Chirac va s'exprimer

le 29 mars 2006 à 11h14 , mis à jour le 30 mars 2006 à 16h39

Alors que les appels à une intervention du chef de l'Etat dans la crise du CPE se multiplient, son entourage a laissé entendre mercredi qu'il pourrait agir dès jeudi soir... pour hâter la promulgation de la loi Egalité des Chances. L'intersyndicale appelle pour sa part à une nouvelle journée d'actions le 4 avril.

Chirac

On ne connaît pas encore la forme de son intervention mais l'entourage de Jacques Chirac a fait savoir dans la matinée de mercredi qu'il allait s'exprimer " dans les prochains jours " sur la crise du CPE, très probablement après la décision du Conseil constitutionnel attendue jeudi soir ou vendredi. Depuis le week-end dernier, de plus en plus de voix en appelaient au chef de l'Etat pour dénouer la crise. Cependant, ceux qui comptent sur un recul, ou sur un nouvel examen de la loi Egalité des Chances, risquent d'en être pour leurs frais, s'il faut en croire l'entourage du chef de l'Etat. Après les premières rumeurs d'une intervention prochaine, d'autres "indiscrétions" ont en effet laissé entendre mercredi soir que Jacques Chirac pourrait en fait hâter le processus...

S'agissant du moment de l'intervention présidentielle, ces proches du chef de l'Etat, qui ne doutent pas d'une validation du CPE par le Conseil constitutionnel (lire : "Les "Sages" devraient valider"), ont souligné que Jacques Chirac pourrait intervenir dès jeudi soir pour annoncer une promulgation de la loi "d'ici la fin de la semaine". Ils mettaient toutefois une réserve, si le Conseil rendait sa décision tard jeudi. Comme les députés villepinistes, ces chiraquiens excluaient une nouvelle délibération demandée au Parlement par le chef de l'Etat, comme le lui permet l'article 10 de la Constitution. A leurs yeux, cette nouvelle délibération aurait l'inconvénient majeur de raviver la crise, avec des débats houleux entre la gauche et la droite.

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Le couple exécutif "totalement à l'unisson"

En outre, ces proches du chef de l'Etat ont expliqué que, lors d'une rencontre avec Jacques Chirac le week-end dernier, Dominique de Villepin s'était dit prêt à lui remettre sa démission s'il le désirait. Manière pour le chef du gouvernement d'affirmer, selon eux, sa liberté mais également sa fidélité au chef de l'Etat qui l'a nommé. Et possible explication au lapsus du Premier ministre en pleine Assemblée (lire : "Le lapsus de Villepin à l'Assemblée"). Cependant, le couple exécutif serait "totalement à l'unisson" dans cette affaire et n'entendrait pas "céder à la pression de la rue". Une appréciation confirmée par des parlementaires proches de Dominique de Villepin.

Plus prudent dans son pronostic, le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Henri Cuq, s'exprimant dans les colonnes des Echos, confirme que le chef de l'Etat "parlera très prochainement en se fondant sur la décision qu'aura prise le Conseil Constitutionnel d'une part, tout en étant attentif aux inquiétudes qui se sont exprimées d'autre part" sur le contrat première embauche. "Nul doute qu'il saura apporter une réponse conforme aux attentes de ces jeunes, dans le respect des institutions", estime-t-il. Henri Cuq rejette par ailleurs la proposition de Nicolas Sarkozy d'une "non-application du CPE" durant les négociations avec les partenaires sociaux pour rechercher "un compromis".

Les communistes appellent Villepin à "se soumettre ou se démettre"

Après la manifestation qui a rassemblé mardi plus d'un million de personnes en France selon la police, trois millions selon la CGT, les syndicats, le Parti socialiste, l'UDF ainsi qu'une partie de l'UMP ont appelé Jacques Chirac à parler. Quant au Parti communiste français il a, pour la première fois depuis le début du mouvement social, appelé le gouvernement à "se soumettre et à retirer le CPE, ou à se démettre". Mais pour l'heure, aucun signe ne laisse prévoir la fin du conflit, alors que nombre de facultés restent bloquées (lire : "Des étudiants inquiets veulent retourner à la fac") et que le ministre de l'Education nationale tente de faire rouvrir les lycées touchés par le mouvement (lire : "Robien veut débloquer les lycées")... Mardi, les secrétaires généraux des cinq confédérations syndicales avaient également adressé une lettre commune au président de la République pour lui demander le vote par le Parlement d'"une nouvelle délibération de la loi égalité des chances excluant l'article relatif au CPE".

