CPE : Villepin donne rendez-vous aux syndicats

Par Par Franck LEFEBVRE, le 12 mars 2006 à 13h04 , mis à jour le 13 mars 2006 à 18h49

Tout en défendant fermement le CPE, Dominique de Villepin a souhaité dimanche soir sur TF1 "de nouvelles garanties" négociées avec les partenaires sociaux. Il compte rencontrer les syndicats en avril pour trouver "des réponses concrètes" sur "la précarité dans l'emploi".

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Face à la contestation étudiante, aux appels à de nouvelles journées de mobilisation, face à la gauche pour une fois unie pour réclamer le retrait du CPE, Dominique de Villepin plie mais ne rompt point. Invité dimanche soir du 20 heures de TF1, il a défendu une nouvelle fois son dispositif. "Nous avons été obligés de prendre des décisions difficiles au cours de ces dix premiers mois. Si nous voulons lutter à armes égales avec les pays voisins, qui tous ont avancé, il faut que nous ayons les outils nécessaires. Je dis ce soir que la loi qui a été votée s'appliquera, elle sera mise en oeuvre, mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux."

Fermeté donc, mais dialogue. Un dialogue qui semble plus s'adresser aux syndicats qu'aux étudiants : "Je comprends l'inquiétude qui s'exprime dans notre pays, je suis à l'écoute des Français, de ceux qui manifestent", avait pris soin de lancer, dès le début de son intervention, le Premier ministre... mais aussi "de ceux qui veulent étudier" - allusion claire aux occupations d'universités et à l'évacuation de la Sorbonne. "Je suis un homme d'action et de conviction ; je suis aussi un homme d'écoute et de dialogue. Dès mon arrivée, j'ai multiplié les contacts avec les partenaires sociaux." Cependant, "la situation dans laquelle est notre pays" nécessite une action urgente : "nous sommes confrontés à une situation de précarité de l'emploi des jeunes". Des jeunes "qui enchaînent les CDD, les stages, qui ont le plus de difficultés à entrer sur le marché de l'emploi, à qui on ne propose rien... En écoutant certains commentaires, on a l'impression que tout va bien. Est-ce qu'on reste les bras croisés ? Ou est-ce qu'on traite le problème ?"

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Entre fermeté et dialogue, le Premier ministre s'est efforcé de dédramatiser le dispositif du CPE : la période d'essai de deux ans sera "une période maximum" qui pourra "être raccourcie du fait de l'employeur". Et en signe d'ouverture vers les syndicats, farouchement opposés au CPE, il a proposé, pour en améliorer les garanties, un "complément de rémunération" s'ajoutant à l'allocation chômage, "par exemple de trois mois" pour permettre aux jeunes d'avoir une formation complémentaire. Autre garantie : que les jeunes puissent avoir, pendant les deux ans de leur CPE, la possibilité "d'être accompagnés par un référent". Enfin, une "évaluation régulière" du CPE : "Trouvons des rendez-vous tous les six mois, évaluons ce contrat avec les partenaires sociaux".

"Est-ce que nous sommes capables d'adapter notre modèle social ?"

Après ces gestes en direction des syndicats, il leur a donc donné un premier rendez-vous. "Je souhaite rencontrer au mois d'avril l'ensemble des partenaires sociaux pour avancer avec eux et donner des réponses concrètes aux Français", a déclaré le Premier ministre. "Au-delà du CPE, il y a une inquiétude dans notre pays sur la précarité, qui concerne les jeunes mais aussi les salariés à temps partiel, notamment toutes ces femmes qui s'inquiètent pour le lendemain, et les salariés peu qualifiés", a-t-il ajouté. D'ici cette rencontre, ses ministres chargés de l'emploi, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, rencontreront "dans les 15 prochains jours" les partenaires sociaux pour "avancer sur les différents moyens, sur les propositions qui existent".

"Il y a beaucoup de malentendus. Il y a beaucoup de confusion. Il a beaucoup d'incompréhensions", a reconnu Dominique de Villepin, alors que les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter un retrait du CPE. "Vous savez, on m'a dit : pourquoi essayer de régler le problèmes des jeunes, c'est à chaque fois très sensible et il y a toujours le risque de voir ces malentendus créer des perturbations. Mais est-ce que je peux, comme chef de gouvernement, ne pas prendre en compte cette situation de précarité des jeunes, qui n'a fait que s'accroître depuis 20 ans ? Est-ce que nous pouvons rester sans rien faire ?"

Evacuant les questions liées à son implication personnelle dans ce dossier, le Premier ministre a assuré : "Si je suis là ce soir, c'est bien pour expliquer à nos compatriotes les enjeux, ce n'est pas un enjeu personnel, il ne s'agit pas de ma personne, cela ne compte pas. L'enjeu c'est quoi ? C'est : est-ce que nous sommes capables de prendre des mesures ensemble, nécessaires, est-ce que nous sommes capables de les assumer, est-ce que nous sommes capables de les tenir, est-ce que nous sommes capables d'adapter notre modèle social ? Evitons de personnaliser un débat qui est un enjeu décisif pour tout notre pays".

