CPE : incidents violents en marge de certains défilés

le 18 mars 2006 à 19h12 , mis à jour le 19 mars 2006 à 16h03

Des incidents violents ont marqué la fin des manifestations de samedi contre le contrat première embauche à Paris, Lille, Rennes et Marseille. Dans la capitale, ils se sont soldés par 167 interpellations, 34 policiers et 18 manifestants blessés.

TF1/LCI Paris CPE manifestation heurts

Les incidents, à l'issue de la manifestation parisienne contre le CPE samedi, ont pris fin vers minuit aux abords de la Sorbonne après avoir débuté six heures plus tôt place de la Nation. Ils se sont soldés par 167 interpellations, 70 gardes à vue, 34 policiers et 18 manifestants blessés. Parmi les 70 gardes à vue, un homme a été interpellé pour un vol dans un magasin dégradé par des casseurs. Au total, 52 personnes ont été blessées.

C'est dans le quartier de la place de la Nation que les échauffourées entre casseurs et forces de l'ordre ont été les plus violentes et les dégâts les plus importants, alors que boulevard Saint-Michel 500 manifestants ont tenté d'arracher la barrière protégeant la Sorbonne avant de harceler les forces de l'ordre. Vers 18 heures, à peine les derniers manifestants arrivés place de la Nation, 100 à 200 jeunes encagoulés s'en prenaient aux forces de l'ordre à l'angle de la place de la Nation et de l'avenue de Bouvines.

Voitures brûlées

Après plusieurs brèves charges et l'usage de grenades lacrymogènes les policiers réussissaient à les repousser vers le cours de Vincennes où ils renversaient des voitures brisaient des vitrines et s'en prenaient à un fast food. Ils parvenaient à gagner le boulevard Davout (XXè) où ils érigeaient une barricade qu'ils enflammaient puis mettaient le feu à des voitures avant d'être délogés par les policiers qui en interpellaient certains. Les autres poursuivaient leur progression dans le quartier de la Nation cassant des vitrines et du mobilier urbain et un autre établissement de restauration rapide. Après quatre heures d'échauffourées, le calme revenait peu avant 21 heures 45 aux abords de la place de la Nation.

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Canons à eau pour les repousser

Dans le quartier Latin, la tension devenait plus vive devant la Sorbonne quand, en milieu de soirée, 500 étudiants tentaient d'arracher, à l'aide d'une grosse corde, la barrière protégeant l'université. Les forces de l'ordre répliquaient par l'usage de canons à eau pour repousser les manifestants qui avaient réussi à écarter une partie de la barrière. Des CRS, boucliers et matraque en main, s'interposaient ensuite entre les manifestants et la barrière pour les empêcher d'avancer. "Libérez la Sorbonne", "Police partout, justice nulle part", "A bas l'Etat, les flics et les patrons", scandaient à intervalles réguliers les étudiants, venus pour la plupart des universités de Nanterre, de Jussieu et de la Sorbonne. Vers 23 heures, après près de trois heures de face à face, les CRS intervenaient de nouveau, refoulant une partie des manifestants vers le Luxembourg et les autres vers le bas du boulevard Saint-Michel procédant à de nouvelles interpellations. Le calme n'est revenu qu'après minuit dans le quartier Latin avec la dispersion des derniers irréductibles.

Voies bloquées

A Lille, des échauffourées ont éclaté quand 200 jeunes ont refusé de se disperser à l'issue de la manifestation. Les jeunes gens jetaient des bouteilles, des pavés et des oeufs en direction des policiers. Ces derniers ont procédé à plusieurs interpellations et ont lancé des grenades lacrymogènes vers les manifestants, qui tentaient de dresser des barricades dans une rue commerçante. Les boutiques aux alentours ont baissé leurs rideaux. A Nancy, des CRS sont intervenus pour dégager les voies ferrées bloquées en gare de Nancy par environ 200 jeunes à l'issue de la manifestation.

A Marseille, une demi-douzaine de personnes ont été interpellées et un policier a été blessé en marge de la manifestation. Les incidents ont éclaté sur le Vieux Port après la dislocation du cortège. Plusieurs dizaines de militants d'extrême gauche se sont opposés aux forces de l'ordre et un policier a été blessé par le jet d'une bouteille.

A Rennes, théâtre de violences ces derniers jours, des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté en marge du défilé. Après avoir occupé les voies ferrées et paralysé la gare SNCF pendant près d'une heure à l'issue de la manifestation, environ 300 à 400 manifestants se sont dirigés vers la préfecture de région dans le centre de la cité bretonne où ils ont été refoulés par les gendarmes mobiles. Les manifestants ont alors gagné la permanence locale de l'UMP où des heurts ont éclaté après des jets de pierres et de canettes de bière sur les forces de l'ordre. D'importantes forces de police ont repoussé les manifestants à l'aide de grenades lacrymogènes et de flashballs.

(Place de la Nation à Paris, samedi en fin d'après-midi/TF1/LCI)

le 18 mars 2006 à 19:12
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