
Les bâtiments de la Sorbonne sont fermés aux étudiants vendredi matin et ses abords contrôlés par la police tandis que des vigiles ne laissent entrer que le personne. La Sorbonne, qui abrite les universités Paris I, IV et V, et où la grève a été votée mercredi en assemblée générale, est fermée depuis jeudi après-midi par décision du recteur pour éviter des incidents. Toutefois, un petit groupe de jeunes qui avaient décidé de l'occuper dès mercredi, se trouveraient toujours dans les lieux, y ayant passé deux nuits.
Par ailleurs, plusieurs centaines d'étudiants ont "campé" devant le bâtiment jeudi, depuis 18h jusqu'aux petites heures du matin vendredi. Il y a eu quelques échauffourées entre les jeunes et la police qui gardait les portes. Des étudiants ont fait état de matraquages et d'interpellations. Celles-ci ont été démenties vendredi matin, de source policière.
"Mensonge"
De son côté, le directeur adjoint du recteur, Nicolas Boudot, a expliqué que "80 étudiants se trouvent à l'intérieur, une trentaine de modérés dont des élus Unef, une trentaine de radicaux voulant faire des lieux un symbole de contestation absolue et une trentaine d'autres". "Jeudi soir, nous avons négocié : vous retirez les barricades de chaises et tables érigées dans les couloirs et vous laissez les cours se tenir. En échange, vous pouvez rester dans l'amphi Descartes et venir prendre la parole dans les cours pour expliquer votre combat, avons-nous dit. Cela a été accepté et fait", a-t-il déclaré. "Donc, vendredi matin, à 8h, nous avons ouvert les portes mais dix minutes plus tard, les radicaux ont remonté les barricades dans les galeries et couloirs. Nous avons alors refermé les portes", a-t-il ajouté.
Dans les autres universités, la mobilisation prend également de l'ampleur. Selon l'Unef, principal syndicat étudiant, 45 universités sur les 84 étaient touchées vendredi par des grèves ou des blocages anti CPE.
Selon des chiffres transmis jeudi soir par le ministère, "onze universités sont en grève et vingt connaissent des perturbations partielles". Le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a affirmé vendredi qu'il avait "hâte que le CPE soit appliqué" et a qualifié de "mensonge" le nombre d'universités en grève avancé par l'Unef, le principal syndicat étudiant.
Ces propos ont aussitôt fait bondir Bruno Julliard le président de l'Unef qui les a jugés "scandaleux". "Le ministre a dérapé. Qu'il ait le courage de se rendre dans une des 45 universités que nous annonçons en grève !", s'est indigné Bruno Julliard, qui avait appelé mardi soir à la grève générale dans les universités.
(Devant la Sorbonne vendredi matin/LCI)
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