CPE : l'UNEF compte 40 facs mobilisées

le 09 mars 2006 à 08h21 , mis à jour le 09 mars 2006 à 15h17

Entre 31, selon le ministère de l'Education, et 40, selon l'UNEF, des 84 universités françaises sont touchées par le mouvement contre le Contrat première embauche. La mobilisation comporte grèves sans cours, barrages filtrants ou encore blocages des accès. A Tours, des étudiants, empêchés de suivre les cours, ont déposé plainte pour "atteinte aux libertés publiques".

fac

Entre 31, selon le ministère de l'Education, et 40, selon l'UNEF, des 84 universités françaises étaiet touchées à la mi-journée par le mouvement contre le Contrat première embauche (CPE). Vingt universités sont "partiellement perturbées à des degrés très divers" par la lutte anti CPE jeudi, et onze autres sont en grève", a indiqué le ministère de l'Education nationale. L'UNEF recensait pour sa part "40 universités en grève".

Ces mobilisations peuvent prendre des formes diverses, avec des grèves sans cours, des barrages filtrants ne laissant passer que les étudiants en Capes et agrégation, ou encore des blocages empêchant l'accès au cours, entraînant souvent des querelles entre étudiants. Ainsi, à Paris VIII à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), selon l'administration, l'entrée principale est bloquée, les étudiants désirant aller en cours doivent passer par le parking. A Nanterre (Paris X) un blocage était mis en place avec des heurts entre grévistes et non grévistes. A la Sorbonne, dans le quartier latin, les cours dans les amphis étaient annulés tandis que les TD (Travaux dirigés) ont repris "normalement", selon le rectorat. Une centaine d'étudiants ont par ailleurs passé la nuit dans un amphithéâtre.

Forte mobilisation à Toulouse

En province, selon l'Unef, l'université de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) a rejoint la grève jeudi matin lors d'une AG. Le mouvement étudiant prenait aussi de l'ampleur dans le Nord, avec la mobilisation de Lille II droit, de l'IEP de Lille et du campus d'Amiens. Les autres facultés sont entièrement bloquées (Lille I et Lille III, les premières à s'être mobilisées), ou partiellement quand elles sont éclatées en plusieurs pôles. A l'université d'Artois, le pôle d'Arras (lettres et sciences humaines) est bloqué depuis mercredi. Les étudiants se réunissaient en AG dans la matinée pour tenter de démarrer un mouvement dans les trois autres pôles (Béthune, Douai et Lens). En Bretagne, l'université Rennes II est bloquée jusqu'à lundi, après un vote à main levée contesté par certains étudiants lors d'une assemblée générale. Celle du Mans (Sarthe) est également bloquée et à Lannion (Côtes-d'Armor) les étudiants de l'IUT ont reconduit le blocage.

La fac de Toulouse-Le Mirail, toujours très mobilisée, restait bloquée. Concernant l'université d'Aix-Marseille I, la direction a indiqué qu'aucun cours n'avait lieu jeudi sur les deux sites d'Aix-en-Provence (17.500 inscrits) et Marseille (5.000 inscrits) en raison d'une "situation fortement perturbée". Seules les préparations aux concours étaient assurées. A Grenoble, selon un recensement de l'AFP, deux universités, Stendhal (6.500 étudiants) et Pierre Mendès France (19.000 étudiants), étaient totalement bloquées jeudi matin ainsi que les accès de certains bâtiments de l'université Joseph Fourrier (18.000 étudiants). Un peu partout ailleurs en France, des assemblées générales étaient prévues dans l'après-midi pour décider des suites à donner au mouvement.

Photo (LCI) : des CRS devant la fac de Jussieu

le 09 mars 2006 à 08:21
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14 Commentaires

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  • VAstre, le 09/03/2006 à 15h15

    Les citoyens qui financent les facs ont-ils le droit de se mettre en grève de financement ? Et d'exiger que les étudiants travaillent au lieu de faire la pagaille ? Ou doivent-ils payer sans sourciller pour qu'on se moque d'eux ? Mon propre fils est étudiant et il bosse : je ne supporterais pas qu'il vive aux crochets de la république sans rien faire. Il n'a pas de bourse mais bénéficie d'une allocation logement de 149 euros par mois. Ses études me coûtent très cher et je suis retraité.

