© lciAprès la forte mobilisation de la jeunesse contre le CPE mardi, supérieure à celle du mois dernier, l'équation s'annonce des plus délicates pour le Premier ministre. " Et maintenant ? " titre Le Parisien au lendemain des manifs. Interpellé à l'Assemblée par la gauche, dont les représentants étaient présents en nombre dans les manifestations, le Premier ministre a dit "respecter les inquiétudes et les peurs" mais pour à nouveau défendre le CPE comme "un outil anti-précarité" contre le chômage. Le ministre délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a même estimé que le Contrat première embauche pourrait entrer en vigueur "fin avril".
Pour l'instant, le groupe UMP semble soutenir la position de l'hôte de Matignon. Ainsi, le député de la Drôme Hervé Mariton, explique " que le CPE, cet outil utile pour lutter contre la précarité n'a fait que la révéler à ceux qui ne voulaient pas la voir. Ce projet va être voté et il faut maintenant passer à la suite, avec ouverture et concertation. C'est la troisième phase du plan sur l'emploi avec en discussion la réforme des financements de la protection sociale, l'évolution du contrat de travail et l'exonération des charges sociales sur les heures supplémentaires".
"Rompre avec cette méthode de réforme"
Parti mercredi en déplacement aux Antilles, Nicolas Sarkozy est-il trop discret dans son soutien au Premier ministre sur ce dossier ? " Non, la majorité est solidaire mais le Premier ministre est en première ligne sur un dispositif qu'il a lui-même proposé. Il est dans son rôle de vouloir faire bouger les choses mais le CPE n'est pas un dispositif issu du programme de l'UMP " souligne le sarkozyste Yves Jego, député de Seine-et-Marne. Aujourd'hui, il faut prendre en compte les craintes de la jeunesse et proposer de faire un bilan dans un an de ce CPE. Il faut expérimenter ".
Si l'UMP affirme "être à 200% avec le gouvernement sur le CPE", certaines voix dans la majorité ne manquent pas de s'élever contre la méthode Villepin. Sous couvert de l'anonymat, un député UMP affirme " que ce projet n'a pas été lancé dans la concertation et surtout n'a pas été suffisamment expliqué. Il faut rompre avec cette méthode de réforme qui impose d'en haut un projet non expérimenté. Depuis 20 ans, on voit que cela échoue; on paie toujours le fait de ne pas débattre ".
Face à la zone de turbulences dans laquelle se retrouve son Premier ministre, Jacques Chirac, qui avait payé le prix fort de la mobilisation des jeunes contre la loi Devaquet en 1986, avait volé jeudi à sa rescousse, en qualifiant le CPE "d'instrument capital pour ouvrir les portes des entreprises". Reste à savoir comment Dominique de Villepin va sortir par le haut de cet avis de tempête. "Comme tout le monde, le Premier ministre apprend dans cette crise" confie un député proche de Matignon.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



