CPE : baroud d'honneur de l'opposition

le 08 mars 2006 à 20h07 , mis à jour le 09 mars 2006 à 11h03

La gauche soutenue par l'UDF a mené mercredi son baroud d'honneur à l'Assemblée nationale contre le Contrat première embauche. Les sénateurs voteront jeudi et le texte sera alors définitivement adopté par le Parlement.

Assemblée nationale député parlement loi législation droit lci © lci

Dernières tentatives. La gauche soutenue par l'UDF a mené mercredi son baroud d'honneur à l'Assemblée nationale contre le CPE, voté par la majorité UMP après avoir fait descendre dans la rue des centaines de milliers de manifestants. Les députés ont adopté les conclusions de la Commission mixte paritaire (CMP, 7 députés et 7 sénateurs) sur le projet de loi pour l'Egalité des chances, qui instaure le Contrat première embauche (CPE) lors d'un vote solennel. Le PCF, le PS, les Verts et l'UDF ont voté contre.

Après des semaines de confrontation entre la gauche et la droite, le front de l'UMP derrière Dominique de Villepin s'est lézardé mercredi avec la demande du sarkozyste Hervé de Charette d'une suspension du CPE (Lire notre article). Une demande qui témoigne de l'inquiétude grandissante des députés de la majorité face aux conséquences de la contestation du CPE sur leur avenir électoral.

"Le débat va se poursuivre et s'amplifier"

Les sénateurs voteront jeudi et le texte sera alors définitivement adopté par le Parlement. Le PS a cependant annoncé le dépôt mardi d'un recours auprès du Conseil constitutionnel. Il faudra donc attendre que ce dernier statue pour que le texte soit définitif.

La gauche est à nouveau montée mercredi au créneau en défendant des motions de procédures qui ont été rejetées et en multipliant des rappels au règlement pour protester contre "le passage en force par le gouvernement" et pour regretter "l'absence du Premier ministre". Dominique de Villepin "nous aura très peu honoré de sa présence sauf pour annoncer le 49.3 ce qui n'est pas très gratifiant pour les députés qui eux sont élus au suffrage universel", a regretté Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG). "Le débat va se poursuivre et s'amplifier", a averti Alain Vidalies (PS). Gérard Larcher (Emploi) a défendu inlassablement le CPE comme réponse à la précarité évoquant sa "souffrance de voir autant de jeunes qui connaissent les difficultés dans l'emploi".

Jusqu'au bout, le gouvernement s'est employé à accélérer la discussion de ce texte en avançant de 24 heures au Sénat et à l'Assemblée nationale le vote des conclusions de la CMP. Le texte, présenté en urgence (une lecture par assemblée), a été adopté sans vote par l'Assemblée nationale le 10 février après l'utilisation de l'article 49.3 de la Constitution par le gouvernement et voté par le Sénat lundi à l'aube.

9 jours de guérilla parlementaire

Députés et sénateurs PS, PCF, Verts appuyés par l'UDF ont mené une bataille de harcèlement avec le dépôt de 900 amendements et 90 heures de débat. Il aura fallu au Sénat 9 jours de guérilla parlementaire pour achever son examen.

A 14 mois de l'élection présidentielle, le CPE est devenu un enjeu politique majeur notamment pour le Premier ministre qui s'est personnellement investi sur ce dossier et dont la popularité est en chute libre. La forte mobilisation syndicale et étudiante n'a pas pour l'instant infléchi la détermination de M. de Villepin mais la grogne est désormais perceptible dans l'UMP.

Outre le CPE, le projet de loi égalité des chances comporte l'apprentissage à 14 ans, la création de nouvelles zones franches urbaines (ZFU) dans les quartiers en difficulté, le contrat de responsabilité parentale pour lutter contre l'absentéisme scolaire dont le non-respect peut entraîner la suspension des prestations familiales.

Au chapitre de la lutte contre la discrimination, il renforce les attributions de la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) et inscrit dans le code du travail l'obligation du CV anonyme à l'embauche.

