CPE : la fronde gagne, une intervention de Chirac attendue

le 13 mars 2006 à 13h47 , mis à jour le 13 mars 2006 à 22h28

De petits cortèges d'étudiants ont défilé lundi dans plusieurs villes contre le CPE - notamment à Paris où des heurts ont été signalés avec les CRS. Entre 37 et 52 universités sont paralysées, au moins en partie, par le mouvement. Selon Le Figaro, Jacques Chirac pourrait s'exprimer prochainement sur le CPE.

etudiants_crs_paris

Alors que la contestation s'amplifie, Jacques Chirac pourrait s'exprimer très prochainement sur le CPE. C'est du moins ce qu'annonce le Figaro, qui précise que le chef de l'Etat devrait exprimer "très clairement" au cours de la semaine son soutien à Dominique de Villepin sur ce dossier du CPE, qualifié par l'Elysée "d'élément très important d'une politique globale" pour l'emploi.

En attendant cette intervention, étudiants et lycéens ont amplifié leur mouvement lundi, à la veille de la première des trois journées d'action anti-CPE prévues cette semaine. Manifestement dopés par l'intervention de Dominique de Villepin, qu'ils ont jugé "autiste", les étudiants ont organisé des assemblées générales globalement plus massives que la semaine dernière, qui ont en majorité voté la grève ou le blocage. Selon un décompte de l'AFP, 49 universités, IUT et IEP ont été perturbés (27 perturbées et 14 bloquées selon le ministère, 52 selon l'Unef), sur 84 universités. Quelques lycées ont également été perturbés. Le syndicat lycéen Fidl a estimé qu'il existait aujourd'hui "une réelle effervescence dans les lycées".

Bousculades entre étudiants pro et anti blocage

Dans l'après-midi, à Paris, quelques dizaines de manifestants ont envahi la cour du Collège de France, puis des échauffourées entre jeunes et CRS ont éclaté devant l'entrée. Installés dans le bâtiment, les manifestants ont annoncé en début de soirée leur intention d'y rester aussi longtemps que possible. Les étudiants d'Aix-Marseille I ont également organisé de petites actions symboliques, comme un cours d'écologie sur le parvis de la gare Saint-Charles ou une opération péage gratuit dans un tunnel souterrain de Marseille.

La bataille du cpe
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Dans plusieurs universités, comme Toulouse II-Le Mirail ou Paris X-Nanterre, les étudiants ont été rejoints dans la grève par les personnels. Plusieurs présidents d'université se sont également prononcés officiellement pour la suspension du contrat première embauche. Pour le président de Toulouse II, Rémy Pech, la suspension du CPE est "un moyen de lever l'interruption du fonctionnement de l'université". La reprise du dialogue "n'est pas possible tant que le CPE est maintenu", a estimé de son côté François-Xavier Cuche, président de l'université Strasbourg II. La contestation des militants anti-CPE a été telle à Rennes II et Paris X-Nanterre que des référendums organisés par la présidence sur le blocage des facs ont été annulés lundi. Ces référendums avaient pour but de consulter l'ensemble des étudiants de ces universités, et non ceux qui se rendent aux assemblées générales, sur la poursuite du blocus, dont certains ont commencé début février.

Polémique autour d'une étudiante à Paris X-Nanterre

A Nanterre, l'intersyndicale des personnels avait appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait en ne tenant pas les urnes. Le président a annulé la consultation prévue mardi et décidé la fermeture de l'université "sine die". A Rennes, les bousculades entre étudiants pro et anti blocage ont poussé le président de l'université, Marc Gontard, à annuler la séance de vote. A Brest, 82,40% des étudiants qui ont participé au référendum (un peu plus d'un quart du total des étudiants) ont voté la poursuite de la grève et 56,75 celle du blocage. Les résultats de Dijon n'avaient pas été rendus publics lundi soir. Quant à Lille-III, un référendum, en accord entre présidence et étudiants, est prévu mardi.

Par ailleurs, une polémique autour d'une étudiante de Paris X-Nanterre qui aurait été blessée vendredi par des grévistes en essayant d'aller en cours a rebondi lundi soir : une enseignante a assuré dans un témoignage adressé au ministre de l'Education que cette jeune fille "portant une atèle à la jambe" était "tombée" toute seule. Gilles de Robien s'était indigné le jour même : "Il y a eu une jeune fille handicapée qui se rendait en cours et qui a été repoussée dans des escaliers par des étudiants grévistes. Elle a dû être emmenée par les pompiers à l'hôpital et je sais que les étudiants fautifs auraient été identifiés".

Le mouvement anti-CPE vu par le gouvernement

Le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, a critiqué lundi la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, qui selon lui "ne fait pas oeuvre de parents en appelant les enfants à manifester" contre le CPE. Interrogé pour sa part sur l'ampleur de la contestation dans les facs, le ministre de l'Enseignement supérieur, François Goulard, a affirmé qu'"une minorité d'universités sont affectées à des degrés divers". Il a certifié qu'il comprenait les "réactions de rejet" des étudiants "car ils connaissent mal le monde du travail et peuvent mal interpréter les mesures proposées.

