché du travail évolue, il faut que les français comprennent une fois pour toute qu'il est temps d'évoluer, on ne peut plus vivre comme il y à 20 ans, on ne peut plus vivre sur ses acquis, arrêtons une fois pour toute de râler, de sans cesse contester, et de faire grève et mettons nous AU TRAVAIL!! Tant que la majorité des français ne comprendra pas cela, le pays ne pourra avancer... alors au boulot !!!

  • Zabette, le 20/03/2006 à 23h49

    D'abord on est gréviste quand on travaille, un étudiant ne travaille pas il est sensée étudier non? j'ai connu Nanterre bloquée au temps de la réforme Devaquet, merci bcp, j'ai raté mon année grace a l'unef qui comme d'habitude joue les fauteurs de trouble au sein des facs, c'est un scandale; et je vois qu'en 20 ans, rien n'a changé c'est peut etre meme pire!! Ils feraient mieux de bosser parce qu'a ce train la, le nombre de chomeurs ne fera que croitre, et pas par la faute du CPE, et ils auront encore le culot de dire que c'est la faute des autres! Quant aux lycéens, ils feraient mieux de préparer leur bac, malgré le niveau pitoyable de ce pauvre diplome maintenant vu ce que l'on en a fait, c'est peut etre déja trop leur demander! c'est plus facile d'aller faire le clown dans la rue.

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