
Dans un contexte qu'il a reconnu "difficile" après six sondages à la baisse, Dominique de Villepin a voulu afficher son impavidité et sa détermination mercredi face aux journalistes. Il a déclaré que le Contrat Première embauche (CPE), adopté dans la nuit au Sénat, visait à "sortir des demi-mesures et des demi-solutions du passé" dans la bataille pour l'emploi. "Il faut sortir des demi-mesures et des demi-solutions du passé pour les jeunes", a déclaré le Premier ministre lors de sa conférence de presse mensuelle à Matignon, visant la gauche qui s'oppose vivement à cette mesure.
Il a rappelé que cette mesure était destinée à aider les jeunes, "en particulier les plus fragiles d'entre eux, ceux qui n'ont ni diplôme ni qualification", à rentrer "rapidement et dans les bonnes conditions sur le marché du travail". Concernant la période de consolidation de deux ans du CPE, très critiquée par l'opposision, il a également rappelé qu'il s'agissait d'un "maximum". "La période de consolidation de l'emploi de deux ans est un maximum", a-t-il expliqué. "D'abord parce que les périodes de stages, de CDD et d'alternance sont décomptées des deux ans. Ensuite parce que les employeurs ont la possibilité de réduire avec le salarié la période de consolidation", a-t-il ajouté.
"La tendance reste bonne"
Dominique de Villepin a affirmé qu'il fallait "tenir le cap" dans "la bataille pour l'emploi", soulignant que "la tendance reste bonne", au lendemain de l'annonce d'une hausse du chômage en janvier. "Nous voyons que rien n'est jamais acquis", a déclaré le chef du gouvernement. "Nos efforts doivent être constants", a-t-il ajouté. La hausse du chômage en janvier, après neuf mois de baisse consécutive, est un résultat "décevant", a-t-il répété, comme la veille à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a cependant souligné que "la tendance reste bonne : 160.000 demandeurs d'emploi en moins depuis 10 mois, un taux de chômage qui est passé de 10,2% à 9,6% de la population active". "Mais nous devons nous mettre à l'abri de nouveaux à-coups", a-t-il ajouté.
"350 000 CNE"
Concernant le CNE, le Premier ministre s'est félicité de voir que "350.000 contrats" nouvelles embauches avaient été conclus dans les très petites entreprises et affirmé que "le rythme ne ralentit pas". Il a assuré qu'il "serait très attentif aux abus qui pourraient être sanctionnés par les tribunaux", en soulignant que "les règles du droit du travail s'appliquent à tous les contrats sans exception". "On remet aujourd'hui en cause la stabilité du CNE en évoquant des cas de recours : permettez-moi quand même de rappeler que près d'un quart des licenciements pour motif personnel dans le cadre d'un CDI font déjà l'objet d'un recours" auprès des prud'hommes, a-t-il dit. Selon le Premier ministre, "il y a bien un effet positif du CNE sur l'emploi".
| "Je n'ai que des amis parmi les journalistes" |
Dominique de Villepin a esquivé mercredi une question sur d'éventuelles interventions auprès des médias en affirmant n'avoir "que des amis parmi les journalistes"."Je vais être tout à fait franc avec vous. Il se trouve que j'ai un privilège: je n'ai que des amis parmi les journalistes !", a déclaré le Premier ministre lors. "Donc je suis dans l'incapacité, chacun le sait bien, tous les directeurs de rédaction le savent, de choisir entre des amis et cela ne serait pas correct, bien sûr", a-t-il ajouté. Le Premier ministre était interrogé sur les conseils pris auprès du président de l'UMP Nicolas Sarkozy par le président d'Europe 1 Jean-Pierre Elkabbach pour un nouveau recrutement au sein du service politique de la radio. |
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