flash airlines charm el-cheikh boite noire crash Egypte LCI/TF1 © LCI/TF1Problème technique pour l'un ; défaillance technique pour l'autre. Egyptiens et Français ont divergé samedi sur les possibles causes du crash en mer Rouge du Boeing 737 de la compagnie égyptienne Flash Airlines qui a provoqué le 3 janvier 2004 la mort de 148 personnes, dont 134 Français.
Présentant le rapport final sur ce crash au large de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le chef des enquêteurs égyptiens, Chaker Qelada, a considéré qu'aucune "cause unique" ne pouvait être retenue, évoquant une combinaison de facteurs.
Equipage distrait
Il a d'abord mis en avant un dysfonctionnement du pilote automatique et d'autres hypothèses de panne technique, avant que le commandant de bord, un ancien de l'armée de l'air égyptienne, soit apparemment victime d'une "désorientation spatiale". M. Qelada a estimé que l'équipage avait tout fait, mais sans succès, pour redresser ce Boeing qui virait à droite très vite après le décollage, quand il était censé basculer sur l'aile gauche.
Il a évoqué un "événement" ayant distrait l'équipage, mais sans en préciser la nature, qui aurait eu lieu entre le moment où le commandant a demandé l'activation du pilotage automatique et celui où le copilote a remarqué que l'avion allait à droite. Quatre hypothèses de pannes techniques, selon lui non décelables dans le cockpit, ont été simulées pour expliquer ce virage non prévu, mais aucune ne se serait révélée concluante.
Il a formellement exclu "une intervention extérieure", tel un sabotage, comme origine du drame qui avait suscité une grande émotion en France et relancé le débat sur la fiabilité des compagnies aériennes à bas coût.
16 dépouilles rapatriées lundi
Le chef des enquêteurs français, Paul-Louis Arslanian a lui mis en cause le pilote, considérant que c'est parce qu'il avait été saisi par ce tournis que l'avion s'était finalement abîmé en mer, trois minutes après le décollage. Il a estimé que "l'avion restait 'pilotable' tout le temps et nous considérons que c'est un phénomène de désorientation spatiale du commandant qui a amené l'avion à partir vers la droite".
Réagissant sur place, Marc Chernet, le président de l'association de défense des familles de victimes a néanmoins affiché sa satisfaction des conclusions "même si elles ne sont pas franches sur une cause précise de l'accident". Pour lui, la thèse de l'erreur humaine n'est pas valable.
Par ailleurs, 16 dépouilles identifiées de Français morts dans la catastrophe seront rapatriés lundi alors que les cercueils de 67 victimes avaient déjà été acheminées en France en octobre 2005 après une longue procédure. Certaines familles de victimes n'ont pas souhaité le rapatriement des restes de leurs proches, optant pour leur inhumation en Egypte sur le site du mémorial à Charm el-Cheikh. (D'après AFP)
Perben regrette l'absence de "vision commune" |
Le ministre des Transports Dominique Perben a regretté samedi à Lyon l'absence de "vision commune" entre les rapports égyptien et français. Reconnaissant "une différence d'appréciation entre les deux rapports", le ministre, dont les services recevaient samedi les familles des victimes, a demandé que les résultats de l'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile française soient transmis "à la fois à la justice égyptienne et à la justice française". |
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