La fronde anti-CPE continue... sans la Sorbonne

le 11 mars 2006 à 07h16 , mis à jour le 12 mars 2006 à 19h35

En visite samedi à la Sorbonne, quelques heures après l'évacuation par la police des étudiants qui l'occupaient, Gilles de Robien a lancé un appel aux "anti-CPE". A Toulouse, Rennes, Tours, Nantes, Le Havre, Rouen. Grenoble... le mouvement de contestation continue. La coordination nationale des étudiants a décidé d'organiser une journée d'action nationale mardi 14.

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L'évacuation de quelques centaines d'étudiants qui occupaient la Sorbonne, symbole de l'université française et de Mai 68, n'a apparemment pas entamé la détermination des jeunes anti-CPE qui ont poursuivi dans le calme les occupations et blocages d'autres facs malgré le week-end. La coordination nationale des étudiants, réunie samedi soir à Poitiers, a décidé d'organiser une journée d'actions au niveau national mardi 14, avant les journées de manifestation des jeudi 16 et samedi 18. "Nous allons continuer à nous mobiliser", a indiqué Nadjet Boubekeur, attachée de presse de l'Unef, ajoutant que "si la loi sur le CPE n'est pas retirée le 18 au soir, la coordination nationale a déjà décidé d'organiser une journée de manifestation nationale le jeudi 23 mars".

"Agitation stérile"

En visite à la Sorbonne, évacuée par les forces de l'ordre, le ministre de l'Education nationale a affiché samedi en début d'après-midi sa fermeté en assurant que "celles et ceux qui ont appelé au mouvement" seront tenus pour "responsables en cas de nouveaux dérapages". Il a par ailleurs enjoint les étudiants non grévistes à "convaincre les casseurs de cesser cette agitation complètement stérile qui peut dégénérer en drame", les encourageant à "sauver" leur année universitaire.

Gilles de Robien a longuement parcouru, couvertures d'ouvrages anciens déchirés par les occupants nocturnes entre les mains, la cour d'honneur et les couloirs de la Sorbonne, s'attardant dans des bureaux d'enseignants et des salles de classe encombrés de tables et chaises empilées façon barricades, de papiers, d'extincteurs et de portes dégondées. Selon Nicolas Boudot, directeur adjoint de cabinet du recteur de Paris et chancelier des universités, Maurice Quenet, le coût et la durée du nettoyage n'ont pas encore été évalués. On ne prend "pas le chemin d'une réouverture de la Sorbonne lundi", a-t-il ajouté.

"C'est inadmissible d'avoir sorti les étudiants de la Sorbonne"

L'Unef a de son côté vivement condamné l'évacuation de la Sorbonne, où quelque 300 jeunes étaient entrés par effraction vendredi. "C'est inadmissible d'avoir sorti les étudiants de la Sorbonne : pour ramener l'ordre, il faudrait qu'il y ait désordre", a déclaré Bruno Julliard, son président, ajoutant que l'usage de la force était "illégitime et scandaleux". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a renchéri, estimant que "la consigne donnée aux forces de l'ordre d'évacuer la Sorbonne confirme l'incapacité du gouvernement à entendre la jeunesse de notre pays". Samedi toute la journée, une trentaine de personnes ont stationné place de la Sorbonne, entourés par des cordons de CRS et gendarmes mobiles.

Ce coup d'éclat dans un lieu mythique de la mobilisation étudiante, qui n'avait pas été occupé depuis Mai 68, n'a pas empêché les autres universités en grève d'organiser blocages et occupations, dans le calme et l'attente de nouvelles assemblées générales lundi. A Toulouse II-Le Mirail, des accès étaient toujours bloqués et l'université était occupée par quelques dizaines d'étudiants. Le président de cette université, Rémy Pech, a condamné samedi les "violences policières" à la Sorbonne et dit sa solidarité avec François Resche, président de l'université de Nantes qui a demandé vendredi au Premier ministre de suspendre le CPE. Ils ont été rejoints par Olivier Audéoud, président de Paris X-Nanterre, qui a également demandé samedi la suspension du CPE car "les tensions sont extrêmement vives entre étudiants pro et anti blocage".

