
La contestation du CPE s'installe dans la durée - et les blocages des facs perdurent. Lundi, une cinquantaine d'universités sur 84 étaient toujours touchées par des blocages, barrages filtrants ou fermetures. De même, dans les lycées, le climat ne semblait pas aller vers l'apaisement.
Environ 5.000 étudiants de Rennes II, réunis en assemblée générale, ont voté par exemple à main levée la poursuite du blocage de l'université entamé il y a six semaines. Le président de cette université a constaté une détermination croissante de ses étudiants dont les revendications se "radicalisent au fur et à mesure que le temps passe".
AG, barricades de cageots...
La grève et le blocage ont été aussi reconduits à Aix-Marseille II. De même que dans le Nord : aux universités bloquées se sont ajoutés une trentaine des 185 lycées bloqués dans le Nord-Pas-de-Calais (une quinzaine sur 110 à Paris). Les lycéens opposés au contrat première embauche (CPE) ont par endroits érigé des barricades de palettes, de cageots ou à l'aide de voitures appartenant à des lycéens.
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C'est dans ce contexte - universitaire surtout - que l'Unef, a appelé formellement au boycott des élections aux conseils d'administration du Crous prévues cette semaine, en même temps que la conférence des présidents d'Universités (CPU) qui a demandé leur report à cause du blocage actuel de plusieurs universités. Et une nouvelle manifestation estudiantine est prévue ce mardi à Paris à partir de 14H, a annoncé lundi soir la Préfecture de police de Paris qui a mis en place un dispositif spécifique de circulation et d'information pour l'occasion. Le rassemblement est prévu place Saint-Jacques.
Etudiants et lycéens mobilisés à Perpignan
Le mouvement d'opposition au CPE des lycéens de Perpignan s'est amplifié mardi où deux nouveaux lycées se sont ajoutés à ceux qui ont été bloqués lundi. Mardi, le lycée hôtelier Federico Garcia Lorca et le lycée privé Louise-de-Marillac se sont joints à la liste des principaux établissements de la ville, les lycées François-Arago, Jean-Lurçat, Pablo-Picasso (Clos Banet), Aristide-Maillol et Bon-Secours (privé) déjà bloqués. Les élèves, réunis en divers cortèges, ont convergé en début de matinée vers le centre-ville de Perpignan. A l'université de la ville, où les cours sont suspendus, les étudiants continuent d'occuper jour et nuit un amphithéâtre et le campus. Une assemblée générale doit déterminer les modalités de poursuite de la grève dans la matinée. Le président de l'université François Féral a une fois de plus appelé mardi matin sur les ondes de France Bleue à une suspension du texte de la loi créant le CPE pour que s'engagent des négociations. Il a indiqué que l'université était à la recherche avec les étudiants grévistes d'un "modus vivendi" afin que les examens ne soient pas "compromis".
| Un étudiant favorable à la reprise des cours, assigne sa fac en justice |
L'université de Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), bloquée par les étudiants anti-CPE puis fermée depuis le 14 mars, a été assignée en référé devant le tribunal administratif de Melun par un des étudiants qui demande la reprise des cours. Le tribunal de Melun a précisé que l'audience en référé, initiée par un élève en 1ère année de Master de Sciences politiques, aurait lieu jeudi 23 mars à 11h30. En raison du blocage, la direction avait pris la décision de fermer l'établissement. La fermeture administrative a été reconduite jusqu'à jeudi. Lundi, lors d'une assemblée générale réunissant 2.000 personnes, la reconduction de l'occupation a été votée jusqu'à jeudi", a déclaré Aurélien, porte-parole de l'Unef.
Photo d'ouverture : l'université de Bordeaux III en grève - DR
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