55% des Français favorables à un retrait du CPE

55% des Français sont favorables au retrait du contrat première embauche, contre 26% qui y sont opposés et 19% qui ne se prononcent pas, selon un sondage CSA publié dans le Parisien de jeudi. Le pourcentage des avis favorables au retrait est de 60% chez les moins de 30 ans (contre 16%, 24% NSPP), de 65% (contre 24%, 11% NSPP) dans les familles d'employé ou d'ouvrier, de 29% seulement (contre 49%, 22% NSPP) dans les familles d'artisan, commerçant ou chef d'entreprise. Il est de 75% à gauche (16% contre, 9% NSPP), et de 33% à droite (47% contre, 20% NSPP).

le 08 mars 2006 à 20:07
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9 Commentaires

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  • Chaminda, le 09/03/2006 à 11h27

    Je suis sidéré par les commentaires que je lis ! Je suis moi même étudiant à Paris X Nanterre en histoire-anglais, en tant qu'étudiant (non gréviste et non syndiqué) je suis allé manifester mardi dernier ! Ce que le CPE ou le CNE nous propose à nous jeunes, avenir de la France c'est juste de fermer notre gueule et d'accepter tout, parce que ne l'oublions pas que De Villepin veut généraliser le CPE en juin. Certes nous aurons le choix entre un vrai CDI ou un CPE, mais croyez vous vraiment qu'un patron va hésiter entre licencier facilement un salarié sans préavi ou attendre ? En outre, cela ne fait que réduire le syncalisme en France, un salarié ne pourra pas demander une augmentation de salaire ou une autre revendication sans prendre le risque de se faire virer ! Je ne comprends pas quelque chose, le gouvernement veut faciliter le licenciement (avec les 2ans d'essais) qui est la crainte compréhensible des jeunes francais(e)s. Or à cette crainte le patronat répond qu'un patron ne voudra pas licencier un salarié dont il a payé la formation... Alors pourquoi instaurer une flexibilité si les patrons nous assurent qu'ils ne vont pas le faire ? On nous dit que nous ne savons pas ce que nous voulons. Or sur cette question nous voyons que tous ne demandent pas la même chose ! De plus je ne comprends pas l'argument qu'il faut donner la chance au CPE, mais je suis désolé mais je ne vois pas comment on prend un tel risque avec l'avenir de plusieurs milliers de jeunes francais(e)s. Je ne suis pas contre une flexibilité du travail, mais je veux juste un avenir, une vie normale, comme je l'avais pendant mon "CPE". Je dirais juste pour finir : UN EMPLOI STABLE POUR TOUS, RETRAIT DU CPE !

  • Mystie, le 09/03/2006 à 10h37

    Je ne dois pas avoir tout compris au CPE quand je vous lis. Vous croyez qu'une fois que le CPE sera mis en place, tous les p'tits jeunes au chômage vont trouver un emploi? Un CPE est un nouveau contrat, qui modifie des clauses entre autre, pouvoir licencier sans motif, toucher moins d'indemnités une fois au chômage par rapport à un CDD, aucune restriction pour l'employeur d'enchaîner les CPE... Je voudrais croire en ce CPE, c'est bien de proposer de nouvelles choses mais lorsqu'on regarde à long terme et plus profondément ce CPE, je n'y espère rien parce que j'ai l'impression que c'est un contrat qui est fait plus pour l'employeur que le salarié. ce n'est pas un nouveau contrat qu'il faut créer, se sont des nouveaux moyens de formation, regardez le chômage aprés une formation en apprentissage et le chômage à la sortie de la fac. Et puis à Philippe d'Angers, rien ne vous oblige à faire 39 ou 45h, non? et pourquoi comparer le CPE avec les 35H????

  • G.r., le 09/03/2006 à 09h45

    J'ai un fils de 21 ans qui cherche un emploi, et je peux vous dire qu'il est prêt à prendre un CNE ou un CPE, pourvu qu'il travaille. Il le sait, ce sera à lui de faire ses preuves, et il est prêt à assumer. Il préfére avoir un emploi sous conditions que rien. Actuellement, il fait des missions en interim, quand il y en a, dans n'importe quel domaine. Que ceux qui ne voudront pas d'un CPE le note sur leur CV, et ils verront quils continueront à grossir les listes du chômage.

