© INTERNEDans leurs conclusions, dont près de la moitié est consacrée au CPE, les neuf "sages" réfutent un à un les griefs formulés par les parlementaires socialistes, à l'origine du recours, sur les deux points les plus contestés du CPE: la durée de la période d'essai et les modalités de rupture du contrat. Pour l'essentiel, cette argumentation reprend d'ailleurs celle qui avait été développée par le Conseil d'Etat en octobre 2005 pour rejeter le recours des cinq confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) et de Solidaires contre le contrat nouvelle embauche (CNE).
En premier lieu, le Conseil a considéré que le CPE n'introduisait pas une discrimination en fonction de l'âge et que par conséquent le principe d'égalité était respecté. Selon lui, en effet, ce principe ne s'oppose pas à ce que le législateur déroge à l'égalité "pour des raisons d'intérêt général" pourvu que la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec le but poursuivi par la loi qui l'établit.
Le précédent du CNE
En l'occurence, dès lors que l'emploi des jeunes et notamment des non diplômés est considéré comme un objectif d'intérêt général, "la création d'un contrat destiné à inciter les employeurs à les embaucher n'est pas en soi contraire au principe d'égalité", souligne le Conseil. Pas plus que ne le sont les différences de traitement entre les titulaires d'un CDI et d'un CPE puisque celles-ci résultent de la nature différente de leur contrat, ajoute-t-il. En outre, selon le Conseil, si les règles de rupture sont pour l'employeur plus souples que celles du CDI, en contrepartie de cette flexibilité "le salarié bénéficiera de droits nouveaux en matière de formation, d'indemnisation en cas de rupture, de préavis et d'allocation de chômage".
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En outre, soulignent-ils, le salarié licencié au cours des deux premières années du CPE pourra toujours - dans les douze mois - saisir le tribunal des Prud'hommes. Dans ce cas, le juge pourra vérifier s'il n'y a pas abus de droit et notamment que la véritable cause du licenciement n'est pas discriminatoire ou la volonté de se séparer d'un salarié protégé : femme enceinte, victime d'un accident du travail, titulaire d'un mandat syndical... Evoquant le précédent du CNE, le Conseil souligne que "des affaires récentes sont venues illustrer non seulement la possibilité du recours mais encore la vigilance du juge".
Photo : les Sages autour de la table du Conseil constitutionnel - LCI
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