© afpLe 3 mars dernier, les corps de Monique Martinot, décédée en 1984, et de Raymond Martinot, mort en 2002, ont été incinérés au crématorium de Montreuil-Juigné, près d'Angers. Il s'agit de la fin de la bataille de Rémy Martinot, leur fils, pour faire légaliser un nouveau mode de sépulture : la congélation.
Dans l'espoir d'un retour à la vie et pour tenir une promesse faite à son père, ils les conservaient depuis leur décès respectif dans des caissons réfrigérés à -65°C. Après une série de revers devant les tribunaux - le dernier ayant eu lieu le 6 janvier dernier au Conseil d'Etat, Rémy Martinot a dû jeter l'éponge en raison d'une panne des caissons de congélation, abrités dans une crypte du château familial de Nueil-sur-Layon, dans le Maine-et-Loire. Il n'a donc pas eu l'occasion de saisir la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
"Peut-être que mon père avait raison"
Docteur en médecine et ancien chargé de cours à la Faculté de médecine de Paris, Raymond Martinot croyait que la cryobiologie permettrait un jour de redonner vie aux défunts. Il avait fait construire sur mesure dans les années 70 un congélateur pour accueillir son corps à sa mort. Mais c'est son épouse, Monique, décédée prématurément en février 1984 qui, avec son consentement, y prit place avant lui.
"Je n'ai pas plus de peine aujourd'hui qu'aux moments des décès de mes parents. Le travail de deuil a été accompli. Mais je suis amer de ne pas avoir pu respecter la volonté de mon père", confie Rémy Martinot."Peut-être que l'avenir montrera que mon père avait raison et qu'il était un pionnier", estime-t-il.
(photo afp : le caisson où reposait le couple)
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