
L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a indiqué, mercredi, que "l'état neurologique" de Cyril Ferez, 39 ans, père d'un enfant de 6 ans, syndicaliste de Sud-PTT blessé samedi lors de heurts place de la Nation, connaissait "une légère amélioration" mais que le "pronostic restait réservé". Nicolas Sarkozy a reçu mardi après-midi au ministère de l'Intérieur une délégation de Sud..Cette délégation a indiqué à la presse n'avoir pas obtenu d' "informations précises" sur les circonstances du drame qui restent floues. Ce syndicaliste de Sud-PTT tombé dans le coma après avoir participé à la manifestation anti-CPE samedi à Paris, était "parfaitement conscient et vif" au moment de son évacuation par les pompiers, mais "dans un état éthylique avancé", selon les premiers éléments de l'enquête confiée à l'Inspection générale des services (IGS).
Selon ces éléments, recueillis notamment sur la foi du témoignage de pompiers, "Cyril Ferez était présent place de la Nation et à ses abords dans l'après-midi du 18 mars 2006, particulièrement lors des premières agressions commises à l'encontre des forces de l'ordre", a-t-on indiqué lundi de source proche du dossier, sans faire état d'une participation de l'homme à ces faits. "Son état éthylique avancé" aurait alors été relevé "par plusieurs observateurs et par des membres des forces de l'ordre qui avaient eu à l'écarter de la zone d'intervention".
A 5 heures du matin, le coma
Selon les premiers éléments de l'enquête, les pompiers interviennent une première fois, vers 20H, à l'angle de l'avenue de Bouvines et de la rue de Montreuil, tout près de la Nation. Cyril Ferez aurait alors "refusé, de façon agressive, les soins offerts alors qu'il présentait une légère bosse au front".
Peu après, les mêmes pompiers auraient été prévenus par des témoins de la présence, non loin de là, d'un homme blessé, apparemment dans un état grave, "à l'angle du boulevard Diderot et de la place de la Nation". "L'intéressé saignait du nez, présentait des contusions au visage, un hématome à l'oeil; il indiquait avoir inhalé du gaz lacrymogène", selon la même source, qui assure qu'il était alors conscient : "Interrogé par les secouristes sur les circonstances de son état, il leur répondait avoir reçu un coup de poing, sans autre précision". "Les sapeurs-pompiers ont dû le transporter avec vigueur jusqu'à l'hôpital Saint-Antoine, Cyril Ferez refusant toujours sa prise en charge. A ce moment, il était parfaitement conscient et vif", selon les témoignages des pompiers. Par ailleurs, un CRS affirme, dans un témoignage dont l'AFP a obtenu mardi une copie, que le syndicaliste lui avait indiqué, avant de sombrer dans le coma, que les coups qu'il avait reçus n'avaient pas été portés par les forces de l'ordre.
L'admission aux urgences de Cyril Ferez est enregistrée aux alentours de 21H15. Les pompiers qui l'avaient transporté à l'hôpital l'auraient à nouveau vu "vers 23H30", "conscient et mobile dans le couloir des urgences de l'hôpital Saint-Antoine", poursuit la source. Dans la nuit de dimanche à lundi, une prise de sang aurait révélé un taux d'alcoolémie encore très élevé, à 2,79 grammes. Puis, à 5 H dimanche, Cyril Ferez est tombé dans le coma et est "immédiatement placé en salle de réanimation". Vers midi, il est transporté au service neurologie de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil où son état est jugé très grave, le pronostic vital étant "engagé".
Huit jeunes manifestants jugés en comparution immédiate Huit jeunes manifestants anti-CPE ont comparu lundi devant la chambre des comparutions immédiates du TGI de Paris qui a prononcé six peines pour des dégradations, agressions ou vols survenus au cours des manifestations. Lundi matin, un jeune d'une vingtaine d'années a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis et 100 heures de travail d'intérêt général (TIG) pour avoir volé samedi un écran d'ordinateur dans une succurcale des AGF. Un autre manifestant a quant à lui été condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour "transport sans motif légitime de produit ou engin explosif". Il avait été arrêté en possession d'un flacon contenant de l'alcool à 90°. Un étudiant interpellé en possession de deux cocktails Molotov a écopé d'une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'un TIG de 120 heures.
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