
Les sondages qui se succèdent décrivent tous une même tendance : alors que la mesure suscitait au départ peu d'opposition dans l'opinion, la majorité des Français sont désormais hostiles au CPE. Avec de nettes disparités toutefois selon les enquêtes, qui semblent montrer les forts tiraillements auxquels est soumise cette majorité méfiante... Vendredi, un sondage CSA pour Le Parisien évoquait 68% d'opinions favorables au retrait. Le sondage BVA réalisé pour la Dépêche du Midi de ce lundi indique pour sa part que si 60% des Français souhaitent le retrait du CPE, ils sont 63% à penser que le Premier ministre ne va pas céder.
Un sondage LH2 pour Libération décompose par ailleurs ces opinions globalement hostiles au CPE entre ceux qui demandent que Dominique de Villepin "modifie le CPE" (38%) ou "l'abandonne totalement" (35%). Pour atteindre une évaluation des opposants au CPE nettement plus élevée : près de trois Français sur quatre (73%).
Qui sont les opposants et comment voient-ils le mouvement ?
Sans surprise, l'opposition au CPE est maximale à gauche : selon le sondage BVA pour la Dépêche du Midi, ils sont 85% à souhaiter le retrait du CPE, mais la proportion tombe à 32% chez les sympathisants de droite. Dans la classe d'âge des 15-24 ans, 68% des personnes interrogées déclarent souhaiter le retrait du CPE, selon cette même enquête - 80 % selon le sondage LH2 pour Libération.
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Bonne ou mauvaise mesure?
Selon le sondage BVA, à droite, ils ne sont que 20% à estimer que le CPE est une mauvaise mesure, 59% préférant évoquer une "bonne mesure, mal défendue par le gouvernement", et 17% "une bonne mesure, bien défendue par le gouvernement".
Seules 6% des personnes interrogées souhaitent que le Premier ministre "applique le CPE en l'état" et 15% qu'il le "maintienne en l'état mais ne l'applique que sur une durée limitée, pour en évaluer les effets" selon le sondage LH2 pour Libération.
Confiance en berne
Par ailleurs, 57% des Français ne font "pas confiance" au Premier ministre pour "réaliser de nouvelles réformes de société", contre 32% qui lui font confiance. Seuls les sympathisants de droite sont majoritaires pour lui accorder leur confiance dans ce domaine (58% contre 36%). Les sympathisants de gauche, eux, sont 79% à ne pas faire confiance à Dominique de Villepin (contre 17%), de même que 75% des 15-24 ans (contre 22%).
Les sondages BVA et LH2 ont été réalisés par téléphone du 17 au 18 mars auprès d'échantillons comparables : 1.004 personnes pour BVA, 1.055 pour LH2, constitués par la méthode des quotas, représentatifs de la population française âgée de 15 ans et plus.
Photo d'ouverture : Image LCI. Manifestation de samedi à Paris.
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