Photo d'ouverture : Dominique de Villepin invité dimanche soir du 20 heures de TF1 - DR

Par Par Franck LEFEBVRE le 12 mars 2006 à 13:04
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29 Commentaires

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  • Maiche, le 13/03/2006 à 09h30

    De nouvelle garanties sont données, mais pour la gauche cela ne suffira jamais, il faut continuer à ne pas travailler et à toucher le chômage c'est mieux pour eux; nous n'entendons pas beaucoup les plus concernés c'est-à-dire les jeunes sans qualification et non les étudiants et encore moins les lycéens pourquoi pas aussi les maternelles !

  • G.r., le 13/03/2006 à 09h22

    Est-ce que les anti-CPE ont eu la curiosité d'aller voir sur les differents sites de recherche d'emploi? Je ne pense pas. J'y vais régulièrement et j'ai constaté qu'il ny a pas de proposition pour un jeune. A chaque annonce, il est indiqué: 3, 4, 5 voire plus d'EXPERIENCE EXIGEE. Soyons réalistes, essayons quelque chose pour que ces jeunes puissent un jour commencer dans la vie active. Je pense que certains se morderont les doigts lorsqu'ils chercheront du travail dans 1 an ou 2 si rien n'est fait!

  • Jean-Marc, le 13/03/2006 à 09h22

    Il est toujours étonnant de voir quelqu'un qui a fait sa carrière dans la haute fonction publique, puis politique sans passer devant les électeurs donc sans risque, venir donner des leçons de précarité et de CDI.

  • Colasse Joselyne, le 13/03/2006 à 08h45

    Je suis assez convaincu de ce qu' a dit Mr De Villepin. maintenant, à voir si tout va se concrétiser et que les jeunes puissent avoir un espoir de trouver et surtout GARDER un travail. Je parle surtout pour mes enfants (20/18 et 15) à qui ont promet et que rien n'arrive!!!

  • Christ, le 13/03/2006 à 08h37

    Bravo monsieur le ministre il était temps qu'enfin des mesures soient prises pour tous nos jeunes sans qualification qui malheureusement pour certain finissent dans la pauvreté. La gauche ferait mieux de rabattre son caquet car elle a bien contribuer à cette misère social de nos jeunes. merci Mr le premier ministre de trouver des solutions.

  • Eric, le 13/03/2006 à 08h12

    Bravo M. de Villepin. On en a assez des syndicats politisés qui diront toujours non à tout et qi se moquent de l'emploi des jeunes en difficulté.

  • Creek83, le 13/03/2006 à 07h43

    C'est vrai que depuis 20 ans rien n'a été fait pour les jeunes de concret pour faciliter l'entrée sur le marché du travail!Le dialogue aurait dû se faire avant avec les partenaires sociaux, cela aurait peut-être évité ces mouvements! Maintenant, les discussion seront stériles car l'objectif pour les syndicats sera le retrait du texte, et non la recherche de solution pour les jeunes! Tant que dans notre pays, on aura compris que le dialogue est nécessaire dans le débat politique et dans la démocratie, on aura du mal à avancer!!!

  • David Culot, le 13/03/2006 à 07h37

    Vivant a San Francisco, Californie depuis 11 ans, je ne peux que m'ebahir sur le temps perdu par les manifestations des Francais alors que le reste du monde travail. En tant que chef d'entreprise, je ne vois aucun interet de me debarrasser d'un employe apres 2 ans dans mon entreprise. La formation coute bien trop d'argent. Je suis moi mm parti de France car n'ayant aucun diplomes Francais, le system a l'epoque ne m'aurait pas accepte. Ce nouveau contrat permet en effet de donner la chance a un jeune de s'essayer, d'apprendre, prendre de l'experience. Que veulent les syndicats? Preserver les "Pousse Crayons?". De villepin a bien parle, et enfin amene un debut de solution pour un jeune qui demarre.

  • Queproposelagauche, le 12/03/2006 à 22h58

    Le CPE a au moins le mérite d'être une proposition alors que la gauche qui crie au retrait NE PROPOSE RIEN. C'est plus facile d'aboyer qu'avoir des idées. Ne pas se contenter de dire NON mais NON au CPE, OUI à......

  • Ripouxblique, le 12/03/2006 à 22h39

    Meme si je suis pas un tres grand partisan du cpe,mais pas non plus franchement contre, je trouve qu'il a été crédible. Quand aux réactions de guaches à quoi peut on s'attendre avec ce jeux de dupe ?

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