
La mobilisation anti-CPE se poursuit et s'amplifie. Réunis lundi soir au siège de la CFTC pour décider de la suite à donner au mouvement après les manifestations massives de la semaine écoulée, les syndicats de salariés et les principales organisations d'étudiants et de lycéens ont décidé de lancer ensemble un appel au service public et aux salariés du privé, pour faire grève le 28 mars. La CGT-cheminots a annoncé peu après le dépôt d'un préavis national pour la période du lundi 27 mars 20 heures au mercredi 29 mars 8 heures. Sud Rail, deuxième syndicat à la SNCF, se prononce aussi pour un appel à la grève unitaire des fédérations de cheminots dans le cadre de la nouvelle journée de mobilisation du 28 mars. Une journée de mobilisation est organisée aujourd'hui à Paris.
Côté étudiant, une cinquantaine d'Universités sur 84 étaient toujours touchées lundi par des blocages, barrages filtrants ou fermetures. Dans les lycées, le climat ne semblait pas aller vers l'apaisement. (Cliquez ici pour voir notre article)
"Le gouvernement doit tenir"
Du côté de la majorité, certains , n'hésitent pas à manifester leur soutien à Dominique de Villepin. Alain Madelin, député UMP d'Ille-et-Vilaine invite le gouvernement à "tenir" sur le contrat première embauche et à "expliquer aux jeunes que ce contrat n'est pas contre eux, mais pour eux". Bernard Accoyer, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale indique, quant à lui, que le Premier ministre devrait "s'exprimer aujourd'hui" pour "indiquer ce qu'il compte faire" pour sortir de la crise du CPE, alors que le Premier ministre doit recevoir mardi à 19H30 l'ensemble des députés et sénateurs UMP à Matignon.
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Interrogé sur l'absence de concertation avant la création du CPE, Bernard Accoyer a indiqué que "c'était le choix du Premier ministre" pour que le dispositif soit appliqué "le plus vite possible". "On peut toujours pleurer sur le lait renversé" mais "l'important, c'est l'avenir", a-t-il dit. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, juge quant à lui "incompréhensible" son "absence de réaction" face à la remise en cause du code du travail dans la "période de troubles" actuelle. Il plaide aussi pour que "des solutions émergent rapidement sur le CPE". Le sénateur socialiste de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon a estimé dans France Soir que si Jacques Chirac "persiste avec le CPE, nous assisterons certainement à un mai 68 rampant, si ce n'est déjà le cas".
"Le temps de l'adaptation et du dialogue"
Nicolas Dupont-Aignan, député UMP, a proposé sur France Inter, de "rendre obligatoire la motivation du licenciement" dans le cadre du CPE, pour "sortir de l'impasse". Thierry Breton, le ministre des Finances, a déclaré mardi sur Europe 1, qu'on était "dans le temps de l'adaptation et du dialogue", à propos de la crise liée au CPE.
Le gouvernement, pour sa part, réaffirme encore et toujours sa volonté d'une "main tendue" tout en refusant les "ultimatums".
Photo d'ouverture : - LCI
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