
Dominique de Villepin va tenter ce soir à la télévision de désamorcer la colère estudiantine contre le Contrat de Première Embauche. Selon son entourage, il devrait faire de la pédagogie... L'intervention sur TF1 du Premier ministre survient à un moment où le mouvement dans les universités contre le CPE semble se radicaliser : malgré l'évacuation de la Sorbonne, les mouvements continuent dans plusieurs universités (lire : "La fronde étudiante continue... sans la Sorbonne"). Et Dominique de Villepin, qui s'est impliqué personnellement, se retrouve désormais au premier plan face à la tourmente - la plus grave crise qu'il ait connue depuis son arrivée à Matignon.
La coordination nationale des étudiants, qui rassemble sept délégués étudiants élus en AG par université en grève, trois pour les autres, s'est réunie pour la quatrième fois samedi soir à Poitiers, condamnant "les méthodes du gouvernement" dans l'évacuation de la Sorbonne. Elle a décidé d'organiser une journée d'actions au niveau national mardi 14, avant les journées de manifestation des jeudi 16 et samedi 18. "Nous allons continuer à nous mobiliser", a indiqué Nadjet Boubekeur, attachée de presse de l'Unef, ajoutant que "si la loi sur le CPE n'est pas retirée le 18 au soir, la coordination nationale a déjà décidé d'organiser une journée de manifestation nationale le jeudi 23 mars".
Les socialistes rassemblés contre le CPE
Parallèlement, à quelques heures de l'intervention du Premier ministre sur TF1, la gauche a multiplié les attaques. François Hollande a ainsi indiqué sur France Inter qu'il attendait de Dominique de Villepin "le retrait du CPE, tout simplement" car ce projet ne peut être amélioré, et l'a mis en garde contre "la tentation du désordre". Pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, si le chef de gouvernement "s'obstine, renonce à tout engagement de dialogue, il prend le risque d'un conflit long et lourd avec la jeunesse et au-delà de la jeunesse avec une majorité de salariés". François Hollande a par ailleurs approuvé la décision de Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes de ne pas verser d'aides régionales aux entreprises utilisant CNE ou CPE, jugeant qu'une région pouvait "poser ses conditions (...)Nous n'allons pas, nous, responsables de régions, départements, communes, favoriser les entreprises qui utilisent la précarité".
Autre personnalité du PS, Martine Aubry a estimé dans une interview au Parisien-Dimanche que Dominique de Villepin a montré qu'il ne savait pas "écouter" et "donc pas reculer". Avant de juger que "la seule solution, comme M. Balladur l'avait fait pour le CIP, c'est de retirer ce projet qui est un immense message de défiance vis-à-vis de la jeunesse". Message identique enfin à l'ouverture de la journée de la sensibilité fabiusienne "Rassembler à gauche" : Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, en affirmant la "solidarité" des socialistes à l'égard des jeunes "pris en otage" par le Premier ministre, a fait valoir que ce dernier devrait, sur TF1, "annoncer que, devant le désordre dans le pays, il retire ce Contrat première embauche".
Au sein de l'UMP, l'heure était en revanche à la main tendue : Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, a estimé sur Radio J que le CPE était "une mesure intelligente", mais qui pouvait être "ajustée" et "enrichie".
Photo d'ouverture : Dominique de Villepin invité du 20 heures de TF1 - archives
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