  • Leon, le 09/03/2006 à 08h57

    Chomage ou CPE ? Je pense que la question doit etre posée Ne reagissons pas comme des enfants qui disent beurk avant d'avoir gouté. Faisons un test, laissons une chance au CPE puisque l'on nous propose rien d'autre.

  • PHILIPPE, le 09/03/2006 à 08h20

    Pourquoi personne n'a manifesté contre les "35 heures" ? ça coute cher, ça fait du chomage, les salariés galèrent a cause des horaires de travail ! C'est le monde a l'envers ! Par contre, on manifeste contre un outil qui n'est pas obligatoire, contrairement au "35 heures" !!! Le CPE, peut ètre amélioré, certe, mais c'est mieux que ...l'ANPE !

  • Yves, le 09/03/2006 à 08h06

    Je ne voudrais pas me répeter... Mais comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, un contrat ne ferra jamais baisser le chomage ! Si une entreprise a du travail, elle embauchera : interim ou CDD ou CDI ou CPE ou CNE... C'est un choix qu'elle fera en fonction de la souplesse qu'elle veut avoir envers ses employes. Ce Contrat n'a donc aucunement l'intention de faire baisser le chomage. C'est simplement un moyen d'ouvrir la porte aux CDI assouplis. Et pas seulement pour les jeunes, pour tous ! Le probleme est bien là. C'est un contrat pour le MEDEF. Pas pour aider les jeunes ou n'importe qui d'autres à sortir du chomage !

  • Stephane, le 08/03/2006 à 23h13

    Mais ou est la proposition concrète de la gauche et des syndicats? A part des phrases types "il faut creer une mecanique de l'emploi pour relancer la croissance basee sur la confiance des menages", pas grand chose de concret. Pour les CGTistes, non, on ne peut pas forcer pas un patron a embaucher. Sinon il se casse en Chine ou en Inde et au lieu de 10 emplois crees, on a 100 personnes a la rue. Et le silence de Sarkozy sur le CPE est toujours aussi assourdissant. Mieux encore il fait faire une critique ouverte du CPE par "ami" interpose pour se garder un parachute en cas de probleme.

  • Jacques, le 08/03/2006 à 21h48

    Ces manifestations m'amènent quelques réflexions. Que faisaient les fonctionnaires et employés des services publics dans ces manifestations ? Ils bénéficient d'un C.A.V. (contrat à vie) et ne sont donc pas concernés par le CPE. ni par la raréfaction eventuelle des CDI et des CDD. Les lycéens de 14/15 ans qui manifestaient, auront à leur disposition deux élections législatives et deux élections présidentielles pour définir quel contrat de travail ils désireront lors de leur arrivée dans la vie professionnelle en 2013. Si le gouvernement tenait compte de ces manifestations pour retirer le projet nous passerions du bicamérisme (assemblée nationale et sénat) au tri-camérisme (Assemblée, Sénat et Rue avec le dernier mot à la rue). Ce serait la fin de la démocratie. Un sondage publié le matin de la manifestation faisait apparaître que deux français sur trois estimaient que le CPE augmentait la précarité de l'emploi (à condition d'avoir un emploi). Et la presse a titré " deux français sur trois contre le CPE" Ce serait vrai si les jeunes chômeurs ( et leurs parents) préféraient continuer à galérer pendant des mois pour trouver un hypothétique CDI ou un CDD plutôt que d'accepter un CPE ? Vous avez dit manipulation ?

  • Yannick, le 08/03/2006 à 21h04

    La raison pour laquelle Villepin passe en force le CPE : Tout simplement parce que 2006 est le pic des départs en retraites des "PapyBoomers" ! D'un effet mécanique qui engendrera une baisse significative ( >15% ) du chomage cette année y compris pour les jeunes, Villepin voudra en attribuer les lauriers à son CPE ! Coup double : faire plaisir aux entreprises et preparer la présidentielle de 2007 grace à la fausse victoire du CPE! Joli coup politique ?

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