CPE : les étudiants veulent amplifier le mouvement

le 19 mars 2006 à 14h31 , mis à jour le 19 mars 2006 à 19h44

Pour les responsables des organisations étudiantes à la pointe de la contestation, il n'y a pas de risque de voir le mouvement anti-CPE s'essouffler au sein des jeunes. Même si la question des blocages des facs continue à susciter des remous...

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Les responsables étudiants pensent que le mouvement anti-CPE peut s'amplifier encore au cours des prochains jours, en l'absence de réponse du gouvernement, que la contestation passe ou non par la poursuite des blocages d'universités. "Il n'y a pas de risque que ça redescende car il existe encore des réserves importantes chez les lycéens et aussi chez les étudiants, il est possible de mobiliser plus", a estimé dimanche Bruno Julliard, président de l'Unef. "La dynamique est trop largement de notre côté pour ne pas imposer un recul au gouvernement", a-t-il ajouté, au lendemain de manifestations unitaires avec les confédérations syndicales qui ont drainé entre 530.600 et 1,5 million de personnes, selon les sources.

Si elle attendait d'abord "une réponse du gouvernement" d'ici lundi soir, Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante, a certifié que l'"objectif reste que le mouvement prenne des proportions plus importantes". Reste que les débats demeureront vifs en assemblée générale entre pro et anti-blocage, reléguant presque l'opposition au CPE à la marge, tant le "rejet est désormais ancré dans les esprits", affirme la responsable étudiante.

Blocage/anti-blocage : "des tensions existent"

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Avec une soixantaine d'universités perturbées et parfois totalement bloquées, les étudiants anti-CPE ont maintenu la semaine dernière un rapport de force quotidien avec le gouvernement. Et parallèle à l'augmentation du nombre de manifestants lors des trois journées d'action, mardi, jeudi et samedi. Rapport de force parfois illusoire, comme à Nancy II où un référendum organisé par le doyen de la faculté de droit s'est soldé samedi par 71,29% des voix en faveur de la reprise des cours. Mais parfois reconnu : le recours déposé par une poignée d'étudiants contre le blocage de l'Institut d'études politiques de Grenoble a été rejeté par la justice vendredi.

Etudiant en licence de droit à Paris X-Nanterre, Vincent était au début "opposé au blocage". Mais il a "changé d'avis car, sans blocage, les gens ne vont pas manifester". "Bloquer les facs, c'est nuire à ceux qui veulent étudier", a expliqué pour sa part Christophe Maillard, porte-parole de l'association Liberté chérie qui a déjà oeuvré pour la défense des usagers lors de longues grèves des transports, comme en avril 2004 à Lyon ou en septembre 2005 à Marseille. Son association va tenter d'en fédérer d'autres (Halte aux blocages, SOS facs bloquées, Stop blocage) lors d'une manifestation mardi à Paris.

Quelques actions sporadiques ont déjà fait entendre la voix des anti-blocage la semaine dernière. Mais sur le terrain, "il faut relativiser", a jugé Bruno Julliard, "des tensions existent mais on est très loin d'un état de guerre civile dans les universités". Il a rappelé que l'Unef n'avait pas de "position uniforme" sur les blocages, que les "situations locales" priment. "En terme de démocratie, on peut inventer de meilleures solutions que l'AG", a affirmé de son côté Julie Coudry, qui a regretté que les anti-CPE opposés aux blocages s'attirent les foudres des autres, comme si on leur "confisquait leur mobilisation". Elle a d'ailleurs analysé ces débats comme "révélateurs d'une aspiration démocratique" de "la génération 2006". "Plutôt que de déplorer qu'il y ait débat", il faudrait profiter de ce "moment fondateur pour réfléchir à de nouveaux moyens d'actions", a-t-elle avancé.

Manifestation contre le blocage des facs à Paris

Quelques centaines d'étudiants, 1.500 selon les organisateurs, 700 selon la police, ont manifesté dimanche devant la mairie de Paris pour s'opposer aux blocages des facultés. A l'appel du collectif "Halte au blocage", les jeunes, issus des universités de la région parisienne et arborant pour la plupart des tee-shirts blancs, ont fait, de 13H à 15H, un sit-in sur le parvis de l'Hôtel de Ville pour réclamer le libre accès aux salles de cours.

Photo d'ouverture : les manifestations de samedi - DR

le 19 mars 2006 à 14:31
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