Des étudiants inquiets veulent retourner à la fac

Par Par Stéphanie MORBOIS, le 29 mars 2006 à 15h59 , mis à jour le 30 mars 2006 à 11h02

Les vacances de Pâques approchent. Certaines universités sont déjà bloquées depuis plus d'un mois. Une situation pénalisante pour les étudiants qui souhaitent travailler. Entre inquiétude, ennui et exaspération, ils tentent de s'organiser au mieux. REPORTAGE.

TF1/LCI La fac de Jussieu bloquée par les anti-CPE

Neuf heures mercredi devant l'université de Jussieu, à Paris. Comme chaque matin depuis quatre semaines, Audrey et Sandra, étudiantes en deuxième année de japonais, se sont donné rendez-vous avec l'espoir de retourner en cours. Mais comme chaque matin depuis un mois, leur fac est bloquée par les anti-CPE et aucun cours n'est prévu. " On est dans le noir total, on a aucune information, alors on vient. On se dit qu'ils ont peut-être oublié de nous prévenir de la reprise. Deux fois, on a réussi à accéder aux locaux et à récupérer les feuilles de cours " explique Audrey, 22 ans.

Des cours sur Internet

En attendant que les cours reprennent, les deux jeunes-filles peuvent suivre quelques modules sur Internet. Une situation qui ne les réjouit pas. " Avec ce système, on a aucun travail à l'oral pour mettre à profit nos connaissances " déplore Sandra, 20 ans. " On se doit de travailler seul mais c'est difficile de suivre les cours sur Internet " ajoute Audrey. Dans dix jours, ce sera les vacances de Pâques de Paris, un temps habituellement consacré aux révisions des partiels du mois de Mai. Là encore, aucun calendrier n'est fixé. " On avance à l'aveuglette, il y a des rumeurs qui circulent mais on ne sait rien sur les exams. On se demande vraiment à quelle sauce on va être mangé ".

" Extrêmement pénalisé "

Autant d'incertitudes souvent synonyme d'inquiétude. Sandra confie travailler " beaucoup plus qu'en temps normal " par peur de rater son année. Audrey, elle, est dubitative. " Une année ne se résume pas à quatre semaines, mais ça va être limite quand même " ajoute-t-elle.

Roch-Marie, étudiant en maîtrise d'Histoire à la Sorbonne partage ce sentiment. Depuis un mois, il ne peut plus accéder à la bibliothèque de sa fac. " Ca me ralenti énormément. Je suis obligé d'aller dans d'autres bibliothèques. Je me sens extrêmement pénalisé " explique-t-il. Lui non plus ne sait pas quand ses cours vont reprendre. Il craint que les examens aient lieu en juin ou juillet alors qu'il s'est déjà engagé pour travailler à cette période-là. Pour certains, il faudra alors repousser le stage de fin d'année ou payer un mois de loyer supplémentaire. Cliquez ici pour lire notre dossier.

TF1/LCI Les étudiants contre le blocage de Jussieu

Audrey, Stéphane et Sandra 
devant Jussieu

" Le droit de pouvoir étudier "

Quand on leur demande ce qu'ils pensent des blocages, les étudiants se disent déçus ou exaspérés. " Je trouve vraiment regrettable qu'on nous empêche de travailler. Bloquer une fac, ça n'a rien de démocratique " regrette Sandra. Stéphane, 23 ans, en licence de japonais, est plus catégorique. " C'est du foutage de gueule! ". La plupart des manifestants qui bloquent Jussieu " ne mettent pas leurs études en jeux ". " Ce sont en majorité des étudiants de première et deuxième année alors ils s'en foutent, ils ne passent pas le Capès ou l'Agreg à la fin de l'année ".

Roch-Marie, lui, estime seulement " demander le droit de pouvoir étudier ". Cette situation l'insupporte et pour le faire savoir, il s'est engagé auprès du mouvement " Halte au blocage " en tant que responsable à la Sorbonne. François, étudiant en Maîtrise de Droit à l'université Pierre Mendès France de Grenoble se dit aussi exaspéré. Il ne comprend pas que le blocage perdure. Le président de son université a pourtant gagné en référé au Tribunal Administratif le droit de rouvrir la fac mais il refuse d'envoyer les CRS pour déloger les bloqueurs.

Tuer le temps... et réviser

Pendant ces longues journées sans cours, tous s'organisent. François, qui peine à se motiver pour travailler son Droit, accepte plus de gardes de pompier volontaire. Stéphane, lui, s'ennuie. Quand il ne travaille pas en tant que surveillant dans une école pour gagner de l'argent, il se repose, joue à la console, relit ses cours. Optimiste, il espère que Jussieu ouvrira vendredi, au lendemain de l'examen du texte par le Conseil Constitutionnel. Roch-Marie prépare, quant à lui, les prochains rassemblements du collectif " Halte au blocage ". Audrey et Sandra patientent, en révisant. Elles reviendront demain matin à Jussieu, pour tenter une nouvelle fois, d'entrer dans la fac pour étudier le japonais.

