La controverse autour du syndicaliste Cyril Ferez

le 20 mars 2006 à 17h46 , mis à jour le 22 mars 2006 à 11h29

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme hospitalisé dans un état grave après les manifestations anti-CPE de samedi était conscient, mais ivre, lors de l'intervention des secours. Il aurait refusé à plusieurs reprises l'aide des pompiers.

TF1/LCI Le syndicaliste blessé samedi soir lors de la manifestation contre le CPE à Paris, place de la Nation

L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a indiqué, mercredi, que "l'état neurologique" de Cyril Ferez, 39 ans, père d'un enfant de 6 ans, syndicaliste de Sud-PTT blessé samedi lors de heurts place de la Nation, connaissait "une légère amélioration" mais que le "pronostic restait réservé". Nicolas Sarkozy a reçu mardi après-midi au ministère de l'Intérieur une délégation de Sud..Cette délégation a indiqué à la presse n'avoir pas obtenu d' "informations précises" sur les circonstances du drame qui restent floues. Ce syndicaliste de Sud-PTT tombé dans le coma après avoir participé à la manifestation anti-CPE samedi à Paris, était "parfaitement conscient et vif" au moment de son évacuation par les pompiers, mais "dans un état éthylique avancé", selon les premiers éléments de l'enquête confiée à l'Inspection générale des services (IGS).

Selon ces éléments, recueillis notamment sur la foi du témoignage de pompiers, "Cyril Ferez était présent place de la Nation et à ses abords dans l'après-midi du 18 mars 2006, particulièrement lors des premières agressions commises à l'encontre des forces de l'ordre", a-t-on indiqué lundi de source proche du dossier, sans faire état d'une participation de l'homme à ces faits. "Son état éthylique avancé" aurait alors été relevé "par plusieurs observateurs et par des membres des forces de l'ordre qui avaient eu à l'écarter de la zone d'intervention".

A 5 heures du matin, le coma

Selon les premiers éléments de l'enquête, les pompiers interviennent une première fois, vers 20H, à l'angle de l'avenue de Bouvines et de la rue de Montreuil, tout près de la Nation. Cyril Ferez aurait alors "refusé, de façon agressive, les soins offerts alors qu'il présentait une légère bosse au front".

Peu après, les mêmes pompiers auraient été prévenus par des témoins de la présence, non loin de là, d'un homme blessé, apparemment dans un état grave, "à l'angle du boulevard Diderot et de la place de la Nation". "L'intéressé saignait du nez, présentait des contusions au visage, un hématome à l'oeil; il indiquait avoir inhalé du gaz lacrymogène", selon la même source, qui assure qu'il était alors conscient  : "Interrogé par les secouristes sur les circonstances de son état, il leur répondait avoir reçu un coup de poing, sans autre précision". "Les sapeurs-pompiers ont dû le transporter avec vigueur jusqu'à l'hôpital Saint-Antoine, Cyril Ferez refusant toujours sa prise en charge. A ce moment, il était parfaitement conscient et vif", selon les témoignages des pompiers.  Par ailleurs, un CRS affirme, dans un témoignage dont l'AFP a obtenu mardi une copie, que le syndicaliste lui avait indiqué, avant de sombrer dans le coma, que les coups qu'il avait reçus n'avaient pas été portés par les forces de l'ordre.

L'admission aux urgences de Cyril Ferez est enregistrée aux alentours de 21H15. Les pompiers qui l'avaient transporté à l'hôpital l'auraient à nouveau vu "vers 23H30", "conscient et mobile dans le couloir des urgences de l'hôpital Saint-Antoine", poursuit la source. Dans la nuit de dimanche à lundi, une prise de sang aurait révélé un taux d'alcoolémie encore très élevé, à 2,79 grammes. Puis, à 5 H dimanche, Cyril Ferez est tombé dans le coma et est "immédiatement placé en salle de réanimation". Vers midi, il est transporté au service neurologie de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil où son état est jugé très grave, le pronostic vital étant "engagé".

Huit jeunes manifestants jugés en comparution immédiate

Huit jeunes manifestants anti-CPE ont comparu lundi devant la chambre des comparutions immédiates du TGI de Paris qui a prononcé six peines pour des dégradations, agressions ou vols survenus au cours des manifestations. Lundi matin, un jeune d'une vingtaine d'années a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 100 heures de travail d'intérêt général (TIG) pour avoir volé samedi un écran d'ordinateur dans une succurcale des AGF. Un autre manifestant a quant à lui été condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour "transport sans motif légitime de produit ou engin explosif". Il avait été arrêté en possession d'un flacon contenant de l'alcool à 90°. Un étudiant interpellé en possession de deux cocktails Molotov a écopé d'une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un TIG de 120 heures.

