Gauche et syndicats menacent

le 30 mars 2006 à 19h45 , mis à jour le 31 mars 2006 à 11h47

Réagissant aussitôt après la décision du Conseil constitutionnel, le PS a mis en garde Jacques Chirac contre une promulgation immédiate de la loi instituant le CPE. Pour les syndicats, une telle décision ne ferait qu'envenimer la crise.

tf1.fr, lci.fr... comme ici à Rennes, où 30.000 à 50.000 personnes ont envahi les rues pour protester contre le CPE.

RÉACTIONS POLITIQUES :

A GAUCHE :

François Hollande, Premier secrétaire du PS : 
François Hollande a mis en garde vendredi Jacques Chirac contre une promulgation de la loi instaurant le CPE, en affirmant que cette décision ouvrirait "une crise majeure". "Le problème n'est plus juridique, le problème est politique", a dit François Hollande sur RTL, en "prenant acte" de la validation par le Conseil constitutionnel du dispositif instituant le contrat première embauche. Le numéro un du PS a indiqué que désormais Jacques Chirac, qui doit intervenir vendredi à 20H00, a une "responsabilité majeure".

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale : 
"Nous prenons acte de la décision du Conseil constitutionnel. Sa mission est de dire le droit, non de trancher une crise sociale et politique. Celle-ci relève de la seule responsabilité du chef de l'Etat et du gouvernement. C'est à eux d'en trouver la seule issue. Une promulgation immédiate serait une nouvelle provocation et enfoncerait le pays dans le blocage. Elle confirmerait la volonté de l'exécutif d'ignorer l'opposition massive des Français et de leur imposer la précarité par la contrainte. Proposer un "Grenelle social" apparaîtrait comme une humiliation pour les Français et leurs organisations syndicales. Que pourrait-on négocier quand tout ce qu'ils rejettent a été décidé, voté, promulgué en dehors d'eux ?"

Julien Dray, porte-parole du PS :
"Si, comme on semble l'évoquer, le président de la République promulguait la loi et appelait à l'ouverture d'une grande négociation sociale, cela voudrait dire qu'il serait dans la manoeuvre: tout le monde comprendrait qu'il a imposé (le CPE) et que le dialogue serait pour amuser la galerie".

Daniel Vaillant, député de Paris et secrétaire national du PS :
Intervenant sur LCI quelques minutes avant l'annonce de la décision du Conseil constitutionnel, il a estimé que "si le président de la République promulgue rapidement" la loi égalité des chances, cela signifie qu'"il refuse la discussion, et c'est une vraie crise de confiance qui s'instaure".

Parti communiste :
"Le Parti communiste français appelle le Président de la République à mesurer sa responsabilité. La promulgation du CPE serait légitimement ressentie comme une provocation et enfermerait le pays dans une crise dangereuse".

Roger-Gérard Schwartzenberg, député PRG (à l'origine du recours contre le CPE) :
"Ce texte ne pourra jamais être appliqué", n'étant pas conforme aux engagements internationaux souscrits par la France. "Il est plus que probable que la Cour de cassation, le Conseil d'Etat et la CJCE (cour de justice des communautés européennes) déclarent la loi sur le CPE contraire à la Convention 158 de l'OIT (Organisation internationale du travail), à la Charte sociale européenne ou à la directive européenne de 2000", qui "toutes excluent un licenciement sans motif intervenant pendant une période d'essai dont la durée ne serait pas raisonnable".

A L'UDF :

Maurice Leroy (député UDF du Loir-et-Cher) :
"Le chef de l'Etat devrait prendre le temps de la réflexion et le temps de la promulgation. Il devrait prendre le temps de concerter les forces politiques et démocratiques représentées à l'Assemblée nationale. Il ne peut pas y avoir de +Grenelle social+, sans avoir un pouvoir de réelle négociation".

"Le chef de l'Etat devrait prendre le temps de la réflexion et le temps de la promulgation. Il devrait prendre le temps de concerter les forces politiques et démocratiques représentées à l'Assemblée nationale. Il ne peut pas y avoir de +Grenelle social+, sans avoir un pouvoir de réelle négociation".

François Sauvadet, porte-parole de l'UDF :
Si le président de la République "devait promulguer la loi, dans le contexte actuel, à l'évidence le pays entrerait dans une phase encore plus dure de l'épreuve de force dont personne ne sait qu'elle pourrait en être l'issue".

A L'UMP :

Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale :
"Je ne commente jamais les décisions des judiridictions, cependant j'observe que les arguments avancés par le groupe socialiste à l'Assemblée contre la loi Egalité des chances étaient infondés, comme étaient tout aussi infondés ceux que les députés socialistes avaient défendu durant 45 heures de débats à l'Assemblée sur ce texte".