Les mouvements anti-blocage

Les mouvements Stop-blocage, Halte au blocage, SOS facs bloquées ont organisé une manifestation le 26 mars sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris. Plusieurs centaines de personnes, des étudiants en majorité, ont répondu à l'appel. Le collectif d'association anti-blocage a décidé de manifester tant que les facultés ne seront pas rouvertes. Un nouveau rendez-vous est déjà pris pour dimanche à 15h00 toujours sur le parvis de l'Hôtel de ville.

Les étudiants interrogés affirment tous être beaucoup plus nombreux que les bloqueurs mais il est difficile de donner une estimation exacte des chiffres, chacun essayant de gonfler les statistiques de son propre camp.

Par Par Stéphanie MORBOIS le 29 mars 2006 à 15:59
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22 Commentaires

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  • Nicolas, le 30/03/2006 à 13h02

    Je trouve inadmissible que les facs soient bloqués et que les étudiants ne puissent pas travailler. j'ai 28 ans, je suis diplomé d'école d'ingénieur, et si on avait bloqué mon école alors que j'étais en dernière année, ça m'aurait mis dans une rage folle. Bon courage aux travailleurs, heureusement qu'il y en a dans ce pays........

  • Valérie, le 30/03/2006 à 12h34

    Ca fait 1 mois que la fac de lettres d'Aix est bloquée par une bande de glandeurs. Je trouve cela ecoeurant d'empecher ceux qui veulent étudier d'accéder librement aux salles de cours. Meme la bibliotheque est fermee pour "raisons de securité". Et bien sûr, le Pdt de l'université de la fac, qui est soi-disant contre le blocage, ne fait rien...

  • Patrick, le 30/03/2006 à 12h02

    Les presidents de facs ne se mouillent pas ils preferent fermer des facs c'est normal ils sont majoritairement de gauche et en plus ils sont payes mais la liberte du travail qu'en font ils?

  • PIERRE MARIE VALLEZ, le 30/03/2006 à 09h44

    Ayant 2 enfants en fac à VALENCIENNES, fac bloquée depuis 2 semaines par des minorités de fainéants, prétendants défendre on ne sait quelle cause!!!! force est de constater que la gauche n'est que sectarisme, refus de dialogue .......

  • Betty, le 30/03/2006 à 09h43

    Il faut savoir qu'il y a les étudiants soucieux de leur avenir, et d'obtenir des bagages pour avoir + de chance car malheureusement(par expérience + 20 ans dans mon poste , une connaissance parfaite de mon travail) nous sommes désavantagés par rapport aux nouveaux qui rentrent sans connaissance du terrain mais avec bagages) et les étudiants presque à vie qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire et surtout considère les études comme un job. Résultat l'interruption des cours et les manifs ne les dérangent pas.

  • Marianne, le 30/03/2006 à 09h37

    Hier à metz, une AG a eu lieu, et les anti-blocus ont gagné résultat: la fac est quand même bloquée car le président ne prend pas ses responsabilités et les bloqueurs ne respectent pas le choix de la majorité des étudiants!!! quelle démocratie!!!!

  • LEMAN, le 30/03/2006 à 09h12

    Mére de 3 enfants en collége et lycée,de classe moyenne,neutre et sans parti politique; je pense que les syndicats(qui ne représentent pas la majorité des francais)tiennent les gouvernements en otage, ils manipulent les médias et bloquent le pays :LA FRANCE NE POURRA PAS AVANCER.Ces batailles politiques deviennent ridicules.Les médias ne montrent que la plus mauvaise image d'une minorité de francais.

  • Brigitte, le 30/03/2006 à 08h54

    Ils faut malheureusement (mais dans notre Pays c'est comme ça) vous faire ENTENDRE et SURTOUT VOUS FAIRE RESPECTER C'EST AUSSI VOTRE DROIT.

  • Ludo, le 30/03/2006 à 08h43

    Avant de réfléchir à leur futur emploi et aux avantages qui vont en découler (pfff...), ces étudiants devraient réfléchir aux débouchés de leurs études au lieu de s'inscrire en fac pour cause de "je sais pas quoi faire". On voit pas trop dans la rue d'étudiants en medecine, école d'ingé, gestion,..., bref des trucs plus concrets que socio, psycho ou géo. Ces branches mènent surtout à des métiers d'enseignement ou de recherche, donc les "étudiants" dans la rue revendiquent leur futur droit à faire la sieste!!!

  • Chris, le 30/03/2006 à 05h47

    Voilà ce que donne l'assistanat pendant les études, des étudiants qui ne sont plus que des apprenants. Utilisez votre cerveau que diable, ce ne sont pas les bibliothèques qui manquent dans ce pays et plongez vous dans les biographies qui vous ont été données en début d'année par vos enseignants. Les études sont un cheminement pas uniquement un rabachage de ce qui vous a été délivré en cours. Profitez-en pour faire votre les raisonnements plutôt que régurgiter la bouillie qu'on vous aurait servi, c'est sûr que ça demande plus de travail mais ça vous sera plus profitable que du bachotage. Profitez-en pour regarder du coté de l'internet et vous verrez qu'il y a autre chose que de la musique ou des films à télécharger. Les étudiants ne sont plus que des consommateurs de connaissance, ça en dit long sur ce que sera notre recherche dans les temps à venir.

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