
Des milliers d'étudiants et de lycéens ont de nouveau défilé mardi dans les rues de Paris pour exiger le retrait pur et simple du CPE. Le défilé, à l'appel de la Coordination nationale étudiante, s'est ébranlé vers 14h30 de la Place Saint-Jacques et devait se rendre non loin du Jardin du Luxembourg. En marge du cortège, une cinquantaine de voitures ont été endommagées rue Gay-Lussac à Paris (Ve) par un groupe d'une centaine de casseurs. Des vols de portables ont par ailleurs été commis sur des manifestants.
En banlieue, la mobilisation a été forte mardi. "Nous avons franchi aujourd'hui un stade", a fait remarquer un policier qui estime que 1.500 lycéens issus de 25 établissements étaient dans la rue en Seine-Saint-Denis. "Des jeunes sillonnent les rues par groupes pour aller débaucher d'autres lycéens mais n'hésitent pas pour certains à aller au contact des policiers, ou à s'approvisionner dans les magasins au passage", précise-t-il. L'Inspection d'académie souligne elle aussi une évolution des actions lycéennes, "avec moins de blocages ou de barrages filtrants et plus de manifestations en villes, avec parfois la volonté d'en découdre avec l'autorité". La mobilisation lycéenne anti-CPE a touché mardi 25 des 64 lycées publics de Seine-Saint-Denis, dont huit ont été fermés par sécurité, qui font état de dégradations croissantes sur les voies publiques.
Lycée caillassé, établissements bloqués
A Drancy, des incidents ont de nouveau opposé jeunes et forces de l'ordre peu après 8 heures. Des CRS quadrillaient en fin de matinée les rues autour des lycées Paul-Le-Rolland et Eugène Delacroix devant lequel étaient rassemblées plusieurs centaines d'élèves, venus notamment de Bobigny. A La Courneuve, Le lycée Jacques Brel a de nouveau été caillassé, avant d'être fermé. A Montreuil, en revanche, où les lycéens sont très mobilisés depuis quinze jours, des élèves de Jean-Jaurès et Condorcet ont procédé au "classique" blocage de leurs établissements et se sont réunis en assemblée générale avant de rejoindre la manifestation parisienne. Jet de pierres et insultes contre les policiers
Dans l'Essonne, à Savigny-sur-Orge, des incidents ont éclaté mardi en fin de matinée, opposant des manifestants et des policiers présents pour les encadrer. Selon la préfecture, 400 lycéens étaient réunis place Davout, devant le lycée Jean-Baptiste-Corot et une partie d'entre eux a jeté des pierres et proféré des insultes à l'encontre des policiers. Ces derniers ont répliqué en utilisant des bombes lacrymogènes à main. La préfecture évoques quelques lycéens souffrant d'hématomes.
Des manifestants interpellés puis libérés
Les gendarmes sont intervenus mardi matin sur la voie-express près de Brest pour mettre fin à une opération escargot d'une centaine d'étudiants qui voulaient se rendre à Quimper à vélo pour manifester contre le CPE. Une dizaine de manifestants interpellés au cours de l'opération ont été libérés en fin de matinée, selon les gendarmes. Un second groupe d'environ 150 étudiants a manifesté sur la zone portuaire, où il a tenté, sans succès, de bloquer un dépôt pétrolier. Ces actions étaient organisées principalement par les étudiants de la faculté des Lettres de Brest, bloquée depuis le 15 février, et par des étudiants de STAPS. Les manifestants anti-CPE ont fait part de leur intention de poursuivre leurs actions ponctuelles tout au long de la journée.
Image de la manifestation de mardi à Paris. LCI.
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