Claude Goasguen (député UMP de Paris) :
"Je ne voyais pas par quel biais le Conseil constitutionnel aurait pu faire des réserves. J'espère que le président de la République, s'il promulgue la loi, en profitera immédiatement pour lancer l'ouverture d'une vraie négociation avec les partenaires sociaux sur les problèmes de la précarité en général, du marché du travail, de la flexibilité et de la sécurité. Nous aurons donc ainsi le respect de la loi, ce qui est essentiel, mais en même temps une politique qui montrera que nous avons entendu le message des partenaires sociaux".

Eric Woerth, UMP, proche de Nicolas Sarkozy :
"Il faut appeler à la négociation et trouver les moyens de se reparler. J'imagine que le président de la République trouvera les mots pour chacun puisse s'asseoir autour d'une table".


La bataille du cpe
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RÉACTIONS SYNDICALES :

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT : 
Intervenant jeudi soir sur France Info peu avant l'annonce de la décision du Conseil constitutionnel, il a récusé par avance l'hypothèse d'une promulgation de la loi Egalité des chances comme préalable à un "Grenelle social". Tout en réclamant de nouveau le retrait du CPE, il a expliqué : "c'est ce qu'on refuse depuis un mois au Premier ministre". A nouveau interrogé, après la décision des Sages, sur France 2, il a appelé le président Chirac à "prendre ses responsabilités" et à demander une seconde lecture au Parlement de la loi instaurant le CPE, afin de "le retirer et d'ouvrir des négociations".

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : 
Pour lui, Jacques Chirac, s'il venait à promulguer la loi instituant le CPE approuvée par "seulement 6% de Français", "plomberait toute possibilité de discussion" et ne ferait qu'"envenimer la crise".

Force Ouvrière : 
FO a estimé jeudi soir "que tout maintien du CPE relèverait du passage en force" et qu'il "appartient maintenant au président de la République de prendre ses responsabilités en toute connaissance de cause".

Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa : 
"Je crains qu'une promulgation rapide de la loi ne radicalise le mouvement, qui est déjà en train d'échapper à tout le monde. Cela va jeter de l'huile sur le feu. L'opinion est chauffée à blanc". 

Jean-Michel Nathanson, secrétaire national de l'union syndicale Solidaires :
Il a estimé que "la mobilisation" et la "colère" vont "monter de plus en plus fort" après la validation du CPE par le Conseil constitutionnel, qui pourrait ouvrir la voie à la promulgation de la loi. Quant à réunir les partenaires sociaux pour une négociation, comme l'intention en est prêtée à Jacques Chirac, "après avoir promulgué une loi qui est tout le contraire du dialogue social, qui est rejetée par une très large majorité de la population, c'est se moquer du monde".

 Tristan Rouquier, président de la FIDL : 
"On a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel mais on condamne le fait que Jacques Chirac, dès demain, promulguerait la loi pour tenter à nouveau de passer en force face à la jeunesse". Jacques Chirac "refuse d'entendre les demandes de la jeunesse sur le retrait pur et simple du CPE. Il est temps que Chirac et le gouvernement nous écoutent".

Bruno Julliard, président de l'Unef : 
"Ni déçu ni surpris" de la validation du CPE, il a affirmé qu'il en "appelait à la responsabilité du président de la République car la balle est dans son camp : c'est à lui de promulguer la loi, c'est de sa responsabilité d'entendre les attentes d'une très large majorité de la population et d'imposer au gouvernement le retrait".


RÉACTIONS PATRONALES :

Jean-François Roubaud, président de la CGPME : 
Il souhaite qu'un dialogue entre tous les partenaires sociaux s'engage "le plus rapidement possible". Tout en espérant que la loi "soit promulguée dans l'intérêt des entreprises" par le président de la République, il estime qu'on "peut dialoguer en même temps ou un peu avant". "Je crois que l'ensemble des partenaires sociaux ont intérêt à se parler, à échanger, pour essayer d'éviter ce genre de situation".

Photo : image d'une manifestation contre le CPE - archives

le 30 mars 2006 à 19:45
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46 Commentaires

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  • Sophie, le 31/03/2006 à 10h51

    Personne ne manifestait quand le contrat emploi jeune est passé et c'était pire (pas de chomage pas de retraite payé au lance pierre) La gauche et les syndicat se plaignent mais ils ont refusés de dialogué depuis deux mois. On t'il des propositions pour l'emploi des jeunes??? Non évidement

  • Bob, le 31/03/2006 à 10h40

    La gauche menace ? Mais pourquoi diable, au lieu de jouer la carte de l'affrontement, les ténors de gauche ne prennent-ils pas l'engagement solennel de supprimer le CPE dès leur élection aux présidentielles, qui ont lieu dans à peine 12 mois ? A moins que finalement ça ne les arrange que ce texte soit adopté, "malgré eux" ? Et je ne suis pas UMP !