Photo d'ouverture : l'homme, gisant à terre, est celui décrit par des témoins comme le syndicaliste blessé samedi soir - DR
le 20 mars 2006 à 17:46
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43 Commentaires

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  • Margaux, le 21/03/2006 à 16h42

    Un homme dans le coma, c'est bien entendu navrant. Mais que faisait dans une manif un syndicaliste en état d'ivresse, si cela est vrai ? J'ai bien aimé au journal de 13h l'explication de la responsable syndicale qui tentait de justifier ce fait en disant que c'était courant à l'issue d'une manif... Tiens, je n'aurais pas pensé à ça ! Une manif est donc une fête où l'on consomme de l'alcool ?...

  • Jef, le 21/03/2006 à 15h57

    Un avis derrière un clavier c'est bien joli! Mais quand on a conu (un peu trop) la précarité dictée par le "pragmatisme économique" (en fait tous les boursicoteurs qui piquent sur nos salaires les fruits de notre travail...),on finit par donner son avis de manière d'autant plus musclée et physique que l'on perd de plus en plus de temps à tenter d'expliquer aux plus naifs que vouloir conserver tout ça c'est mourir encore plus vite(voyez ce que subissent nos anciens dans ces mouroirs dont cette crétinerie de journée de solidarité a tout changé, c'est évident! Se battre est tout bonement un instinct de SURVIE ! Avec ou sans Alcool ...spleen souviens toi!

  • Nicolas, le 21/03/2006 à 15h38

    C'est triste ce qui arrive à cet homme certainement, mais personne ne l'a obligé à rester pendant les emeutes. Je ne pense pas que la police soit là pour se faire frapper ou prendre des pavés. A force de les titiller, ils répliquent, et je les soutiens à fond. On peut manifester sans casser. Ce sont les risques des manifestants casseurs. Tchô

  • Christophe, le 21/03/2006 à 15h21

    Un mot d'ordre dans la republique francaise " force doit rester à la loi", manifester oui, dégrader, voler et agresser NON. Je ne pense pas qu'il y a que des casseurs dans les manifestations au regard de 7 a 8. Et je soutien tous les policiers de France de leur travail "bon courage". je remerci également les services de presse, qui nous donnent toujours cette impression que la police son tous des coupables potentiel pour la population français "info ou intox".

  • Max, le 21/03/2006 à 15h11

    J'etais monté à Paris pour voir de mes propres yeux ce qui se passer. Et bien, je ne suis pas déçu, c'est des CRS qui se prennent des projectils pendant 30 minutes, des blessés, qui chargent, en attrape un ou deux avec l'aide de policiers en civil. Toujours est-il qu'il est bon de voir ces démagos qui en font une montagne, mais tout le monde s'en tape de la centaine de policiers blessés depuis le début ? Ca condamne la violence que dans un sens, magnifique. La fin est la suivante : On découvrera qu'il s'est taper avec un autre manifestant ou qu'il s'est pris un projectil, et plus personne n'en parlera, parce que ce n'est pas assez vendeur si il n'a pas été agresser par la Police , sauf sa pauvre famille qui elle en récoltera les frais.

  • Grohmann, le 21/03/2006 à 11h20

    Rien ne prouve que se sont les forces de l'ordres responsables,bien que dans de tels momentssous le feu de l'action! mais si il est vraissemblable que l'alcoola jouer un role, je comprend que les syndicats soient si discrets

  • Eliot, le 21/03/2006 à 11h15

    A lulu de Brest, il est possible que le "manifestant" se soit livré à des actes de violence et déprédation, ce qui expliquerait l'attitude du crs. Avant de juger et de tirer des conclusions sur une simple image-spectacle, il faut mieux se renseigner avant...

  • Felix, le 21/03/2006 à 11h08

    De tout temps pour commencer a travailler il a fallu donner des resultats faire ces preuves ;pourquoi maintenant les jeunes ont peur de faire valloir leurs competences?c'est scandaleux de voir comment ils reagissent!!!

  • ANNE, le 21/03/2006 à 10h56

    Nous ne saurons jamais la vraie vérite, la seule chose dont nous sommes certains,c'est que cette personne a été tabassée par la police, mais pour quels motifs ?, peu importe, les CRS doivent respecter la loi, et en aucun cas se permettrent de frapper quelque personne que ce soit. ANNE.

  • Fab, le 21/03/2006 à 09h32

    Cette personne est dans le coma c'est navrant mais on ne vient pas dans ce genre de manifestation avec de l'alcool, c'est pas sérieux..., personne n'en parle de ca !

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