© AFPCédric N. a passé sa première nuit en prison. Vendredi soir, cet étudiant de 20 ans à Créteil, inconnu de la Justice, a écopé de trois mois ferme de prison devant le tribunal correctionnel de Paris. Avec incarcération immédiate. Jeudi, il avait lancé aux abords du Panthéon une bouteille en verre contre un escadron de CRS. Sans l'atteindre.
La semaine dernière, le ministre de la Justice, Pascal Clément, avait donné des consignes de "fermeté" aux procureurs. Et le message a été entendu. "On pouvait comprendre sans les accepter les premiers débordements. Aujourd'hui, il y a une escalade de la violence. On ne peut pas tolérer que des délinquants de rue profitent de l'effet de masse pour casser en faisant des victimes chez les forces de l'ordre", a tonné la représentante du parquet, vendredi.
Les juges ont suivi. Pour Cédric. Pour Florian V., aussi. L'intérimaire de 22 ans a été condamné à deux mois de prison ferme pour avoir lancé une cannette de bière contre des policiers lors d'un rassemblement Place d'Italie à Paris. Il avait été condamné à deux mois de prison avec sursis la semaine dernière pour avoir transporté une bouteille d'alcool à brûler. "Je suis un cracheur de feu", s'était-il justifié.
"Un par un"
Enfin, un étudiant, sans casier judiciaire, a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Il assurait être venu aux Invalides à Paris pour faire des photos. Mais c'est pour s'en être pris physiquement à un policier sans le blesser qu'il aurait pu se retrouver derrière les barreaux sans le sursis dont il a bénéficié. Une peine de quatre mois ferme avait été requise.
Soixante-dix personnes, également interpellées jeudi, essentiellement aux Invalides, étaient encore en garde à vue vendredi soir. D'autres comparutions immédiates devraient avoir lieu samedi après-midi. Vendredi, le ministre de l'Intérieur a annoncé des "dispositifs" pour interpeller les casseurs "un par un" et à l'intérieur des cortèges "s'il le faut". 453 CRS ont été blessés depuis le début du mouvement. 1420 personnes interpellées. "Nous devons obtenir la condamnation de tous ceux qui commettent des délits", a insisté Nicolas Sarkozy.
Pillages en marge d'une manifestation |
Une demi-douzaine de magasins, dont deux bijouteries et un magasin de téléphonie, ont été pillés ou dégradés vendredi à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis en marge de manifestations contre le CPE. Des policiers ont été légèrement blessés. Au moins une voiture a été retournée et la Nationale |
(Image AFP)
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