
Face à la mobilisation étudiante contre le CPE, Gilles de Robien ne se contente pas de faire le gros dos. Il rend coup pour coup. D'abord tout en douceur : "Je souhaite que la raison l'emporte". Il agite ensuite la menace d'un échec de fin d'année : "On se trouve au mois de mars, les examens c'est bientôt", rappelait-il l'air de rien jeudi sur LCP.
Puis, usant de l'argument de sécurité, il déclare vendredi : "Les manifs dans les universités, c'est peu démocratique et ça peut être dangereux". Et de donner pour preuve le cas d'une jeune fille "handicapée" bousculée à Paris Nanterre : "Je sais que les étudiants fautifs auraient été identifiés", s'indigne-t-il. Enfin, au risque de jeter de l'huile sur feu, il assure "avoir hâte que le CPE soit d'abord appliqué pour qu'il produise vite davantage d'emplois pour les jeunes".
"Manipulation, désinformation"
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La stratégie est résolument celle de l'inflexibilité. D'abord parce le ministre se dit persuadé que, grâce au CPE, "nous allons dans les mois qui viennent voir le chômage des jeunes diminuer, le nombre d'emplois proposés par les entreprise augmenter". Ensuite, et surtout, parce que Gilles de Robien veut croire qu'à ce jour, la contestation n'est le fait que d'une minorité, "manipulée par des partis politiques qui veulent simplement être demain majoritaires".
Il se fait alors plus polémique, qualifiant de "mensonges" les chiffres avancés par le syndicat étudiant UNEF sur le nombre d'universités en grève. Selon lui, certains établissements comptabilisés par le syndicat comme touchés par le mouvement sont des universités dans lesquelles "il y avait ici ou là 30 jeunes qui discutaient". "Scandaleux ! le ministre a dérapé", rétorque le président de l'UNEF. Mais Gilles de Robien n'infléchit pas ses propos : "Est-ce qu'une minorité dans les onze universités en grève peut empêcher les autres de travailler ?" Ou, vendredi matin : "franchement, la force quand on est 10 ou 20 ou 30 pour bloquer un amphi pour 1000 étudiants qui veulent travailler, c'est inadmissible".
(Image LCI : le ministre Gilles de Robien)
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