  • Joe, le 31/03/2006 à 10h35

    Tout ce que peux faire la gauche, c'est menacer!!Qu'aurait fait la gauche pour l'emploi?? rien ,comme d'ab! Les lyceens n'ont rien a faire ds les rues...et bientot les primaires manifesreront eux aussi avec les maternelles!! Comme d'ab c'est nimporte quoi en France

  • David C., le 31/03/2006 à 10h34

    Ils ont raison de manacé face à un gouvernement otiste et je pense que cela risque de faire un 68 fort personne ne le souhaite mais c en voie et puis ce CPE qu'il arrete ca engage quoi c tt benef pour le patronat donc sa suffit

  • ., le 31/03/2006 à 10h04

    Force Ouvrière : FO a estimé jeudi soir "que tout maintien du CPE relèverait du passage en force" et qu'il "appartient maintenant au président de la République de prendre ses responsabilités en toute connaissance de cause"...... du passage en force ??? elle est bien bonne celle là ! Celà semble valable aussi pour l'action des syndicats et de la gauche qui demandent un retrait sans condition !! Sont ils plus nombreux à vouloir le retrait ? On nous annonce des sondages qu'est ce qui nous dit qu'ils sont justes , et même si celà était , partant de ce principe là , il n'y a plus besoin de gouvernement, que ce soit de droite ou de gauche , c'est la rue qui décide , et bien allons-y , ça ne va pas ètre triste !!

  • DUHAMEL, le 31/03/2006 à 10h04

    Nous assistons actuellement à un dialogue de sourds dont aucun des deux camps antagonistes ne mesure les dangers réels, ni les conséquences néfastes de son acharnement. Cette crise, nous aurions pu nous l'épargner, quand nous savons que la vraie crise, l'économique, se trouve encore devant nous. Que nous le voulions ou non, le microcosme de notre petit pays toujours enfermé dans ses traditions syndicales est dépassé par les réalités mondiales auquelles nous devons faire face. Pourquoi cet acharnement ? Pourquoi demander autant de protections sociales, quand on sait que du travail, il n'y en a pas. N'est-ce pas un faux problème ? D'un côté il y a l'aspect légitime de la Loi votée par l'Assemblée Nationale, confirmé par le Conseil Constitutionnel, d'un autre côté il y a la légitimité de la majorité parlementaire de moins en moins représentative du peuple français. Cette dernière avait été élue dans le contexte tout-à-fait particulier d'une alliance contre nature, contre Le Pen. Si de nouvelles mesures peuvent être justifiées, il y a aussi l'art et la manière de les faire passer. Ce n'est certes pas par un passage en force et par la manière d'un pouvoir fort, méprisant les susceptibilités et la dignité de ceux qui se trouvent vraiment dans la précarité, tout en prétendant affirmer vouloir le dialogue, que l'on maîtrise la situation. Mais n'est-ce pas plutôt les Institutions de la Cinquième République qui sont dépassées actuellement ?

  • Anne, le 31/03/2006 à 09h50

    Lorsque les socialistes ont choisi de faire passer les 35h ils se sont préoccupés de mettre la France dans la m.......... non apparemment car depuis ce temps on y est bien et voilà ou on aboutit à des gens qui ne veulent plus travailler et à penser qu'aux loisirs et à mettre la pagaille dès qu'un petit truc vien changer leurs habitudes

  • Franck Pouquet, le 31/03/2006 à 09h50

    Ce matin les jeunes du collège de notre petite commune sont dans la rue. Ils étaient pourtant restés "sages" avant. A l'évidence la sortie de crise n'est pas pour demain. Merci à la rédaction de publier l'unique message : « Non au CPE » repris en coeur un bon nombre de citoyens locaux aidés de leurs klaxons.

  • Damien, le 31/03/2006 à 09h30

    Votre Titre : "Gauche et syndicats menacent" résument bien la Dictature Gauchiste ! Pauvre France ! Pauvres Français manipulés !

  • Pito, le 31/03/2006 à 09h27

    Le parti socialiste me fait vraiment pitié... Ils ne savent plus quoi inventer... Ils ont tenter d'empêcher les débats à l'assemblée en déposant plus de 3000 amendements. Raté. Ils en appellent au conseil constitutionnel. Encore raté. Ils envoient dans la rue des jeunes qui ne savent même pas de quoi ils parlent. Et jamais, vraiment jamais d'auto critique... Ils auraient pu dire, "ok, le texte n'est pas anti constitutionnel, nous nous sommes trompés". Mais non... ils trouvent d'autres moyens d'empêcher les choses d'avancer... Le sens de l'auto critique n'est pas leur fort... A tel point qu'on parle de plus en plus du retour de Jospin... Bravo la responsabilité, l'honnêteté...

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