Photo d'ouverture : les étudiants face aux CRS devant le Collège de France, à Paris, ce lundi - DR

le 13 mars 2006 à 13:47
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10 Commentaires

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  • Faché, le 14/03/2006 à 16h20

    Et les parents? Ce sont eux qui trinquent, et qui finiront par payer les pots cassés, alors avant de pleurer devant la facture, ne feraient-ils pas mieux de brider leurs gamins délurés? Affronter les CRS, non mais et puis quoi encore??? Evidemment, avec cette belle mentalité, aucun d'entre eux ne pourra trouver de boulot plus tard...

  • Tom, le 14/03/2006 à 14h47

    J'aime beaucoup le message de Grut sur l'immobilisme. Le gouvernement essaye justement de faire bouger les choses avec un contrat, qui s'il n'est pas parfait, permettra au moins de faciliter certaines embauches. Après tout, les candidats seront libres de refuser de signer un CPE si le contenu ne leur plait pas. Alors les "immobilistes", ils sont dans la rue, pas dans les ministères.

  • Nivet jean michel, le 14/03/2006 à 14h10

    La France championne de la démocratie? ou un pays où la politique se fait dans la rue par des minorités au mépris des majorités qui travaillent.La gauche montre son archaisme et son immobilisme et les média jettent de l'huile sur le feu.

  • Stévenot Gilbert, le 14/03/2006 à 13h55

    Malgré les dernières manifestations anti-CPE de fin de semaine,le Premier ministre français, Dominique de Villepin, maintien le cap. Certes il ne peut pas resté les bras croisés face au chômage qui ne fait que s'accroître depuis plus de vingt ans.Et les Français ne sont pas les seuls à faire face en ce domaine...Bien des jeunes voudraient bénéficier de ce contrat Il propose de nouvelles garanties et c'est la main tendue aux syndicats pour faire oublier le passge en force de la loi. Il n'est pas assuré que cela sera suffisant pour calmer les émeutiers d'autant plus que les syndicats seraient prêts à leur donner un coup de main. Ces manifestations pourraient largement contrarier sa carrière et ses ambitions présidentielles, mais il s'en défend en disant que ce n'est pas our lui un enjeu personnel. Il sait aussi que son grand rival Nicolas Sarkosy, se tient en embuscade et laisse le soin à d'autres en ne soutenant le plan du bout des lèvres et solidarité gouvernementale oblige....

  • Bob2Metz, le 14/03/2006 à 10h16

    En réponse à Grut, Il est formellement interdit de prendre position en tant de Fonctionnaire ! De plus, tu parles de démocratie et je suis tout à fait d'accord avec toi que la France est en pleine démocratie. Dans ce cas, les manifestants laissent les Etudiants travailler, ne bloquent pas les référendums et ne détruisent pas les biens publics !! Du côté des Anti-CPE, ce n'est plus de la Démocratie mais de l'Anarchie ! Dommage.

  • Pierre marie vallez, le 14/03/2006 à 06h41

    Nous sommes le seul pays moderne et démocratique au monde à avoir un taux de 25 à 30 % de la population active dans la fonction publique, que veulent les syndicats et les socialistes ? que 100 % des actifs soient fonctionnaires ?? - il n'y aurait plus de chomage, mais est-ce bien réalisable sur la plan économique!!!! à moins que chaque français n'accepte de multiplier ses impôts par 10 - la réponse nous appartient !!

  • Thibault, le 13/03/2006 à 17h47

    Le débat sur le CPE est emblématique de la différence de mentalité entre la gauche et la droite. Pour combattre le chômage des jeunes, le PS a mis en oeuvre les emplois-jeunes : des CDD de 5 ans dans la sphère publique, subventionnés, payés par vous et moi, et dévalorisants sur un CV. La droite, elle, choisit des emplois privés, avec une vraie rémunération et un droit à la formation. Le CPE est tellement symbolique...

  • Geoffrey, le 13/03/2006 à 17h24

    Un lycée de 950 élèves bloqué par 150! Ou est la démocratie??? Les 800 autres élèves ont le droit d'étudier tranquilement!! De plus les syndicats se servent d'eux pour leurs manif qui ressemblent à rien! Ca les arrangent bien les lycéens de louper une journée de cour!!!

  • Grut, le 13/03/2006 à 16h18

    Le rôle des doyens et des présidents d'Université n'est pas seulement de maintenir un enseignement. Ils sont les premiers acteurs dans l'avenir des étudiants. Je trouve très encourageant en tant qu'étudiant que ces personnes prennent parti. Attention à l'immobilisme ! Etre président d'Université, c'est aussi prendre ses responsabilités quant à l'avenir qu'on offre aux étudiants. Les réformes politiques concernent tout le monde. je trouve dommage que tu appelles au silence et même à la démission de ces responsables. On est en démocratie et le silence est le premier pas vers l'immobilisme qui fait déjà assez de dégats en France. Le débat est ouvert...

  • Bob2Metz, le 13/03/2006 à 14h22

    Les Doyens et les Présidents d'Université n'ont pas à prendre position sur une question politique !! C'est scandaleux !! Leur travail est de maintenir l'Enseignement dans les Universités !! Il faut croire qu'ils ne le font pas !! Démission Messieurs !! Inadmissible !! Dominique de VILLEPIN doit renir bon !!

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