CPE : les anti-blocages montent au créneau

le 10 mars 2006 à 18h16 , mis à jour le 10 mars 2006 à 18h21

Les étudiants opposés au blocus des fac par les grévistes se mobilisent eux aussi. Qu'ils soient pour ou contre le CPE, ils veulent étudier. Parmi les actions engagées : le dépôt de plainte pour "atteinte aux libertés publiques".

blocage Nanterre CPE

Les "anti-blocage" passent à la contre-offensive. Parce qu'ils n'apprécient pas d'être empêchés par des grévistes d'assister à leurs cours en fac, des étudiants se mobilisent pour le faire savoir. Vendredi, l'Union nationale inter-universitaire, association étudiante proche de l'UMP et favorable au CPE, a signalé que des adresses aux présidents d'université, des recours devant les tribunaux et des plaintes contre les blocages d'universités ont été formulés.

"Nous avions demandé aux étudiants d'écrire aux présidents d'universités en se référant à l'article 712 du code de l'éducation stipulant qu'ils sont seuls garants de l'ordre public dans leurs établissements et il y a eu une cinquantaine de lettres envoyées depuis lundi", a déclaré Olivier Vial, délégué général de l'UNI.

"Nous sommes contre le CPE mais contre le blocage"

"Nous leur avons également signalé qu'ils pouvaient déposer des recours devant les tribunaux administratifs aux termes de l'article 812 de ce code selon lequel les étudiants peuvent défendre leurs droits et faire de la politique dès lors que cela ne perturbe pas l'ordre public. Des recours ont été déposés notamment à Paris, Rennes, Tours et Lille", a-t-il ajouté.

Olivier Vial a enfin fait état de "plaintes au pénal" pour violences exercées contre des non grévistes à Toulouse et Nanterre. L'UNI, par ailleurs, a lancé début mars une pétition en ligne contre grèves et blocages d'universités qui a recueilli, selon elle, 15.000 signatures.

Jeudi, une vingtaine d'étudiants de Tours ont ainsi déposé plainte pour "atteinte aux libertés publiques". "Nous sommes contre le CPE, pour la mobilisation, mais contre le blocage. Les étudiants qui veulent suivre les cours ne peuvent accéder aux classes", a expliqué un des étudiants ayant porté plainte. "Lors des assemblées générales, on ne nous laisse pas ou peu prendre la parole. Nos remarques ne sont pas prises en compte. Nos droits d'étudiants ne sont pas respectés. Nous avons donc déposé plainte pour atteinte aux libertés entre le 2 et le 8 mars", a-t-il poursuivi.

Le site de la faculté des Tanneurs, le plus important du campus universitaire de la ville (7.000 étudiants), est bloqué depuis le 28 février par les étudiants en grève. L'IUT de Tours (1.300 étudiants) est bloqué et en grève depuis le 2 mars. Les cours aux Tanneurs et à l'IUT ne sont pas assurés, seuls les étudiants qui préparent les CAPES peuvent accéder aux amphithéâtres.

(A la fac de Nanterre, jeudi)

le 10 mars 2006 à 18:16
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2 Commentaires

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  • François, le 10/03/2006 à 19h43

    Il est grand temps que la France moderne qui souhaite travailler défende ses droits contre une poignée d'étudiants manipulés en mal de sensations fortes. Le droit d'étudier doit prévaloir face à cette mode qu'est la grève systématique sans réflexion et parfois sans raisons. Trop d'étudiants préfèrent manifester et s'agiter plutot que travailler, et livrent une image des jeunes bien négative aux entreprises à qui on demande de les recruter.

  • Free, le 10/03/2006 à 19h35

    Serieusement qu'il arrete de prendre laa tete a tout les etudiants c'est du n'importe quoi. En plus ils n'ont pas d'arguments et pendant les AG il n'y a pas de dialogues car ceci ne sont pas democratiques. C 'est vraiment equerant de voir cela.

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