Flash airlines : divergences sur la cause du crash

le 25 mars 2006 à 09h11 , mis à jour le 25 mars 2006 à 22h14

Dans son rapport, l'Egypte a conclu à une défaillance technique pour expliquer le crash du Boeing 737, près de Charm el-Cheikh, en janvier 2004. Le chef des enquêteurs français met lui en cause le pilote. L'accident avait coûté la vie à 148 personnes, dont 134 Français.

flash airlines charm el-cheikh boite noire crash Egypte LCI/TF1flash airlines charm el-cheikh boite noire crash Egypte LCI/TF1 © LCI/TF1

Problème technique pour l'un ; défaillance technique pour l'autre. Egyptiens et Français ont divergé samedi sur les possibles causes du crash en mer Rouge du Boeing 737 de la compagnie égyptienne Flash Airlines qui a provoqué le 3 janvier 2004 la mort de 148 personnes, dont 134 Français.

Présentant le rapport final sur ce crash au large de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, le chef des enquêteurs égyptiens, Chaker Qelada, a considéré qu'aucune "cause unique" ne pouvait être retenue, évoquant une combinaison de facteurs.

Equipage distrait

Il a d'abord mis en avant un dysfonctionnement du pilote automatique et d'autres hypothèses de panne technique, avant que le commandant de bord, un ancien de l'armée de l'air égyptienne, soit apparemment victime d'une "désorientation spatiale". M. Qelada a estimé que l'équipage avait tout fait, mais sans succès, pour redresser ce Boeing qui virait à droite très vite après le décollage, quand il était censé basculer sur l'aile gauche.

Il a évoqué un "événement" ayant distrait l'équipage, mais sans en préciser la nature, qui aurait eu lieu entre le moment où le commandant a demandé l'activation du pilotage automatique et celui où le copilote a remarqué que l'avion allait à droite. Quatre hypothèses de pannes techniques, selon lui non décelables dans le cockpit, ont été simulées pour expliquer ce virage non prévu, mais aucune ne se serait révélée concluante.

Il a formellement exclu "une intervention extérieure", tel un sabotage, comme origine du drame qui avait suscité une grande émotion en France et relancé le débat sur la fiabilité des compagnies aériennes à bas coût.

16 dépouilles rapatriées lundi

Le chef des enquêteurs français, Paul-Louis Arslanian a lui mis en cause le pilote, considérant que c'est parce qu'il avait été saisi par ce tournis que l'avion s'était finalement abîmé en mer, trois minutes après le décollage. Il a estimé que "l'avion restait 'pilotable' tout le temps et nous considérons que c'est un phénomène de désorientation spatiale du commandant qui a amené l'avion à partir vers la droite".

Réagissant sur place, Marc Chernet, le président de l'association de défense des familles de victimes a néanmoins affiché sa satisfaction des conclusions "même si elles ne sont pas franches sur une cause précise de l'accident". Pour lui, la thèse de l'erreur humaine n'est pas valable.

Par ailleurs, 16 dépouilles identifiées de Français morts dans la catastrophe seront rapatriés lundi alors que les cercueils de 67 victimes avaient déjà été acheminées en France en octobre 2005 après une longue procédure. Certaines familles de victimes n'ont pas souhaité le rapatriement des restes de leurs proches, optant pour leur inhumation en Egypte sur le site du mémorial à Charm el-Cheikh. (D'après AFP)


Perben regrette l'absence de "vision commune"

Le ministre des Transports Dominique Perben a regretté samedi à Lyon l'absence de "vision commune" entre les rapports égyptien et français. Reconnaissant "une différence d'appréciation entre les deux rapports", le ministre, dont les services recevaient samedi les familles des victimes, a demandé que les résultats de l'enquête du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'aviation civile française soient transmis "à la fois à la justice égyptienne et à la justice française".

le 25 mars 2006 à 09:11
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Phil, le 26/03/2006 à 03h58

    Desorientation spatiale d'un des pilotes apres decollage alors que ses yeux sont rives sur l'horizon artificiel. Cela me parait un peu gros...De plus le 2nd pilote suis aussi la trajectoire de decollage et doit intervenir si la securite est en danger. C'est son boulot. Si un des pilotes ne va pas bien, l'autre prend le relais. Dans l'aviation militaire et civile, on simule tellement de problemes de desorientation avec comme seul unique reflexe de regarder son horizon artificiel qu'il me parait difficile a pilote experimente de tomber dans le piege d'un novice et de se tuer a cause de cela.

  • Kevin, le 25/03/2006 à 14h51

    En tant que pilote privé très modeste j’abonde entièrement dans le sens de Jean-Luc, Paris. Les Egyptiens ont eu l’occasion de démontrer dans le passé toute l’étendue de leur légèreté et de leur quasi mauvaise foi dans le domaine des enquêtes d’accidents aériens. Je pense en particulier à l’accident du B-767 d’Egyptair le 31 octobre 1999 qui coûta la vie à 217 personnes et qui fût causé délibérément par le copilote voulant se suicider. Les Egyptiens initialement responsables de l’enquête l’avaient rapidement déléguée au bureau américain NTSB pour ensuite vivement en rejeter les évidentes conclusions en invoquant toutes sortes de théories abracadabrantes quant à d’éventuelles défaillances de l’empennage du Boeing. Toutes ces théories fumeuses furent ensuite patiemment vérifiées par le NTSB et clairement discréditées. Néanmoins, à ce jour les Egyptiens n’ont toujours pas reconnu et accepté les conclusions de l’enquête, du moins à ma connaissance.

  • Jean-Luc, le 25/03/2006 à 12h49

    Les conclusions de la commission d'enquête égiptienne sont révélatrices du tristement évident parti pris qui a conduit à leur rédaction. Et puis affirmer que cet accident n'était pas du à une cause unique est une évidence tellemente banale que rien que l'évoquer, me rend perplexe sur la qualité de la commission en charge de cette catastrophe. Il a été clairement établi que le CdB était largement incompétent sur avion civil et plus encore sur le modèle concerné, de plus son statut personnel de "héros" rendait impossible la moindre discussion ou simplement la moindre remise en cause de ses décisions dans le cockpit. D'autres incidents et accidents se sont produits par le passé dans le monde à cause des "ego" démesurés de certains pilotes au point de pousser les compagnies sérieuse (Flash l'est-elle) à étudier et gérer les relations humaines au sein des cockpits avec le soin et l'attention requis. Je suis triste pour les familles des disparus; quand ce n'est pas un pays qui défend son industrie florissante(mont sainte Odile) ou bien une compagnie / fabricant qui cache ses défaillances, c'est une nation qui se réfugie derrière sa supériorité, ses certitudes et sa soif d'attirer les touristes à tout prix. Je suis un tout petit pilote privé et je ne suis pas fier de ces conclusions en guise de piez de nez macabre à l'une des plus belles choses qui soient : voler

  • Michel, le 25/03/2006 à 12h22

    J'ai travaillé dans une compagnie aérienne durant quelques années, et je puis vous dire à tous, qu'en cas de crash comme celui-ci et de bien d'autres, vous ne connaîtrez JAMAIS les causes réelles de l'accident, cela suite à un accord international entre les cies aériennes et les états concernés.C'est de l'information par la désinformation.

Lire tous les commentaires

      logAudience