CPE : en attendant Jacques Chirac

le 31 mars 2006 à 10h28 , mis à jour le 31 mars 2006 à 19h56

L'Unef, les coordinations étudiantes, la Fidl et l'UNL appellent à des rassemblements, vendredi, à 19h30, sur les places des grandes villes. Routes coupées, barrages filtrants, lycées occupés.... Vendredi, les, actions contre le contrat première embauche ont continué.

Bastille CPE

Dans quelques minutes, le chef de l'Etat va s'exprimer sur la crise du CPE. Jacques Chirac devrait annoncer une promulgation de la loi sur l'Egalité des chances et pourrait proposer une grande négociation avec les partenaires sociaux pour combattre l'emploi des jeunes. Dans l'entre-deux, la conclusion de contrats première embaûche par les entreprises pourrait être "suspendue".  

De leur côté, les anti-CPE ont mis la pression jusqu'au bout. L'Unef, les coordinations étudiantes régionales, les syndicats lycéens Fidl et UNL ont appelé vendredi "l'ensemble des lycéens de France" à "rejoindre les principales places des grandes villes" à 19H30, soit une demi-heure avant l'intervention télévisée de Jacques Chirac sur le CPE.

Anticipant le rendez-vous général prévu place de la Bastille, une centaine de lycéens anti-CPE organisaient déjà dans l'après-midi un sit-in place de la Bastille. Accompagné par Yves Contassot, adjoint (Verts) au maire de Paris, "présent par solidarité", les lycéens bloquaient la circulation au niveau de la rue du Faubourg Saint-Antoine. Parmi les slogans scandés par les jeunes manifestants : "Sarkozy, Villepin : mêmes racailles", "une seule solution: qu'ils s'en aillent!"

Deux blessés légers

Comme la veille, les actions des étudiants et lycéens opposés au CPE se sont multipliées en France. Deux initiatives ont été dirigées directement contre le chef de l'Etat. Une centaine d'étudiants ont occupé pendant une heure et demie le musée Jacques Chirac à Sarran (Corrèze) et quelque 200 étudiants anti-CPE de Montpellier ont posté 2.000 lettres notifiant symboliquement son licenciement au président "pour faute grave". La missive comportait la mention "ne correspond plus aux attentes du contrat".

A Marseille, où 200 étudiants et professeurs avaient mis sur pied depuis 6H00 un barrage filtrant à un rond point menant à la Faculté de Luminy et à l'école de commerce Euromed, deux étudiants ont été légèrement blessés par une voiture qui a tenté de forcer le barrage anti-CPE. A Nice, environ 200 manifestants ont occupé la salle du conseil municipal puis manifesté devant la mairie UMP.

En Midi-Pyrénées, des groupes de 100 à 500 lycéens anti-CPE, parfois suivis par des collégiens, ont bloqué également vendredi matin des ronds-points ou manifesté à Toulouse, Cahors, Mazamet, Montauban (Tarn-et-Garonne), Foix et Pamiers (Ariège).

A Strasbourg, environ 200 lycéens ont bloqué la circulation des tramways dans le centre-ville pendant une quarantaine de minutes. En Ile-de-France, des jeunes, majoritairement lycéens, ont bloqué divers axes routiers et ferroviaires dans la matinée, au sud de Paris. Peu avant 9h00, plusieurs centaines d'élèves du lycée Vilgénis de Massy (Essonne) s'étaient installés sur les voies du RER B à la gare de la ville.

"Votre période d'essai, elle est finie"

La RATP a précisé que le trafic sur le RER B a été interrompu entre Palaiseau et Fontaine-Michalon durant deux heures, à partir de 8h40. Vers 10H15, les forces de l'ordre ont entrepris de dégager les voies.

Les manifestants sont alors partis dans les rues de Massy aux cris de "Chirac, Villepin et Sarkozy, votre période d'essai, elle est finie". Ils ont bloqué momentanément la RN 188, provoquant parfois la colère d'automobilistes. En fin de matinée, 200 à 300 étaient à Palaiseau, devant la préfecture dont les grilles avaient été fermées.

Dans la matinée, environ 400 autres bloquaient la circulation sur la RN 20 à la hauteur d'Arpajon (Essonne). La RN 20 a également été coupée à hauteur d'Etampes par 200 à 300 jeunes, selon la préfecture, qui précisait que la gare d'Orsay était aussi envahie. Le trafic était interrompu entre Le Guichet et Bures-sur-Yvette. En fin de matinée, de 400 à 500 lycéens, selon la préfecture, se sont brièvement installés sur la Francilienne (RN 104), à hauteur de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne).

