Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP Nicolas Sarkozy en mars 2006 (TF1/LCI) © TF1/LCIQuand Nicolas Sarkozy appelle au "compromis" sur le CPE, c'est aussi au Premier ministre qu'il s'adresse. Et, si le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP a assuré de "son soutien" Dominique de Villepin samedi devant les nouveaux adhérents du parti majoritaire, c'est pour lui faire la leçon, l'air de rien. "Savoir imaginer un compromis, c'est être courageux et utile à la France, c'est ce que l'UMP demande et attend", a déclaré le n°2 du gouvernement.
"On ne débloquera pas la société française avec les recettes du passé. On ne la débloquera pas avec des politiques segmentées et orientées sur telle ou telle catégorie de Français qui se pensent alors stigmatisés et en conséquence se braquent", a-t-il ajouté. "Si les jeunes voient le CPE comme injuste, il faut lever les malentendus en organisant les conditions du dialogue et du compromis. Le compromis, ce n'est pas un gros mot dans la République française", a-t-il poursuivi.
"Les jeunes n'ont pas été respectés"
Entouré de jeunes adhérents, debout devant une affiche exhortant à "Imaginer la France d'après", Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé la presse et l'opposition qui lui reprochent la passivité des forces de l'ordre lors des incidents en marge des manifestations anti-CPE. "Je le dis à chacun, notamment au maire de Paris, je n'ai pas de leçons de fermeté à recevoir. J'ai demandé aux forces de l'ordre de faire preuve de discernement et de proportionnalité car je ne voulais pas de victimes chez les jeunes lycéens", a-t-il expliqué, laissant entendre que ses ennemis politiques n'auraient pas manqué de se servir de la moindre bavure.
En visite à Salon-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône, Ségolène Royal a accusé samedi le gouvernement de "jouer la carte de l'affrontement pour mieux faire oublier son arrogance et son incompétence". (Lire notre article) La députée socialiste a déclaré comprendre l'attitude des étudiants et lycéens qui ont refusé de rencontrer le Premier ministre samedi matin. "On ne peut pas faire venir les jeunes pour dire qu'il n'y a rien à discuter", a-t-elle dit appelant une nouvelle fois au retrait du CPE. "Les jeunes n'ont pas été respectés", a-t-elle ajouté.
44% des Français pensent que Sarkozy peut exprimer ses réserves |
Quarante quatre pour cent des Français estiment que Nicolas Sarkozy doit pouvoir exprimer ses réserves sur le contrat première embauche (CPE) tout en restant au gouvernement, selon un sondage Ifop à paraître dans le Journal du Dimanche. Ils sont en revanche 27% à considérer que le ministre de l'Intérieur doit quitter le gouvernement et également 27% à souhaiter qu'il soutienne le Premier ministre Dominique de Villepin. Parmi les sympathisants de l'UMP, ils sont 48% à souhaiter que le président du parti puisse s'exprimer au sein du gouvernement, mais 45% à préférer qu'il soutienne M. de Villepin et 7% qu'il démissionne. (D'après AFP) |
(Nicolas Sarkozy/archives/DR)
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