CPE : Robien, inflexible, rend coup pour coup

Par Par David STRAUS, le 10 mars 2006 à 17h16 , mis à jour le 10 mars 2006 à 18h46

Le ministre de l'Education montre une résistance sans faille face à la contestation grandissante dans les facs. Appelant les uns à la raison, dénonçant une minorité d'étudiants manipulée par syndicats et partis, Gilles de Robien réaffirme le bien-fondé du CPE. Au risque d'attiser la bronca.

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Face à la mobilisation étudiante contre le CPE, Gilles de Robien ne se contente pas de faire le gros dos. Il rend coup pour coup. D'abord tout en douceur : "Je souhaite que la raison l'emporte". Il agite ensuite la menace d'un échec de fin d'année : "On se trouve au mois de mars, les examens c'est bientôt", rappelait-il l'air de rien jeudi sur LCP.

Puis, usant de l'argument de sécurité, il déclare vendredi : "Les manifs dans les universités, c'est peu démocratique et ça peut être dangereux". Et de donner pour preuve le cas d'une jeune fille "handicapée" bousculée à Paris Nanterre : "Je sais que les étudiants fautifs auraient été identifiés", s'indigne-t-il. Enfin, au risque de jeter de l'huile sur feu, il assure "avoir hâte que le CPE soit d'abord appliqué pour qu'il produise vite davantage d'emplois pour les jeunes".

La bataille du cpe
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"Manipulation, désinformation"

La stratégie est résolument celle de l'inflexibilité. D'abord parce le ministre se dit persuadé que, grâce au CPE, "nous allons dans les mois qui viennent voir le chômage des jeunes diminuer, le nombre d'emplois proposés par les entreprise augmenter". Ensuite, et surtout, parce que Gilles de Robien veut croire qu'à ce jour, la contestation n'est le fait que d'une minorité, "manipulée par des partis politiques qui veulent simplement être demain majoritaires".

Il se fait alors plus polémique, qualifiant de "mensonges" les chiffres avancés par le syndicat étudiant UNEF sur le nombre d'universités en grève. Selon lui, certains établissements comptabilisés par le syndicat comme touchés par le mouvement sont des universités dans lesquelles "il y avait ici ou là 30 jeunes qui discutaient". "Scandaleux ! le ministre a dérapé", rétorque le président de l'UNEF. Mais Gilles de Robien n'infléchit pas ses propos : "Est-ce qu'une minorité dans les onze universités en grève peut empêcher les autres de travailler ?" Ou, vendredi matin : "franchement, la force quand on est 10 ou 20 ou 30 pour bloquer un amphi pour 1000 étudiants qui veulent travailler, c'est inadmissible".

(Image LCI : le ministre Gilles de Robien)

Par Par David STRAUS le 10 mars 2006 à 17:16
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12 Commentaires

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  • Virginie, le 11/03/2006 à 10h50

    Ces manifestations deviennent d'un ridicule... franchement faire une grève pour un malheureux contrat qui ne va pas changer le visage de la France, c'est franchement dérisoire. Arrêtons de regarder nos pieds élargissons notre vision, d'autres causes méritent d'être défendues. Laissons qd meme une chance au CPE de faire ses preuves, si c'est un bide il sera vite retiré. Une étudiante de 23 ans qui se demande ou la bétise humaine s'arrête...

  • Siya, le 10/03/2006 à 21h21

    Et encore de la desinformation : quand je lis, en premiere ligne "face a la mobilisation etudiante..." et que l'on sait que les facs sont bloquees par seulement quelques dizaines d'individus manipules, on se demande de quel cote se situe LCI.... en tout cas, pas du cote du gouvernement ! Vous voulez quoi aux prochaines elections ? Le PC antidiluvien ? Le FN ? Vraiment je ne comprends pas les media francais ! Vive la vie a l'etranger !!!

  • Nathalie, le 10/03/2006 à 20h18

    Ce n'est pas le CPE qui fera baissé le chomage, mais le nombre d'embauche, comme celui stagne. Le CPE n'est qu'une illussion pour changer le code de travail car après le CPE, le CNE et le CDE ( contrat dernier embauche), le gouvernement va nous dire pourquoi autant de contrat différent, alors que un seul suffit et voila comment le CDI va disparaitre

  • Free, le 10/03/2006 à 19h41

    C'est simple avant tourtes choses et toutes discutions laissons le CPE pendant quelque temps voir ce que ça donne et apres il sera toujours temps d'aviser. Enfin il faudrait dire aux syndicats de laisser faire leur manif car eux ils hatisent les foules.

  • Sab, le 10/03/2006 à 19h27

    Ecouter la rue . Ca veut dire quoi ? Si c'est écouter les fouteurs de merde professionels de l'ultra gauche minoritaire ? Non merci .

  • Lipsic, le 10/03/2006 à 19h12

    Qu’est-ce que cette réforme propose ? Elle propose la possibilité de licencier facilement des jeunes de moins de 26 ans pendant 2 ans. C’est donc une flexibilité pour les patrons : plus de facilités pour embaucher puisque jusqu’alors ils étaient bloqués par la difficulté de se séparer de ses employés ; mais aussi plus de facilités pour licencier. C’est une réelle avancée vers le libéralisme. En Europe nous avons la chance d’avoir un pays qui sert d’exemple puisqu’il a pour règle d’or le libéralisme : Le Royaume-Uni. Il se trouve que ce pays connaît le plus bas taux de chômage d’Europe. Avec environs 2.8%, il frôle le plein emploi. Il ne fait de doute que ce taux record est dut à sa flexibilité, même Le Monde, journal de gauche l’affirme : « A l’évidence, le Royaume-Uni reste un modèle en matière de création de poste de travail grâce à la flexibilité de son marché de l’emploi ». Il faut donc être de mauvaise fois pour dire que la flexibilité apporte de la précarité. De plus rappelez vous, en Juillet:dernier Villepin lance le CNE : Contrat Nouvelle Embauche, très proche du CPE mais seulement ciblé pour les entreprises de moins de 20 salariés. Les emplois créés par le CNE représentent environ 15% des embauches habituelles selon les chiffres officiels. Une enquête suggère que deux tiers des embauches en CNE se substituent à celles qui auraient eu lieu en CDI ou CDD. Il y a donc une augmentation de 5% des embauches des petites entreprises dues au CNE, soit près de 90 000 postes depuis sa création, ce qui n’est pas négligeable. Le grand frère appelé Contrat Premier Embauche ne peut que, à son tour, diminuer le chômage. De plus, il faut savoir que l'employeur doit payer 10% de la somme des salaires bruts déjà versés lors de la rupture du contrat premier embauche.Vous comprendrez donc que les patrons ne vont pas s’amuser à licencier sans réel motif.

  • Christian, le 10/03/2006 à 18h39

    Le chômage et la précarité constituent le 'fond de commerce' des syndicats et de la gauche, il est donc normal qu'ils s'opposent à toute mesure de nature à faire baisser le chômage, c'est à dire le nombre de mécontents qui votent pour eux.

  • BACH, le 10/03/2006 à 18h16

    La démocratie est dans les urnes. Le changement des règles par la rue c'est de la DICTATURE. Etudientes, etudients on vous ments, vos meneurs sont manipulés par des idéologues qui ne rêvent que de reprendre le pouvoir, par n'importe quels moyens

  • Tango, le 10/03/2006 à 18h09

    Moumoune, Paris -> l'UNEF ne vaut pas moins que toi !

  • Moumoune, le 10/03/2006 à 18h02

    Faites une recherche sur l'UNEF et son histoire, sur un moteur de recherche et vous comprendrez mieux certaines choses!!

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