
Dominique de Villepin a marqué samedi sa volonté de "trouver une solution rapidement" à la crise sur le CPE "par le dialogue", et de répondre "aux deux préoccupations majeures des jeunes", la durée de la période d'essai de deux ans et la non-motivation du licenciement.
"Plus que jamais, nous avons besoin de nous parler pour trouver ensemble une solution au blocage actuel", a-t-il déclaré lors d'une brève allocution à Matignon, à l'issue d'une rencontre avec quelques représentants étudiants.
Sa "volonté n'a pas encore été comprise"
Le Premier ministre a dit "souhaiter répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE: la période de deux ans et les conditions de la rupture du contrat", les deux points les plus contestés du dispositif, sans pour autant préciser dans quel cadre, ni avec qui. "Je reverrai donc les organisations étudiantes la semaine prochaine pour progresser avec elles sur tous ces points", a-t-il ajouté.
M. de Villepin venait de rencontrer les représentants de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) et de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et de PDE (Promotion et défense des étudiants). L'Unef, la confédération étudiante, l'UNL et la Fidl, très impliqués dans la mobilisation contre le CPE, avaient décliné son invitation samedi matin, plaçant le retrait du CPE en préalable à toute discussion.
Le chef du gouvernement a ainsi regretté que "certaines" organisations étudiantes, "ainsi que les organisations lycéennes, aient refusé cette invitation au dialogue". Il s'est dit conscient que sa "volonté n'a pas encore été comprise". "Je mesure les incompréhensions auxquelles nous devons faire face aujourd'hui", a-t-il ajouté.
"Entendu les demandes"
Le Premier ministre a annoncé vouloir renforcer les moyens financiers donnés aux jeunes entre leur diplôme et leur premier emploi, notamment par le biais d'un prolongement des bourses étudiantes.
"Nous allons travailler ensemble très rapidement au renforcement de ces moyens sous forme d'un prolongement des bourses étudiantes", a-t-il déclaré, précisant que ce dispositif devrait être "mis en place dès cet été, pour que les jeunes diplômés de cette année puissent en bénéficier".
Il a assuré avoir "entendu les demandes" des jeunes qu'il a rencontrés samedi quant à "la rémunération du risque pris par le jeune et le renforcement du filet de sécurité en cas de rupture du contrat". "J'y suis prêt", a-t-il ajouté, rappelant qu'il proposait "un revenu pendant trois mois", mais précisant toutefois que celui-ci serait "assuré" par l'Etat, si "le jeune salarié fait le choix de la formation". Rappelant sa proposition d'évaluer le CPE "dans six mois", il a proposé que les organisations étudiantes y participent.
(Le Premier ministre samedi après-midi à Matignon)
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