  • Anonyme, le 09/03/2006 à 13h58

    Je suis tout à fait d'accord avec les étudiants qui sont exaspérés des méthodes employés par les syndicats étudiants et forcément l'UNEF. Je suis de la fac de Nanterre Université, et là aussi, les batiments sont bloqués par une minorité de personnes (ils sont en général entre 5 et 10) et à Nanterre aussi, 95% des étudiants sont consternés par ces méthodes où finalement la grève nous est complètement imposées par des individus qui se moquent des cours. Je me permets de dire ça car parmi les personnes qui se sont battu pour soulever ce mouvement anti CPE, à Nanterre, certains ne sont même pas de la fac, sont des personnes de 24-30 ans, avec des têtes de SDF... Et ces personnes qui n'ont rien à faire dans la vie, trouve du plaisir à participer à ce genre de mouvements qui enchantent leur quotidien... A la fac de nanterre, les batiments touchés sont surtout ceux de sociologie, les grevistes qui passent faire des tours dans les Amphi pour inciter les etudiants à les rejoindre se sont tout simplement fait huer dans les batiments de droits, un des rares a ne pas participer à la greve, et la principale raison, c'est que leur batiment dispose d'un acces incroyable ( une dizaine de porte si ce n'est pas + donc très difficile a bloquer pour l'UNEF ). Bref leurs méthodes sont incroyables, car même si leurs idées sont defendables et je comprends que le CPE puisse faire peur, c'est leur méthodes qui sont largement critiqués, et il est vrai que les médias ne parlent absolument pas du ressenti de 95% des etudiants contre le CPE, mais également CONTRE la grève et le bloqage des batiments etudiants. Des exemples abbérants : -Des personnes barragistes qui se tapent avec certains etudiants. -Bloqage par une 100taines d'étudiants de nanterre du traffic SNCF, RATP pendant 3h, alors qu'aucune greve n'a encore été voté, mais ceci pour faire entendre parler d'eux, et pour empecher les etudiants/profs d'arriver a la fac pendant 3h donc --> On force tout simplement le mouvement!

  • Philippe, le 09/03/2006 à 13h42

    Est-il démocratique d'empêcher des étudiants d'étudier? Pour moi, la démocratie, ce n'est pas la loi du nombre. Si l'unef représente nos élites de demain alors je m'inquiète pour la liberté en France. Il y a un petit côté tyrannique dans ce désir de vouloir "éduquer" ses condisciples pour leur bien. Et puis , ont-ils réellement la majorité si l'on tient compte de tous les étudiants qui subissent sans rien dire? En outre, Poitiers leader du mouvenent, celà m'interpelle! Y-aurait-il un lien avec le fait que Poitiers soit le siège du conseil régional de Poitou-Charentes présidé par mme Royal? Va-t-on , dans quelques années , retrouver les leaders de l'unef dans les instances du PS comme celà a été le cas dans le passé? Ils auront peut être gaché les études de certains mais leur "carrière politique" à eux est assurée. Au fait, une précision, je ne suis pas favorable au CPE mais je ne suis pas non plus favorable à la récupération (souterraine ou pas) et à la politisation des mouvements étudiants

  • Fabien, le 09/03/2006 à 13h41

    Qu'on soit contre le CPE est une chose. Personellement, je suis plutôt pour, car si ça marche, ça peut ameliorer la situation du chômage des jeunes. Ok, ce n'est pas la solution miracle et M. de Villepin s'y est mal prit en n'écoutant pas les partenaires sociaux, mais ce qui se passe dans les facs est inadmissible ! Le syndrome des jeunes qui regrettent de ne pas avoir eu 20 ans en mai 68 a encore frappé !Les manifs sont légitimes, mais le fait de bloquer les entrées des facs, de cogner des pro-CPE ou encore de faire de la desinformation en AG pseudo démocratique comme on a pu le voir à l'AG de mardi au campus d'Angers, ça ne passe pas ! Y en a marre que la gauche ai besoin de casser pour exister !

  • Erick, le 09/03/2006 à 12h24

    Ils ont bien fait de porter plainte! En quoi ceux qui veulent continuer leur études normalement et reussir devraient ils être empêchés par d'autres étudiants sous pretexte qu'ils ne sont pas d'accord avec ce qu'on leur propose et après on dit que tout va mal en France...Y pas de quoi rire du tout et c'est inadmissible!!!