En attendant cette intervention du chef de l'Etat, qu'elle vienne dénouer... ou approfondir la crise, l'intersyndicale rassemblant les douze organisations engagées dans la lutte contre le CPE s'est réunie mercredi après-midi pour décider d'une nouvelle journée nationale d'actions (lire : "Nouvelle journée d'actions contre le CPE mardi"). Elle aura lieu mardi prochain. "Les liens entre les syndicats sont très forts, fondés sur un échange permanent d'informations, nous sommes très déterminés à mener cette bataille ensemble jusqu'au succès", a souligné un responsable syndical relatant le climat inédit de douce euphorie unitaire qui imprègne en ce moment les relations syndicales. Il faut dire que dans ce contexte de crise sociale mais aussi désormais politique, l'isolement grandissant du Premier ministre, tend, paradoxalement, à valoriser le rôle des confédérations syndicales, interlocuteurs incontournables entre une base souvent juvénile, où percent des signes d'exaspération, et un exécutif en quête d'une porte de sortie.

Villepin : "je ne baisserai pas les bras"

Dominique de Villepin a prononcé mercredi soir une brève allocution dans la cour de Matignon, à l'issue d'une réunion avec trois organisations étudiantes, la Fage, l'UNI et PDE : "Notre pays est inquiet. Je mesure tout particulièrement l'anxiété des jeunes face à l'avenir. Dans cette situation, nous avons besoin de dialogue plus que jamais, de dialogue et d'ouverture. La réunion que nous venons de tenir avec les organisations étudiantes a été constructive. Il y a des préoccupations, j'ai marqué ma totale disponibilité à améliorer nos propositions sur les deux points qui posent le plus problème : la durée de la période d'essai de deux ans, et les modalités de rupture du contrat. Il y a des inquiétudes, nous y répondrons. Face au chômage des jeunes, je ne baisserai pas les bras".

Photo d'ouverture : Jacques Chirac - archives

le 29 mars 2006 à 11:14
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26 Commentaires

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  • Mayer, le 29/03/2006 à 14h21

    La France n'est qu'une similie démocratie. On élit des parlementaires pour nous représenter à Assemblée Nationnale, ils sont payés pour cela, sont absents lors du vote du CPE, se permettent ensuite de critiquer, pour au final descendre dans la rue afin de revenir sur un texte voté !!! C'est le monde à l'envers!

  • El toro, le 29/03/2006 à 14h09

    Villepin se trompe sur la methode,il n'est pas fait pour commander un pays mais il est legitime et ne doit pas accepter qu'une loi soit retirée sous pretexe que les syndicats ont mobiliser les fonctionnaires pour faire du chiffre.Borloo et son ministre delegué a l'emploi auraient du demmissioner quand Villepin a presenter sa loi sans les consulter,Chirac aurait du partir apres le non au referendum,mais desormais nos politique n'ont plus aucune fierté seul compte le fait d'etre "ministre",De Gaulle passait la France avant tout,en premier il se demandait si c'etait bien ou pas pour la France,maintenant nos politique se demande si c'est bien pour leur image.

  • Jojo la frite, le 29/03/2006 à 14h08

    L'article 16 est anti démocratique, Chirac ne l'utilisera pas car ce ne sont pas les manifestants qui posent problème mais les casseurs. La solution contre eux est simple laissé les CRS chargés et que les français ne soient plus alarmer si il y a des bléssés (voir plus comme en 1986...malheureusement). Villepin n'est pas un homme politique mais un homme d'Etat, il ne souhaite pas faire plaisir seulement rétablir une situation française que les socilaistes ont mis a sac pendant près de 20ans (Mitterrand puis cohabitation...). Le Conseil Constitutionnel ne va pas sanctionné la loi car elle est DEMOCRATIQUE et LEGALE, ce n'est pas parceque le 49.3 a été utilisé qu'il n'est pas démocratique. Les amendements ont été gardés et non retirer (comme Villepin aurait pu le faire avec l'utilisation du 44.3 en + du 49.3). Tous ce que les socialistes ont demandés au Conseil Constitutionnel n'a aucun intérêt (voir le journal "le Monde" et "Libération"). En clair, lorsque Le C.Constit aura dit que la loi est légale, Chirac va signer le décret d'application... et ce sera fini! le CPE sera officiel! Donc cheres étudiants et cheres grévistes et manifestants retourner travailler et étudier car ce que vous faites ne changera rien... Par ailleurs, allez voir sur WIKIPEDIA pour voir ce qu'est REELEMNENT le CPE ou meme sur le site du premier ministre... sur ce A bientot