(Sit-in place de la Bastille vendredi après-midi/AFP/JACK GUEZ)

le 31 mars 2006 à 10:28
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111 Commentaires

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  • Antoine, le 31/03/2006 à 19h21

    Qu'ils fassent autant de manif qu'ils veulent mais qu'ils ne bloquent pas la route ou les ecoles de commerce a des gens qui veulent travailler et bosser.

  • Eric, le 31/03/2006 à 19h15

    CA SUFFIT !!! TOUS PLACE DE LA CONCORDE POUR DEFENDRE LA DEMOCRATIE CONTRE LES MINORITAIRES QUI NOUS PRENNENT EN OTAGE. OBJECTIF: ETRE 4 MILLIONS DANS PARIS POUR LE 18 JUIN ! RENDEZ-VOUS APRES L'ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, PUIS LE 8 MAI ET TOUS LES VENDREDI SOIR JUSQU'AU DIMANCHE 18 JUIN ! Montrons que les "révolutionnaires - réactionnaires" ne sont pas la majorité loin de là !!!

  • Pierre GRAND, le 31/03/2006 à 19h12

    Autant de propos généralistes de tordus bloqués dans les vieux clichés anti-communistes. Et aprés pareille mentalité franchouillarde d'une autre époque ils nous font la morale sur l'immobilisme. Certes, on ne peut pas leur en vouloir quand on voit le look peu crédible des jeunes et la récupération politique nauséabonde. Néanmoins sachez qu'on peut être apolitique et anti-CPE, qu'on peut s'accomplir ailleurs que dans la quantité de travail tombé surtout face à une concurrence esclavagisée, que se battre pour sa qualité vie et celle de ses enfants n'est pas vraiment de l'immobilisme.

  • Antonio, le 31/03/2006 à 19h10

    Il faut soutenir notre jeunesse, c'est notre avenir !! il faut l'écouter, lui donner le plus de chance de réussir sa vie pour la releve de notre beau pays

  • Franceschi, le 31/03/2006 à 19h07

    Quelle honte. C'est la rue des gamins de 16 ans qui veut gouverner la France. Mais ouva t-on?

  • Damien, le 31/03/2006 à 19h05

    200 étudiants par-ci, 300 manifestants par-là. A quoi sert de voter si on admet pas sa défaite. La République est en train de sombrer devant le retour de la dicature populaire.

  • Pierrick, le 31/03/2006 à 18h53

    Je suis dans le même cas que Damien qui étai emploi jeune... Pour rappel, c'est la gauche qui a instauré ces contrats...des CDD d'un an renouvelable 4 fois...et qui pouvait être rompu, sans préavis, à la date anniversaire du contrat...et y a-t-il eu des réactions ? Ben non, c'est forcément bien quand c'est la gauche qui propose cela...mais ce qui est bien cool, c'est que le gouvernement n'avait pas cotisé aux ASSEDIC pour les jeunes de l'éducation nationale...et quand ils eurent fini leur contrat ? Eh bien ils n'avaient pas le droit aux indemnités chômage !!! Et entre temps, c'est la droite qui était passée et qui a dû mettre la main au porte feuille... Aprés 5 ans dans l'éducation nationale, avec un BTS en informatique de gestion, je suis aujourd'hui ingénieur...et sans ce contrat et cette précarité, les portes ne se seraient jamais ouvertes !!! Alors, si on essait rien, il est clair que cela ne changera pas... C'est comme pour les retraites et la sécu, pour une fois qu'un gouvernement tente des choses pour essayer d'assurer un avenir aux futures générations...eh bien non, il ne faut pas toucher aux acquis...c'est une belle forme d'égoïsme...mais ne dites surtout pas cela au PS, il risquerait de se retrouver dans la rue !!!!

  • Olive, le 31/03/2006 à 18h43

    Ecoutez la gauche les jeunes, bientôt les patrons iront employer des jeunes ... en Inde. Les entreprises françaises ne peuvent plus être compétitives en embauchant des jeunes qui se montrent bon pendant leur mois d'essai et qui plombent l'entreprise après.

  • Bruno, le 31/03/2006 à 18h42

    En chauffant à blanc ces jeunes endoctrinés, les responsables syndicaux et la gauche prennent le risque que le pays déplore ses premiers morts si la situation devait brusquement dégénérer dans la violence. C'EST IRRESPONSABLE DE LEUR PART ! Circulez, il n'ya rien à négocier. la loi sera promulguée de toute façon.

  • Yann, le 31/03/2006 à 18h00

    Tous ces jeunes riront moins en juin. Ca va pleurer devant les tableaux de résultats du Bac ou à la Fac...

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