
Alors que la contestation s'amplifie, Jacques Chirac pourrait s'exprimer très prochainement sur le CPE. C'est du moins ce qu'annonce le Figaro, qui précise que le chef de l'Etat devrait exprimer "très clairement" au cours de la semaine son soutien à Dominique de Villepin sur ce dossier du CPE, qualifié par l'Elysée "d'élément très important d'une politique globale" pour l'emploi.
En attendant cette intervention, étudiants et lycéens ont amplifié leur mouvement lundi, à la veille de la première des trois journées d'action anti-CPE prévues cette semaine. Manifestement dopés par l'intervention de Dominique de Villepin, qu'ils ont jugé "autiste", les étudiants ont organisé des assemblées générales globalement plus massives que la semaine dernière, qui ont en majorité voté la grève ou le blocage. Selon un décompte de l'AFP, 49 universités, IUT et IEP ont été perturbés (27 perturbées et 14 bloquées selon le ministère, 52 selon l'Unef), sur 84 universités. Quelques lycées ont également été perturbés. Le syndicat lycéen Fidl a estimé qu'il existait aujourd'hui "une réelle effervescence dans les lycées".
Bousculades entre étudiants pro et anti blocage
Dans l'après-midi, à Paris, quelques dizaines de manifestants ont envahi la cour du Collège de France, puis des échauffourées entre jeunes et CRS ont éclaté devant l'entrée. Installés dans le bâtiment, les manifestants ont annoncé en début de soirée leur intention d'y rester aussi longtemps que possible. Les étudiants d'Aix-Marseille I ont également organisé de petites actions symboliques, comme un cours d'écologie sur le parvis de la gare Saint-Charles ou une opération péage gratuit dans un tunnel souterrain de Marseille.
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Dans plusieurs universités, comme Toulouse II-Le Mirail ou Paris X-Nanterre, les étudiants ont été rejoints dans la grève par les personnels. Plusieurs présidents d'université se sont également prononcés officiellement pour la suspension du contrat première embauche. Pour le président de Toulouse II, Rémy Pech, la suspension du CPE est "un moyen de lever l'interruption du fonctionnement de l'université". La reprise du dialogue "n'est pas possible tant que le CPE est maintenu", a estimé de son côté François-Xavier Cuche, président de l'université Strasbourg II. La contestation des militants anti-CPE a été telle à Rennes II et Paris X-Nanterre que des référendums organisés par la présidence sur le blocage des facs ont été annulés lundi. Ces référendums avaient pour but de consulter l'ensemble des étudiants de ces universités, et non ceux qui se rendent aux assemblées générales, sur la poursuite du blocus, dont certains ont commencé début février.
Polémique autour d'une étudiante à Paris X-Nanterre
A Nanterre, l'intersyndicale des personnels avait appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait en ne tenant pas les urnes. Le président a annulé la consultation prévue mardi et décidé la fermeture de l'université "sine die". A Rennes, les bousculades entre étudiants pro et anti blocage ont poussé le président de l'université, Marc Gontard, à annuler la séance de vote. A Brest, 82,40% des étudiants qui ont participé au référendum (un peu plus d'un quart du total des étudiants) ont voté la poursuite de la grève et 56,75 celle du blocage. Les résultats de Dijon n'avaient pas été rendus publics lundi soir. Quant à Lille-III, un référendum, en accord entre présidence et étudiants, est prévu mardi.
Par ailleurs, une polémique autour d'une étudiante de Paris X-Nanterre qui aurait été blessée vendredi par des grévistes en essayant d'aller en cours a rebondi lundi soir : une enseignante a assuré dans un témoignage adressé au ministre de l'Education que cette jeune fille "portant une atèle à la jambe" était "tombée" toute seule. Gilles de Robien s'était indigné le jour même : "Il y a eu une jeune fille handicapée qui se rendait en cours et qui a été repoussée dans des escaliers par des étudiants grévistes. Elle a dû être emmenée par les pompiers à l'hôpital et je sais que les étudiants fautifs auraient été identifiés".
Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a critiqué lundi la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, qui selon lui "ne fait pas oeuvre de parents en appelant les enfants à manifester" contre le CPE. Interrogé pour sa part sur l'ampleur de la contestation dans les facs, le ministre de l'Enseignement supérieur, François Goulard, a affirmé qu'"une minorité d'universités sont affectées à des degrés divers". Il a certifié qu'il comprenait les "réactions de rejet" des étudiants "car ils connaissent mal le monde du travail et peuvent mal interpréter les mesures proposées.Le mouvement anti-CPE vu par le gouvernement
Photo d'ouverture : les étudiants face aux CRS devant le Collège de France, à Paris, ce lundi - DR
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