
Salariés, étudiants et lycéens étaient au coude à coude. Entre 503.600, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur et 1,5 millions de personnes, selon la CGT, ont manifesté samedi en France contre le Contrat première embauche. Egalement dans les rangs pour demander le retrait du CPE : des enfants, des personnes âgées, les leaders syndicaux, du PS tout comme Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR), ou encore Arlette Laguiller (FO).
Le cortège parisien a draîné près de 350.000 personnes, selon la CGT. Pour le ministère de l'Intérieur, les manifestants étaient 80.000. A Marseille, ils étaient près de 130.000 ; 60.000 à Bordeaux, 45.000 à Toulouse, 35.000 à Rennes, selon d'autres sources syndicales. A Paris, de légers incidents ont été signalés en fin de manifestation place de la Nation. Quelques heurts également à Rennes, Lille, et Marseille. (Lire notre article)
"Retirer le CPE ou négocier"
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Pour Gérard Aschieri (FSU), le mouvement est "monté d'un cran" samedi. Bernard Thibault a jugé que la demande de retrait du CPE prenait "encore plus de force" alors que "70% des Français demandent son retrait, dont 80% de jeunes". Le secrétaire général de la CGT, entend faire également la proposition, en cas de statu quo, "d'une journée d'arrêt de travail dans les prochains jours", estimant "les conditions réunies pour la réussir". "Soit le gouvernement entend raison et retire le CPE dès aujourd'hui, soit il sera obligé de le faire la semaine prochaine parce qu'on sera redescendu dans la rue", a déclaré de son côté Bruno Julliard pour l'Unef.
"Journée de grève interprofessionnelle"
Les syndicats se retrouvent lundi à 17h00 au siège de la CFTC pour aviser. Si rien ne bouge d'ici là, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, n'entrevoit d'autre choix que de "poursuivre la mobilisation, c'est évident". Dépeignant le Premier ministre "comme un pyromane qui aurait mis le feu à la vallée et monte ensuite en haut de la colline pour regarder sans rien faire", il s'est prononcé dans le JDD pour "une journée de grève interprofessionnelle" en guise de "nouvel accélérateur".
De leur côté les lycéens de la Fidl ont annoncé une nouvelle journée de manifestation le 23, tandis que l'Unef promet de nouvelles actions cette semaine. "L'enjeu" c'est "la perspective ou non de mettre en cause l'ensemble du code du travail" et "de savoir si nous nous installons dans une société où la précarité sera la norme", a fait valoir Bernard Thibault sur France Inter, affirmant: "Nous ne laisserons pas s'installer en France" une réforme qui instaure pour la première fois en Europe la possibilité pour les employeurs de licencier sans motif, un précédent unique". La balle apparaît ainsi dans le camp du gouvernement pour tenter de trouver une porte de sortie, après six semaines d'une crise qui ne cesse d'enfler et au seuil d'une semaine à risques, selon les présidents d'université qui ont demandé une suspension du CPE. Outre une perturbation durable de l'année universitaire, ceux-ci redoutent une montée des tensions source de dérapages.
"La main est tendue, la porte est ouverte"
Invité du 20 heures de TF1, François Hollande a appelé le gouvernement à retirer le CPE et à convoquer dans la foulée des états généraux de la jeunesse pour apaiser la crise. "La sagesse et la responsabilité commandent au sommet de l'Etat de prendre une initiative (...) sinon, on va vers d'autres mobilisations et le pays va perdre du temps", a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste. "Le retrait du CPE, c'est la condition indispensable,ensuite il faut qu'il y ait un dialogue", a insisté François Hollande.
Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a affirmé samedi soir sur France 3 : "la main est tendue, la porte est ouverte" pour un dialogue avec le gouvernement sur la "manière d'améliorer" le CPE mais sans le retirer.
(Dans des rues de Paris samedi après-midi/AFP/PHOTO MEHDI FEDOUAUCH)
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