  • Laurent, le 09/03/2006 à 11h42

    De toute façon, on sent bien que les syndicats étudiants, ouvertement à gauche, se font récuperer par les "grands" syndicats français. Et bien sûr, il est de plus en plus évident qu'ils n'en ont véritablement rien à faire de ceux qui travaillent: 100 étudiants grévistes qui bloquent 40000 étudiants de l'université de Jussieu. Comme à l'accoutumée, la majorité silencieuse qui préfère travailler pour réussir est à la merci d'une poignée de gens qui profitent de n'importe quel prétexte pour ne rien faire. C'est vraiment dommage! Ce type d'action porte gravement préjudice à l'image des gens qui s'opposent de façon justifiée à certains aspects du CPE, tels que la période d'éssai de 2 ans...

  • Antoine, le 09/03/2006 à 11h40

    Toujours pareil en France... Il y a toujours le besoin de faire chier ceux qui ne souhaite qu'une chose: travailler.Je comprend la réaction de certaines personnes vis à vis de la peur qu'il peuvent avoir à cause du CPE. Mais je ne vois vraiment pas en quoi les étudaints sont responsables.Si ils pouvaient avoir ne serais-ce qu'un peu de respect...Merci.

  • Noémie, le 09/03/2006 à 11h22

    Etudiante à Rennes 2 où la fac est bloqué depuis le 7 FEVRIER, je tiens à souligner que les AG de ces 3 dernières semaines n'ont plus rien de démocratiques puisque les votes se font à main levée, sont laissés à l'appréciation des représentants de l'UNEF et des autres syndicats étudiants, et sont rejetés dès que les étudiants votent dans le sens d'un déblocage... Nous avons été témoins de comportements aberrants, comme par exemple il y a 2 ou 3 semaines où un vote autorisant certains élèves de master à reprendre les cours sous peine de se voir refuser leur année (ce qui est fait désormais...) a été refusé 2 fois de suite (la majorité des étudiants présents étaient pour), et on a voté jusqu'à ce que le vote dise que les étudiants étaient contre. Pas plus tard que lundi lors du vote pour ou contre la reconduite du blocage, les étudiants pour ont presque tous voté à deux mains alors que les étudiants contre non, et le vote a été accepté. Hier le vote à main levée était une fois de plus très litigieux, et les syndicats ont tranché en ne tenant une fois de plus pas compte de l'avis des personnes présentes... le blocage continue donc à notre insu... D'autres aberrations pourraient être mentionner, comme le fait que les votes se faisant à main levée, les représentants des syndicats autres qu'étudiants sont invités à venir voter à nos AG pour le blocage alors qu'ils ne font pas partie de la fac... ils décident pour nous de ce qu'il doit se passer dans notre université et déséquilibrent les votes. Peu importe l'avis que l'on a sur le CPE, ou même sur la question de la grève ou du blocage, les méthodes employées par les syndicats étudiants pour nous obliger à rester en grève avec blocage à la fac de Rennes 2 sont plus qu'intolérables. Ces problèmes ne sont jamais évoqués dans les médias, et je tenais juste à vous faire part du ressenti d'un grand nombre d'étudiants de la fac de Rennes 2

  • Georges, le 09/03/2006 à 11h17

    Libre a chacun de s'exprimer sur tel ou tel sujet mais nul ne peut empecher un autre de jouir de ses droits en l'occurence que les étudiants qui souhaitent pouvoir étudier dans cette periode de troubles voulut pour une minorité doivent pouvoir acceder a leurs facs et les profs doivent bien entendu etre presents pour assurer leurs fonction d'éducation et non politique!!!!

  • Laurent macaire, le 09/03/2006 à 10h21

    Je pense que les etudiants n'ont pas compris les mecanismes du marché de l'emploi aujourd'hui ; pour embaucher dans les periodes fastes il faut pouvoir licencier dans les periodes néfastes, sinon c'est la faillitte, et la faillitte pour un petit patron ,c'est la vente de tous ses biens, et le surrendettement par le systeme des cautions bancaires données garantissant les prets aux entreprises.donc voilà l'enjeu pour tout le marché des p.m.e reflechissez un peu et mettez vous a la place de l'employeur , cette loi permettra de liçencier façilement mais donc d'embaucher sans avoir une épée de damoclès au dessus de la tete, donc multiplira les envies d'embaucher à la moindre secousse du marché ou pour conquerir d'autres marché le risque etant moindre, c'est simple et logique .

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