A Toulouse, étudiants et lycéens défilaient en fin de matinée en tête d'un cortège évalué à 8.000 personnes par la police, 15.000 par les organisateurs... © DRJusqu'ici mobilisés essentiellement lors des grandes manifestations nationales des 23 février et 7 mars, les lycéens ont haussé le ton mardi à l'occasion d'une journée d'action à l'appel de la coordination nationale des étudiants. Selon la police, quelque 41.000 personnes, pour la plupart étudiants et lycéens, ont manifesté contre le CPE, dont 4.300 à Paris.
Dès dimanche, la Fidl et l'UNL, les deux principaux mouvements de lycéens, avaient appelé à se mobiliser contre le CPE cette semaine. Tristan Rouquier, président de la Fidl a estimé auprès de l'AFP que "des centaines de lycées sont mobilisés à travers des AG, des blocages ou des grèves, il y a une nouvelle effervescence, le mouvement s'amplifie !". La Fidl a compté par exemple une quinzaine d'AG à Paris et des référendums lycéens à Lyon, pour dire non au CPE.
Des blocages ont été décidés dans des lycées de nombreuses villes (Montreuil-sous-Bois, Limoges, Lille, Clermont-Ferrand, Rennes, Nice, Alençon, Tulle, Lyon, Brest, Nantes). Karl Stoeckel, président de l'UNL, élève au lycée Montaigne à Paris, a déclaré à l'AFP que "la mobilisation s'enracine partout en France". Son lycée a "voté la grève pour jeudi lors d'une AG de 500 personnes", a-t-il ajouté. Quand ils n'organisent pas spontanément et de façon autonome des blocages et des AG, les lycéens sont désormais entraînés dans les manifs par leurs aînés.
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Actions coup de poings en Bretagne
A Paris, les étudiants venus de nombreuses universités ont fait "la tournée" des lycées du XIIIème arrondissement pour inciter les lycéens à se rendre à une manifestation place d'Italie. Elle a regroupé plusieurs centaines de jeunes et quelques adultes, dont Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU (principale fédération de l'Education), venu "en solidarité". A Montreuil (Seine-Saint-Denis) quatre lycées ont débrayé mardi pour rejoindre la manifestation parisienne, après une assemblée générale de plusieurs centaines d'élèves. A Rennes (4.500 manifestants) et à Orléans (environ 2.000), étudiants et lycéens se sont aussi rejoints dans la rue.
Ailleurs, des actions coups de poing se sont déroulées. A Lannion (Côtes-d'Armor) par exemple, environ 300 étudiants et lycéens ont manifesté devant la sous-préfecture en lançant des projectiles, et à Paimpol des lycéens ont bloqué un train. A Brest, environ 1.500 lycéens ont défilé avant d'envahir la gare et les voies. Dans les Pyrénées-atlantiques, ce sont même des collégiens d'un établissement d'Oloron-Sainte-Marie qui ont rejoint le mouvement en refusant d'aller en cours, pour protester contre le CPE.
Mardi soir, les étudiants de la Fage (réseau d'associations étudiantes) ont accusé, dans un communiqué, certains étudiants anti-CPE d'être "jusqu'au-boutistes" et d'"imposer leurs méthodes à l'ensemble des étudiants".
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