Le corps de Michel Seurat de retour parmi les siens

le 07 mars 2006 à 21h43 , mis à jour le 08 mars 2006 à 12h43

La dépouille de l'otage, enlevé en mai 1985 et mort en captivité, et retrouvée en octobre à Beyrouth, est arrivée mardi soir en France. Présent à l'aéroport d'Orly, le Premier ministre Dominique de Villepin lui a rendu un vibrant hommage.

Dépouille Michel Seurat

La dépouille de Michel Seurat est arrivée mardi soir en France, 20 ans presque jour pour jour après l'annonce de l'exécution au Liban par un groupe extrémiste pro-iranien du chercheur, auquel le Premier ministre Dominique de Villepin a rendu hommage. La dépouille de l'otage, enlevé en mai 1985 et mort en captivité, et retrouvée en octobre à Beyrouth, a été portée par huit gardes républicains jusqu'au pavillon d'honneur de l'aéroport d'Orly.

Auparavant, Dominique de Villepin s'était rendu, en compagnie du ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, au pied de l'appareil pour accueillir Marie Seurat, veuve de l'ancien otage, et ses deux filles, ainsi que l'ancien otage Jean-Paul Kauffmann, compagnon de cellule de Michel Seurat durant ses neuf mois de captivité aux mains du Jihad islamique et son fils, également dans l'avion en provenance de Beyrouth.

"C'est une force d'âme et un esprit qui retrouvent la France"

"Au nom du président Jacques Chirac, je veux vous dire la solidarité de la nation toute entière dans ce moment de recueillement que nous attendions depuis près de 20 ans, a d'abord déclaré Dominique de Villepin, en s'adressant à Marie Seurat et à ses filles Alexandra et Laetitia.

"Nous savons toutes les souffrances qui ont été les vôtres, pendant cette longue veille, ce temps d'incertitude et d'épreuve. Aujourd'hui, l'absence a pris fin. Aujourd'hui, c'est une force d'âme et un esprit qui retrouvent la France", a-t-il poursuivi.

"Sa présence sur notre terre n'effacera pas la douleur et les regrets. Mais elle renforce notre détermination à nous battre toujours davantage au nom des valeurs que Michel Seurat a tant défendues: la liberté, le respect et la tolérance", a également déclaré le Premier ministre, des sanglots dans la voix, qui a également salué un "grand Français".

Dominique de Villepin a clos cette cérémonie très sobre, à laquelle assistait également le président du Sénat Christian Poncelet, en saluant le cercueil recouvert du drapeau français, avant d'aller s'entretenir durant quelques minutes avec les proches de Michel Seurat.

A Beyrouth, mardi matin, la cérémonie qui a précédé le rapatriement a été marquée par une intervention de sa veuve, qui a affirmé que sa pensée allait "aux 17.000 Libanais disparus" pendant la guerre civile (1975-1990) et dont les corps n'ont pas été retrouvés, à la différence de celui de Michel Seurat, finalement identifié grâce à des analyses ADN.

"Michel quitte à jamais son vrai pays", après avoir "gagné la partie contre ses bourreaux en gardant toute son intégrité", avait alors déclaré Jean-Paul Kauffmannn, libéré en mai 1988, témoin de l'agonie de son ami.

(Les filles et l'épouse de Michel Seurat avec Dominique de Villepin, mardi soir à Orly/DR)

le 07 mars 2006 à 21:43
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3 Commentaires

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  • Laurent, le 08/03/2006 à 10h41

    D'un côté une cérémonie pour Seurat,de l'autre l'ambassadeur de France qui fait des courbettes au Hezbollah Libanais,tout en sachant qu'ils sont les KIdnappeurs et les assassins.

  • FA, le 08/03/2006 à 04h34

    Mes hommages et sinceres condoleances aux familles de tous les otages morts au Liban. Respect et grand merci a la veuve de Michel Seurat pour sa pensee pour les Libanais disparus. Le Liban a paye de son sang la cause de la paix et de la liberte, et la guerre "civile" n'etait ni plus ni moins que la guerre des puissances regionales et des interets antagonistes sur notre propre territoire. Un Libanais.

  • Marwan Kahil, le 08/03/2006 à 00h59

    Je tenais a faire part de ma grande émotion, la prise d'otage et l'assassinat de Michel Seurat est le fruit malsain de la haine et l'inhumanité. En effet perdre un etre si cher dans de telles circonstances et attendre 20 ans dans la douleur le rapatriement de son corps pour pouvoir enfin faire son deuil est en soi un fait tragique et intolérable.

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