Etudiants et lycéens de nouveau dans la rue contre le CPE

le 21 mars 2006 à 13h56 , mis à jour le 21 mars 2006 à 19h10

La mobilisation contre le CPE est toujours aussi forte chez les jeunes, lycéens et étudiants confondus. Une nouvelle manifestation parisienne a été émaillée de violences cet âprès-midi. Ce matin, plusieurs incidents ont opposé les forces de l'ordre aux manifestants, en Seine-Saint-Denis et dans l'Essonne.

TF1/LCI CPE, manifestations, étudiants

Des milliers d'étudiants et de lycéens ont de nouveau défilé mardi dans les rues de Paris pour exiger le retrait pur et simple du CPE. Le défilé, à l'appel de la Coordination nationale étudiante, s'est ébranlé vers 14h30 de la Place Saint-Jacques et devait se rendre non loin du Jardin du Luxembourg. En marge du cortège, une cinquantaine de voitures ont été endommagées rue Gay-Lussac à Paris (Ve) par un groupe d'une centaine de casseurs. Des vols de portables ont par ailleurs été commis sur des manifestants.

En banlieue, la mobilisation a été forte mardi.  "Nous avons franchi aujourd'hui un stade", a fait remarquer un policier qui estime que 1.500 lycéens issus de 25 établissements étaient dans la rue en Seine-Saint-Denis. "Des jeunes sillonnent les rues par groupes pour aller débaucher d'autres lycéens mais n'hésitent pas pour certains à aller au contact des policiers, ou à s'approvisionner dans les magasins au passage", précise-t-il. L'Inspection d'académie souligne elle aussi une évolution des actions lycéennes, "avec moins de blocages ou de barrages filtrants et plus de manifestations en villes, avec parfois la volonté d'en découdre avec l'autorité". La mobilisation lycéenne anti-CPE a touché mardi 25 des 64 lycées publics de Seine-Saint-Denis, dont huit ont été fermés par sécurité, qui font état de dégradations croissantes sur les voies publiques.

Lycée caillassé, établissements bloqués

A Drancy, des incidents ont de nouveau opposé jeunes et forces de l'ordre peu après 8 heures. Des CRS quadrillaient en fin de matinée les rues autour des lycées Paul-Le-Rolland et Eugène Delacroix devant lequel étaient rassemblées plusieurs centaines d'élèves, venus notamment de Bobigny. A La Courneuve, Le lycée Jacques Brel a de nouveau été caillassé, avant d'être fermé.  A Montreuil, en revanche, où les lycéens sont très mobilisés depuis quinze jours, des élèves de Jean-Jaurès et Condorcet ont procédé au "classique" blocage de leurs établissements et se sont réunis en assemblée générale avant de rejoindre la manifestation parisienne. Jet de pierres et insultes contre les policiers

Dans l'Essonne, à Savigny-sur-Orge, des incidents ont éclaté mardi en fin de matinée, opposant des manifestants et des policiers présents pour les encadrer. Selon la préfecture, 400 lycéens étaient réunis place Davout, devant le lycée Jean-Baptiste-Corot et une partie d'entre eux a jeté des pierres et proféré des insultes à l'encontre des policiers. Ces derniers ont répliqué en utilisant des bombes lacrymogènes à main. La préfecture évoques quelques lycéens souffrant d'hématomes.

Des manifestants interpellés puis libérés

Les gendarmes sont intervenus mardi matin sur la voie-express près de Brest pour mettre fin à une opération escargot d'une centaine d'étudiants qui voulaient se rendre à Quimper à vélo pour manifester contre le CPE. Une dizaine de manifestants interpellés au cours de l'opération ont été libérés en fin de matinée, selon les gendarmes. Un second groupe d'environ 150 étudiants a manifesté sur la zone portuaire, où il a tenté, sans succès, de bloquer un dépôt pétrolier. Ces actions étaient organisées principalement par les étudiants de la faculté des Lettres de Brest, bloquée depuis le 15 février, et par des étudiants de STAPS. Les manifestants anti-CPE ont fait part de leur intention de poursuivre leurs actions ponctuelles tout au long de la journée.

Image de la manifestation de mardi à Paris. LCI.

le 21 mars 2006 à 13:56
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11 Commentaires

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  • AH, le 21/03/2006 à 17h31

    Tous les pays développés tendent à flexibiliser l'emploi au nom de la quête de compétitivité. Socialement, les conséquences sont les mêmes partout : croissance des inégalités et de la pauvreté... le CPE, nouvelle forme d'emploi jetable, y participera aussi.

  • Djapp, le 21/03/2006 à 17h25

    Cela fait maintenant 10 ans que j enchaine cdd et missons d interims, que je remplace des personnes en fin de cdd; Pour a mon tour etre remplace.Les patrons change impunement les equipes comme bon leurs semble en fonctions des avantages financiers. Et maintenant le cpe,QUELLE HONTE!

  • Jeune, le 21/03/2006 à 17h15

    "Les jeunes"... Voila l'éxpression. Ca ne veut rien dire "les jeunes". Ce ne sont pas "les jeunes" qui en ce moment sont contre le CPE. C'est une partie de la population restreinte qui certe est jeune, mais tout les jeunes ne sont pas dans la rue en ce moment. L'amalgame devient blessant a force.

