
Face à la contestation étudiante, aux appels à de nouvelles journées de mobilisation, face à la gauche pour une fois unie pour réclamer le retrait du CPE, Dominique de Villepin plie mais ne rompt point. Invité dimanche soir du 20 heures de TF1, il a défendu une nouvelle fois son dispositif. "Nous avons été obligés de prendre des décisions difficiles au cours de ces dix premiers mois. Si nous voulons lutter à armes égales avec les pays voisins, qui tous ont avancé, il faut que nous ayons les outils nécessaires. Je dis ce soir que la loi qui a été votée s'appliquera, elle sera mise en oeuvre, mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux."
Fermeté donc, mais dialogue. Un dialogue qui semble plus s'adresser aux syndicats qu'aux étudiants : "Je comprends l'inquiétude qui s'exprime dans notre pays, je suis à l'écoute des Français, de ceux qui manifestent", avait pris soin de lancer, dès le début de son intervention, le Premier ministre... mais aussi "de ceux qui veulent étudier" - allusion claire aux occupations d'universités et à l'évacuation de la Sorbonne. "Je suis un homme d'action et de conviction ; je suis aussi un homme d'écoute et de dialogue. Dès mon arrivée, j'ai multiplié les contacts avec les partenaires sociaux." Cependant, "la situation dans laquelle est notre pays" nécessite une action urgente : "nous sommes confrontés à une situation de précarité de l'emploi des jeunes". Des jeunes "qui enchaînent les CDD, les stages, qui ont le plus de difficultés à entrer sur le marché de l'emploi, à qui on ne propose rien... En écoutant certains commentaires, on a l'impression que tout va bien. Est-ce qu'on reste les bras croisés ? Ou est-ce qu'on traite le problème ?"
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"Est-ce que nous sommes capables d'adapter notre modèle social ?"
Après ces gestes en direction des syndicats, il leur a donc donné un premier rendez-vous. "Je souhaite rencontrer au mois d'avril l'ensemble des partenaires sociaux pour avancer avec eux et donner des réponses concrètes aux Français", a déclaré le Premier ministre. "Au-delà du CPE, il y a une inquiétude dans notre pays sur la précarité, qui concerne les jeunes mais aussi les salariés à temps partiel, notamment toutes ces femmes qui s'inquiètent pour le lendemain, et les salariés peu qualifiés", a-t-il ajouté. D'ici cette rencontre, ses ministres chargés de l'emploi, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, rencontreront "dans les 15 prochains jours" les partenaires sociaux pour "avancer sur les différents moyens, sur les propositions qui existent".
"Il y a beaucoup de malentendus. Il y a beaucoup de confusion. Il a beaucoup d'incompréhensions", a reconnu Dominique de Villepin, alors que les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter un retrait du CPE. "Vous savez, on m'a dit : pourquoi essayer de régler le problèmes des jeunes, c'est à chaque fois très sensible et il y a toujours le risque de voir ces malentendus créer des perturbations. Mais est-ce que je peux, comme chef de gouvernement, ne pas prendre en compte cette situation de précarité des jeunes, qui n'a fait que s'accroître depuis 20 ans ? Est-ce que nous pouvons rester sans rien faire ?"
Evacuant les questions liées à son implication personnelle dans ce dossier, le Premier ministre a assuré : "Si je suis là ce soir, c'est bien pour expliquer à nos compatriotes les enjeux, ce n'est pas un enjeu personnel, il ne s'agit pas de ma personne, cela ne compte pas. L'enjeu c'est quoi ? C'est : est-ce que nous sommes capables de prendre des mesures ensemble, nécessaires, est-ce que nous sommes capables de les assumer, est-ce que nous sommes capables de les tenir, est-ce que nous sommes capables d'adapter notre modèle social ? Evitons de personnaliser un débat qui est un enjeu décisif pour tout notre pays".
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin invité dimanche soir du 20 heures de TF1 - DR
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