Les délégués étudiants votent la grève

le 20 mars 2006 à 07h40 , mis à jour le 20 mars 2006 à 16h51

450 délégués étudiants, rassemblés dimanche à Dijon en une coordination nationale, ont voté dans la nuit un appel à une grève interprofessionnelle jusqu'au retrait de la loi sur l'égalité des chances, dans laquelle figure le CPE.

[Expiré] [Expiré] assemblée générale etudiants dijon © AFP

Dix-sept heures de discussions ont été nécessaires pour voter l'appel à la grève et  appeler à deux journées de mobilisation, mardi et jeudi. Cet "appel de Dijon" est adressé à tous les étudiants, lycéens, salariés, syndicats et "précaires".

Les délégués, issus de 66 universités, de quatre IUT et d'une demi-douzaine de grandes écoles, avaient débattu depuis 11 heures 30 de l'opportunité d'élargir leurs revendications au-delà du retrait du CPE. Certains ont remis en cause en vrac la loi Fillon sur l'éducation, les lois sur l'immigration, ou ont demandé "la démission du gouvernement", "le blocage des symboles de l'Etat" et "la réquisition des richesses dans les supermarchés pour soutenir le mouvement", dans un amphithéâtre surchauffé.

Grève générale

La majorité des délégués, désignés en assemblées générales dans leurs établissements, se sont interrogés sur l'opportunité d'en passer par les centrales syndicales pour appeler à une grève générale, ou sur l'efficacité des actions ponctuelles (blocages de péage, de gares...) par rapport à des journées de mobilisation. "Il faut penser à la jeunesse non scolarisée, aller vers les banlieues ou les quartiers défavorisés des villes", a suggéré un délégué de Paris I. "Il y a encore énormément de monde à convaincre parmi les étudiants", a rappelé un autre.

Manifestation jeudi à Paris et en régions

Une cinquantaine de lycéens, rassemblés en une coordination nationale parallèle, se sont joints à l'appel à manifester jeudi à Paris, ou à défaut dans les régions. Une vingtaine de "précaires" (intermittents, apprentis, personnels de l'Education nationale...), également réunis à Dijon, en ont appelé à une structuration de leur mouvement. Une nouvelle coordination des étudiants, la sixième, est prévue le week-end prochain à l'université d'Aix-Marseille.

Blocages de lycées 

Lundi matin, la semaine a repris dans plusieurs villes par de nouveaux blocages de lycées. Ainsi, les cours de l'université de Perpignan restaient suspendus par arrêté du président François Féral, et les principaux lycées de la ville étaient bloqués par des élèves opposés au CPE. Plusieurs lycées de Marseille, dont le lycée Jean Perrin, un des plus grands de France, étaient également bloqués. Une trentaine des 185 lycées du Nord-Pas-de-Calais étaient également bloqués. Au sein des universités déjà bloquées, des votes ont été organisés pour la reconduction du mouvement, comme à Toulouse ou Rennes.

(Photo : lors de la réunion des délégués étudiants à Dijon - AFP)

le 20 mars 2006 à 07:40
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4 Commentaires

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  • Ghil, le 20/03/2006 à 11h31

    Je suis ecoeurée par l'attitude des "étudiants". D'une part, ils ont une notion réduite de la démocratie puisque la leur autorise le blocage des universités alors même que des étudiants (par forcément en minorité) souhaitent suivre leurs cours. Les votes de AG ne représentent qu'une partie des étidiants, ceux qui s'engaent politiquement" ou sont manipulés par des mouvements politiques et/ou syndicaux. Ils oublient le loi garantissant la loibre circulation des biens et des personnes. Les Universités ne leur appartiennent pas. Personne ne leur interdit de manifester. De quel droit empêchent-ils les autres d'étudier ? En outre, ils ne perlent que du licenciement autorisé "sans raison" pendant les 2 ans du CPE. Il faut arrêter de voir les patrons comme des croque-mitaine près à user et abuser de leurs employés. La France est formée en majorité de PME qui se donnent la peine de former des jeunes. Pourquoi voudriez-vous qu'un patron se sépare arbitrairement d'un employé qu'il a formé et qui lui donne satisafaction. L'Education nationale a une grande part de responsabilité dans cette croyance stupide du "patron prât à jeter ses salariés". C'est aussi la faute des médias qui depuis des semaines donnent largement la parole aux étudiants anti-CPE et rarement aux autres. C'est facile de rejeter la faute des violences sur le gouvernement. Incapables de gérer leur action de manière pacifiste, ces manifestants préfèrent accuser les autres. Préférant la non violence, je suis outrée de voir nos militaires soumis à des jets d'objets de toutes sortes. Ce qui est sûr, c'est que je ne veux en aucune sorte embaucher dans mon entreprise, même en CPE, ceux qu'on voit défiler dans les manifestations et ceux dont on voit les noms s'étaler dans les journaux. Pas encore au boulot et déjà contestataire. Et surtout, n'écoutons pas la voix de ceux qui préfèrent étudier que défiler dans la rue. Ceux-là ont un avenir. Les autres seront sûrement fonctionnaires ou délégués syndicaux !

  • Manu, le 20/03/2006 à 11h31

    Le mot grève n'est il pas un peu fort pour des gens qui non pas de salaire?

  • Damien, le 20/03/2006 à 10h52

    Pourquoi les Syndicats ont été Pour le CNE et Contre le CPE alors que c'est exactement le même contenu de loi ? Les + de 26 ans sont-ils moins vulnérables que les - de 26 ans ? Non, la Réponse : c'est bientôt les élections syndicales !! Manifestants, vous vous faites menés par le bout du nez par les Syndicats !! Quand allez-vous réflechir ? Etes-vous au moins équipés pour Réfléchir ? Je vous invite à aller sur le site du Senat et de lire la loi sur l'Egalité des Chances et surtout l'Article 8 sur le CPE !! Et la, vous direz, Oui au CPE, Oui à VILLEPIN, Oui au Travail, oui au SALAIRE MERITE, Oui à la France et à son Avenir !!

  • Jerome, le 20/03/2006 à 10h51

    Si apres les rassemblements de la semaine dernière puis celles prévues cette semaine le gouvernement ne se remet pas en cause, ne retire pas le CPE et que quelques tetes ne tombent pas. Il se pourrait qu'aprés l'appel à une grève générale, il y ait appel à une révolution!!!...???

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