CPE : l'ultimatum au gouvernement

Par Par A.Ga. (avec AFP), le 18 mars 2006 à 12h23 , mis à jour le 19 mars 2006 à 14h59

Entre 500.000 et 1,5 millions de manifestants ont participé samedi, dans toute la France, aux défilés contre le CPE. Forts de cette nouvelle démonstration de force, les anti-CPE donnent 48 heures au gouvernement pour retirer la loi.

TF1/LCI/AFP manifestation CPE

Salariés, étudiants et lycéens étaient au coude à coude. Entre 503.600, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur et 1,5 millions de personnes, selon la CGT, ont manifesté samedi en France contre le Contrat première embauche. Egalement dans les rangs pour demander le retrait du CPE : des enfants, des personnes âgées, les leaders syndicaux, du PS tout comme Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (LCR), ou encore Arlette Laguiller (FO).

Le cortège parisien a draîné près de 350.000 personnes, selon la CGT. Pour le ministère de l'Intérieur, les manifestants étaient 80.000. A Marseille, ils étaient près de 130.000 ; 60.000 à Bordeaux, 45.000 à Toulouse, 35.000 à Rennes, selon d'autres sources syndicales. A Paris, de légers incidents ont été signalés en fin de manifestation place de la Nation. Quelques heurts également à Rennes, Lille, et Marseille. (Lire notre article)

"Retirer le CPE ou négocier"

La bataille du cpe
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Syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens, réunis samedi en début de soirée, se sont réjouis de la "formidable mobilisation". Ils en ont "appelé solennellement au gouvernement et au président de la République", estimant qu'ils "portent l'entière responsabilité des tensions sociales". "Résolues à obtenir le retrait du CPE, les organisations d'étudiants, de lycéens et de salariés conviennent de se réunir le lundi 20 mars après consultation de leurs instances pour décider des suites à donner à ce grand mouvement unitaire", poursuit la déclaration. Si le gouvernement ne se résout pas à retirer le CPE d'ici lundi, les organisations syndicales envisagent d'appeler à la grève, la Fidl (lycéens) prévoyant une journée d'action dès le 23.

Pour Gérard Aschieri (FSU), le mouvement est "monté d'un cran" samedi. Bernard Thibault a jugé que la demande de retrait du CPE prenait "encore plus de force" alors que "70% des Français demandent son retrait, dont 80% de jeunes". Le secrétaire général de la CGT, entend faire également la proposition, en cas de statu quo, "d'une journée d'arrêt de travail dans les prochains jours", estimant "les conditions réunies pour la réussir".  "Soit le gouvernement entend raison et retire le CPE dès aujourd'hui, soit il sera obligé de le faire la semaine prochaine parce qu'on sera redescendu dans la rue", a déclaré de son côté Bruno Julliard pour l'Unef.

"Journée de grève interprofessionnelle"

Les syndicats se retrouvent lundi à 17h00 au siège de la CFTC pour aviser. Si rien ne bouge d'ici là, Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO, n'entrevoit d'autre choix que de "poursuivre la mobilisation, c'est évident". Dépeignant le Premier ministre "comme un pyromane qui aurait mis le feu à la vallée et monte ensuite en haut de la colline pour regarder sans rien faire", il s'est prononcé dans le JDD pour "une journée de grève interprofessionnelle" en guise de "nouvel accélérateur".

De leur côté les lycéens de la Fidl ont annoncé une nouvelle journée de manifestation le 23, tandis que l'Unef promet de nouvelles actions cette semaine. "L'enjeu" c'est "la perspective ou non de mettre en cause l'ensemble du code du travail" et "de savoir si nous nous installons dans une société où la précarité sera la norme", a fait valoir Bernard Thibault sur France Inter, affirmant: "Nous ne laisserons pas s'installer en France" une réforme qui instaure pour la première fois en Europe la possibilité pour les employeurs de licencier sans motif, un précédent unique". La balle apparaît ainsi dans le camp du gouvernement pour tenter de trouver une porte de sortie, après six semaines d'une crise qui ne cesse d'enfler et au seuil d'une semaine à risques, selon les présidents d'université qui ont demandé une suspension du CPE. Outre une perturbation durable de l'année universitaire, ceux-ci redoutent une montée des tensions source de dérapages.

"La main est tendue, la porte est ouverte"

Invité du 20 heures de TF1, François Hollande a appelé le gouvernement à retirer le CPE et à convoquer dans la foulée des états généraux de la jeunesse pour apaiser la crise. "La sagesse et la responsabilité commandent au sommet de l'Etat de prendre une initiative (...) sinon, on va vers d'autres mobilisations et le pays va perdre du temps", a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste. "Le retrait du CPE, c'est la condition indispensable,ensuite il faut qu'il y ait un dialogue", a insisté François Hollande.

Le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a affirmé samedi soir sur France 3 : "la main est tendue, la porte est ouverte" pour un dialogue avec le gouvernement sur la "manière d'améliorer" le CPE mais sans le retirer.