  • Benjamin, le 29/03/2006 à 13h46

    Le président n'est plus réellement soutenu que par 01% des Français (ceux qui souhaite le revoir candidat en 2007) Il est en bout de course, cuit, lessivé, écrasé par tous ces échecs consécutifs, souvent inspirés d'ailleurs par M Galouzeau, alors secrétaire général de l'Elysée, un autre spécialiste de la boulette à grande échelle : la dissolution de l'Assemblée, les réformes sur les retraites, l'ISF, les intermittents, la dette bien aggravée, le chômage galopant, la canicule puis la Pentecôte, le référendum sur la constitution européennes, les émeutes de novembre, le CNE et enfin le CPE, quel bilan! Si seulement c'était sa démission qu'il pouvait annoncer demain, mais enfin faut pas trop rêvé, il va juste faire sauter son dernier fusible : c'est comme ça qu'il récompense ses amis depuis plus de 30 ans.

  • Oreillecassé, le 29/03/2006 à 13h43

    Pourquoi les fonctionnaires et autres agents des entreprises publiques manisfestent? bien loin de toute précarité, mais bien proche de leurs acquis...mais c'est vrai qu'ils ont du temps, beaucoup de temps pour manifester...

  • Réalisme, le 29/03/2006 à 13h42

    Chirac, en habile politicien, va proposer la suppression du CPE pour calmer la tension. Dès l'été prochain , le CPE/CNE renaitra sous une forme plus habile : assouplissement du licenciement économique, baisse des garanties prud'hommiales, aménagement du code du travail...etc. Même les salariés en CDI (90% des contrats de travail) deviendront de facto des supers-précaires pendant toute la durée du contrat.

  • Marie Preud'homme, le 29/03/2006 à 13h36

    Les français auraient-ils la mémoire si courte ? On sait pourtant où nous ont mené tous les régimes des partis en période de crise... Non merci on a déjà donné. Que la jeunesse qui manifeste sans vraie raison se ressaisisse et réserve son énergie pour des causes qui en valent la peine ! Soutien inconditionnel au Président de la République et au Premier Ministre, c'est la seule issue pour la France !

  • L. Selvegran, le 29/03/2006 à 13h34

    Il serait temps que Mr de Villepin comprenne que trop c'est trop!!! père de trois enfants dont un est en apprentissage je me vois mal leur expliquer plus tard que quand ils trouveront du travail leur employeur pourra les licencier quand il voudra grace à un Premier ministre qui par orgueil en mars 2006 n'avait pas voulu retirer le CPE

  • Georges, le 29/03/2006 à 13h33

    C'est sûr, maintenant ! La droite est aussi nulle que les socialistes ! Les esclaves sont dans la rue. Depuis quand les besogneux font la loi dans la rue ? On n'arrête pas de faire des cadeaux à leurs patrons, et ils ne sont toujours pas satisfaits. Retournez à vos chaïnes, fainéants ! Consommateurs !

  • Yves, le 29/03/2006 à 13h24

    Avec près de 3 millions de manifestants, il n'est plus possible de dire que ce mouvement est minoritaire, que les étudiants sont manipulés, avec un front syndical qui n'avait plus existé depuis des années, la france est à la veille d'une longue et grave crise sociale dont le gouvernement porte toute la responsabilité. En effet la majorité des citoyens connait des difficultés d'emplois de salaires de logement etc.. Tous les acquis sociaux des 25 dernières années ont été purement et simplement balayés en 4 ans de gouvernement libéral. Attention la révolte gronde ! Alors aux députés de l'UMP rendez vous en 2007 pour payer l'addition comme aux régionales de 2004 et vous ne pourrez plus nous faire le coup de l'insécurité comme en 2002 pour propulser le FN au deuxième tour pour assurer l'élection de Sarko comme Chirac en 2002

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