A Caen, des bâtiments sont occupés jusqu'à lundi, tout comme Rennes I et II, l'IUT de Lannion (Côte d'Armor), le site des Tanneurs de l'université de Tours, l'IUT de cette ville, la fac de Brest, des bâtiments de Nantes, l'université du Havre et, partiellement, Rouen. Grenoble II et III étaient toujours bloquées, de même que certains accès de Grenoble I. A Dijon, le blocus se poursuit. A La Rochelle, une dizaine d'étudiants ont passé la nuit de vendredi à samedi à la présidence de l'Université qui avait refusé de prendre position sur le CPE. Le pôle droit de Lille II et la fac de Lille III étaient toujours occupés par quelques étudiants, comme dans le sud où des étudiants occupent par roulement Montpellier III et Montpellier II.

L'UNL et la Fidl appellent les lycéens à se mobiliser

L'Union nationale lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl) ont appelé dimanche, dans des communiqués séparés, les lycéens à organiser des assemblées générales la semaine prochaine et à se mobiliser massivement contre le CPE. L'UNL a appelé "tous les lycéens de France à réunir les conditions d'une généralisation du mouvement anti-CPE dans les lycées", en "votant en assemblée générale la grève". De son côté, la Fidl a appelé "tous les lycéens à réunir des assemblées générales dans leurs lycées" afin de préparer la manifestation du jeudi 16 mars, organisée par le collectif d'organisations de jeunesse Stop-CPE.

Photo d'ouverture : Gilles de Robien lançant, depuis la Sorbonne évacuée, un appel aux "anti-CPE" - DR
le 11 mars 2006 à 07:16
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7 Commentaires

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  • Gui, le 11/03/2006 à 12h42

    C'est vraiment du n'importe quoi. Les etudiants pensent qu avec les violences, ils vont tout arranger. Il faut arreter de se voiler la face. Il est difficile d'obtenir un CDI en tant que jeune diplomé. Actuellement, les CDD et l'interim sont des contrats de précarités egalement tres prisés par les entreprises. Est ce pour cette raison que tout le monde est dans la rue. Que les étudiants arrêtent de râler et qu'ils se mettent à étudier, c'est certainement mieux pour leur futur.....

  • Desbordes, le 11/03/2006 à 12h00

    Tout ceci est rondement mené par les syndicats pour mettre à genou le Gouvernement. La plupart des étudiants ne sont pas concernés par ces nouveaux contrats. Il faut faire des réformes, mais ça ne plaît pas à tous. Faire embaucher des jeunes, les faire travailler, c'est toujours mieux que de les laisser à la rue et les laisser mettre le feu au bien d'autrui.

  • Max, le 11/03/2006 à 11h00

    Quelle honte ! voila la seul réponse d'un gouvernement aux inquietudes des etudiants et jeunes : les CRS

  • Marie Preud'homme, le 11/03/2006 à 10h57

    Maintenant qu'ils ont eu leur mini mai 68, il serait peut-être temps que ces jeunes utopistes se remettent aux études et pour certains au travail tout simplement, avec ou sans CPE. Quant aux intermittents du spectacle, que faisaient-ils d'autre à la Sorbonne que de "jouer le rôle d'agitateur provocateur"... A la solde de quel contre pouvoir ? On attendait d'eux plus de sérieux et de raison eu égard à leurs propres revendications et ce comportement irresponsable ne peut que les discréditer aux yeux de l'opinion.

  • GG, le 11/03/2006 à 10h49

    Toujours la meme chose, les pouvoirs qui refusent le dialogue et la négociation emploi la force et tente de discrediter les contestataires.

  • Maman d'étudiante, le 11/03/2006 à 09h00

    Normal!! Je ne reproche pas aux étudiants de défendre leur avenir, bien au contraire et je suis de tout coeur avec eux. Ce que je leur reproche c'est d'empêcher ceux qui veulent assister au cours de le faire. Ce n'est pas très démocratique de leur part. De plus, les partielles approchent...Quoiqu'il en soit je leur dit COURAGE, continuer à vous battre, votre avenir est en jeu.

  • Dommage mais, le 11/03/2006 à 08h38

    C'est dommage d'en arriver là mais c'était couru d'avance. Franchement quel intérêt d'occuper une université et de détruire un MCdo pour faire retirer un projet de loi. Les gens devraient apprendre à faire la différence entre manifester contre le Gouvernement et pénaliser les autre citoyens...

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