(Dans des rues de Paris samedi après-midi/AFP/PHOTO MEHDI FEDOUAUCH)

Par Par A.Ga. (avec AFP) le 18 mars 2006 à 12:23
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87 Commentaires

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  • Yves, le 18/03/2006 à 21h13

    Je me souviens de la manifestation pour la défense de l'école vendue, au début des années 80. Un million de personnes, alors, dans la rue un beau dimanche. Mitterrand avait retiré sa réforme, toute la doite avait crié victoire. Aujourd'hui, c'est 50% de plus, et je lis ici que ce n'est rien, un million et demi de gens. Fichtre. Dites, va falloir reprendre vos études, les subjectifs imparfaits ...

  • Val, le 18/03/2006 à 21h08

    En France, on ne travaille pas beaucoup. Entre les REUTEUTEU, les ponts, les viaducs, les grèves, les arrêts pour malades imaginaires,.... On est un pays à la traîne où l'on ne sait rien faire d'autre que se plaindre. De l'expérience, il n'y a rien de mieux et ce, quelle que soit la durée des boulots. Aujourd'hui, on ne passe plus sa vie dans la même boite. Alors, au boulot!

  • Xavier, le 18/03/2006 à 21h00

    D'après ce que j'ai pu lire, un millions de jeunes français sont partis bossés à l'étranger pour aller dans un pays où ça bouge vraiment. Il sne reviendraient pour rien au monde.Avec ce qui se passe en ce moment à travers cette mobilisation rétrograde, je fais le pari qu'ils vont être de plus en plus nombreux pendant que les anti-CPE resteront en France avec leur stages non rémunérés... Aussi depuis quand 1,5 millions de personnes représentent la majorité des français ????

  • Ratsimahalo, le 18/03/2006 à 20h56

    Rappelons que c'est l'UMP qui gouverne et pas la rue. Le francais doivent rester chez eux subir tels des esclaves et ne rien dire. Cette mobilisation contre le CPE est d'ailleurs faible. LA loi est votée: avec le 49-3 le gvt a engagé sa responsabilité et le sénat a approuvé. Jamais le gvt ne retirera son texte : il doit ménager son électorat. De toute facon L'UMP est déja sure de gagner les législatives 2007 avec plus de 60% de parlementaires.

  • Otto, le 18/03/2006 à 20h53

    Et voila qu'est-ce que j'avais dit ? 500 000 personnes, on multipli par 3 et les syndicats ne perdent pas la face ! Elle est belle l'honnêteté de ces gens-là.

  • Marlène, le 18/03/2006 à 20h50

    1,5 millions de personne dans la rue... vous appelez cela une "formidable" mobilisation... dois je vous rapeller que nous sommes plus de 60 millions en France... alors où sont les autres? C'est seulement 1,5 millions qui va bloquer un pays et faire retirer une loi? J'espère bien que non !!! Les autres n'ont pas le teps d'aller manifester, soit ils révisent pour leur exam (car sans diplome pas de boulot non plus), ou sont en train de travailler (car si grève, pas de paye à la fin du mois)...

  • Une étudiante, le 18/03/2006 à 20h45

    Je suis moi-même étudiante et OUI je suis pour le CPE!!! Je ne sais pas auprès de qui les sondages sont réalisés mais dans ma FAC de sciences, il n'y a pas un seul mouvement de protestation et nous sommes près à voir ce que donne le CPE! Je ne comprends pas cet acharnement dès qu'on essaye d'améliorer les choses!!! La mentalité française encore et toujours et ce MAMMOUTH! Dans toutes les annonces, on nous demande de l'expérience et bien c'est l'occasion d'en avoir avec le CPE et un patron qui dépensera pleins de sous et de temps pour former un jeune ne le virera pas au bout de 2ans si son travail est bon!!! STOP et attendons et j'espère que le gouvernement ne lâchera pas devant cette mobilisation de quelqu'un qui n'essaye même pas de voir le résultat et de comprendre avt de râler!!!

  • Marylore, le 18/03/2006 à 20h44

    Vive le cpe...arretez maintenant votre propagande les syndicats ca devient infligent de faire croire à a des gamins des choses fausses pour emmener dans votre mascarade socialiste des voies...VIVE LE CPE

  • LUBIN, le 18/03/2006 à 20h38

    Je me rends compte que le décalage entre les gens qui nous gouverne et la rue n'a jamais été aussi important et je suis très inquiet.

  • Melanie, le 18/03/2006 à 20h37

    Je viens de lire les messages précédents et je suis outrée de voir à quel point les gens acceptent finalement facilement que l'on revienne sur un principe fondamental de notre droit du travail! je suis contre le CPE car je trouve ce contrat discriminatoire, les jeunes sont soumis à des règles différentes, pourquoi n'auraient ils pas droit à la même protection que tout salarié?

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