
Laurent Fabius, en campagne pour l'investiture présidentielle du PS, s'est ancré fortement à gauche dimanche à Créteil en dénonçant la "précarité" qui touche nombre de Français et en insistant sur l'absolue nécessité de la "solidarité". S'adressant pendant plus de trois-quarts d'heure à un millier de personnes enthousiastes, réunies à Créteil pour une journée d'action de son courant "Rassembler à gauche", il a redemandé le retrait du CPE, "qui veut institutionnaliser la précarité". Décidés à se donner du coeur à l'ouvrage suite à des sondages peu favorables, les militants n'avaient pas fait faux bond. "Nous n'avons jamais été aussi nombreux", s'est réjoui le député Claude Bartolone, bras droit de l'ex-Premier ministre. "C'est un signal qui sera perçu au-delà de nos rangs", a-t-il assuré.
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Des socialistes d'autres sensibilités étaient présents: Benoît Hamon (NPS) ou Pierre Moscovici (strauss-kahnien). Pierre Joxe, membre du conseil constitutionnel, mitterrandiste historique, était au premier rang. Sans qu'il soit pour autant question de ralliement. Le reste de la gauche de gouvernement était aussi représentée : Jean-Pierre Chevènement (MRC), une première depuis la rupture avec Lionel Jospin, Francis Wurtz (PCF), Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG), Jean Desessard (Verts), lui-même candidat à l'investiture présidentielle de son parti.
Nicolas Sarkozy et ses idées "archaïques" et "dangereuses"
Dans son discours de clôture, Laurent Fabius, outre le CPE, a dénoncé d'autres formes de "précarité" : familles qui ne parviennent pas à se loger "décemment", retraités modestes, habitants des quartiers sensibles, agriculteurs, artisans, commerçants. "La précarité n'est plus aux marges du système, elle est en son coeur. Si la gauche ne dénonce pas cette réalité, si elle ne la change pas, qui le fera ? L'enjeu principal est là : ou bien avec la droite une France précaire et sans repères, ou bien avec la gauche le projet d'une France solide et solidaire, solide parce que solidaire".
S'en prenant à de nombreuses reprises à Nicolas Sarkozy, il a qualifié ses idées d'"archaïques" et "dangereuses". "Ceux qui réclament une révolution thatchérienne pour la France, qui veulent réduire le périmètre de l'intervention publique, réduire l'approche solidaire, réduire le social, ceux-là qui se disent modernes ont en réalité vingt ans de retard". La gauche revenue au pouvoir devra "abroger les mesures les plus injustes de la droite", a-t-il ajouté.
Evoquant la patrie "en danger", il a énoncé diverses "urgences" portant sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les retraites, le logement, l'école, la culture, la recherche, le "vivre ensemble" et la relance de la construction européenne. Dans ses propositions, il a parlé d'"emplois-sécurité-formation pour les jeunes sans qualification", de relèvement du smic, de retraite "décente", de la construction annuelle de 120.000 logements sociaux, du droit d'accès aux meilleures filières dans chaque lycée, du refus du communautarisme, du "fichage ethnique de la population". Il a souligné la nécessité, dans les six mois après les élections, d'instaurer "un vrai régime parlementaire", avec "une dose de scrutin proportionnel". Laurent Fabius a demandé à cet égard au PS d'avoir un projet "clairement de gauche" et "une stratégie de rassemblement à gauche".
Photo d'ouverture : Laurent Fabius à la tribune, dimanche - DR
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