  • Vieuxcon, le 21/03/2006 à 17h14

    La volontè du gouvernement Villepin est bien de mettre en place la prècarisation du travail. C'est fait pour les jeunes. CNE et CPE, c'est en cours pour les médecins hospitaliers, les fonctionnaires y passe en fonction de la privatisation/absortion de leurs EPICS Tout celà résulte d'un accord décidè au moment du sommet des "supers dirigeants européens de St Nazaire". Depuis on a asistè à la remise en cause des 35 heures (commencé chez Volkswagen) la précarisation de l'emploi n'est qu'un volet de ce plan, destiné à niveler les bénéfices boursiers dans le monde. En fait nous assitons à la fin du capitalisme, dans le sens ou le capital était réinvesti dans l'outil de production et donnais une juste rénumèration du risque. A présent le capital est artificiel, ne repose plus sur l'assurance travail. Les soubressauts actuels, sont la fin d'un monde et le début d'une lutte pour soit restaurer un systéme de classe, mais mondial cette fois ci, soit instituer un régime qui tienne plus compte des citoyens. (ce ne sera pas dur, vu que dansd les conditions actuelles 8majorité absolue d'un parti godillot + vote bloqué par le 49.3 le citoyen Francais ne peut plus compter que sur la rue)

  • JEAN PAUL, le 21/03/2006 à 17h08

    Je suis totalement d'accord avec les mouvements sociaux actuels. Il devient nécessaire que les hommes politiques arrêtent de prendre leurs concitoyens pour des imbéciles. Ce CPE n'apporte rien de rassurant pour les générations à venir. L'argument comme quoi un chef d'entreprise n'embauche pas de jeunes car il ne sait pas comment "le marché" va évoluer est tout à fait ridicule. Que je sache lorsque une société sort un nouveau produit, elle n'a aucune idée de la manière dont les consommateurs vont réagir et cela est valable pour la PME comme pour la multinationale. L'entreprise reste et restera toujours un coup de poker quand à sa réussite ou son échec, c'est notre système qui veut cela. De plus il faudra que l'on m'explique ce qui empêche un chef d'entreprise de convertir un CDD en CDI si la personne employé lui convient. Les jeunes ont bien raison de réagir à ce qui ressemble fortement à un retour en arrière concernant les conditions de travail (dérèglementation du travail de nuit, apprentissage à partir de 14 ans....).

  • Edouard, le 21/03/2006 à 16h53

    Il faut supprimer le CDI, pas le CPE. 1- Personne ne vous licenciera si vous apportez satisfaction, et cela quelque soit votre contrat. 2- Plus c'est difficile pour un employeur de licencier, plus il prend son temps pour embaucher, et donc, plus c'est difficile pour vous de trouver un job. 3- La réciproque est vraie: plus c'est facile de licencier, plus l'employeur est incité à embaucher, et plus c'est facile pour vous de trouver un job. 4- Cette liquidité du marché de l'emploi fait que vous changez de job plus souvent, et que vous avez beaucoup plus de chance de tomber sur le job de vos rêves, dans lequel vous êtes le mieux. L'illiquidité du marché de l'emploi français fait que les gens s'accrochent désespérément au moindre CDI qu'ils ont, même s'il n'a rien de satisfaisant pour eux... Rien que pour ça, à mort le CDI.

  • ., le 21/03/2006 à 16h49

    Allez les jeunes vôtre avenir est aux études , pas dans la rue ! Vous n'aurez qu'a demander à vos futurs patrons qu'ils vous embauchent en CDI avec une période d'éssai ,ou vous inscrire dans une société d'intérim, refusez toutes les places avec le contrat CPE si celui ci ne vous convient pas . Le CPE dans le monde du travail , n'est qu'un contrat supplémentaire , l'avenir vous montrera que vous vous ètes inquiété à tort .

  • Vastre, le 21/03/2006 à 16h26

    A tout prendre, mieux vaut le chomage correctement indemnisé ou à la rigueur un CDD plutôt qu'un CDI !

  • G.r., le 21/03/2006 à 15h50

    Serrez-vous les coudes! vous en aurez besoin dans quelques années pour trouver du travail. Gardez vos forces pour ces jours-là, ce sera autre chose de galérer pour trouver de quoi manger, se loger, et vivre correctement. Si rien n'est fait, c'est la précarité qui vous guettera! Et pendant ces journées, ces mois d'angoisse que vous connaîtrez, vous vous direz: "ah,si j'avais regardé non pas demain, mais aprés-demain!!

  • Un etudiant associatif, le 21/03/2006 à 14h57

    Tous les etudiants ne sont pas contre le cpe ( ni pour ) , tous les etudiants ne manifestent pas , tous les etudiants ne cautionnent pas la recuperation politique qui est faite par les syndicats , tous les etudiants ne s'adonnent pas a des derives faciles et stupides . Certains etudiants sont plus interessés par les elections crouss , ou encore , mais ceci a l'air d'etre mis sur un second plan en ce moment , les etudiants souhaitent étudier tout simplement . Merci donc de ne pas donner plus de credit a une minorité qui parasite les medias .

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