... comme ici à Rennes, où 30.000 à 50.000 personnes ont envahi les rues pour protester contre le CPE.RÉACTIONS POLITIQUES :
A GAUCHE :
François Hollande, Premier secrétaire du PS :
François Hollande a mis en garde vendredi Jacques Chirac contre une promulgation de la loi instaurant le CPE, en affirmant que cette décision ouvrirait "une crise majeure". "Le problème n'est plus juridique, le problème est politique", a dit François Hollande sur RTL, en "prenant acte" de la validation par le Conseil constitutionnel du dispositif instituant le contrat première embauche. Le numéro un du PS a indiqué que désormais Jacques Chirac, qui doit intervenir vendredi à 20H00, a une "responsabilité majeure".
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale :
"Nous prenons acte de la décision du Conseil constitutionnel. Sa mission est de dire le droit, non de trancher une crise sociale et politique. Celle-ci relève de la seule responsabilité du chef de l'Etat et du gouvernement. C'est à eux d'en trouver la seule issue. Une promulgation immédiate serait une nouvelle provocation et enfoncerait le pays dans le blocage. Elle confirmerait la volonté de l'exécutif d'ignorer l'opposition massive des Français et de leur imposer la précarité par la contrainte. Proposer un "Grenelle social" apparaîtrait comme une humiliation pour les Français et leurs organisations syndicales. Que pourrait-on négocier quand tout ce qu'ils rejettent a été décidé, voté, promulgué en dehors d'eux ?"
Julien Dray, porte-parole du PS :
"Si, comme on semble l'évoquer, le président de la République promulguait la loi et appelait à l'ouverture d'une grande négociation sociale, cela voudrait dire qu'il serait dans la manoeuvre: tout le monde comprendrait qu'il a imposé (le CPE) et que le dialogue serait pour amuser la galerie".
Daniel Vaillant, député de Paris et secrétaire national du PS :
Intervenant sur LCI quelques minutes avant l'annonce de la décision du Conseil constitutionnel, il a estimé que "si le président de la République promulgue rapidement" la loi égalité des chances, cela signifie qu'"il refuse la discussion, et c'est une vraie crise de confiance qui s'instaure".
Parti communiste :
"Le Parti communiste français appelle le Président de la République à mesurer sa responsabilité. La promulgation du CPE serait légitimement ressentie comme une provocation et enfermerait le pays dans une crise dangereuse".
Roger-Gérard Schwartzenberg, député PRG (à l'origine du recours contre le CPE) :
"Ce texte ne pourra jamais être appliqué", n'étant pas conforme aux engagements internationaux souscrits par la France. "Il est plus que probable que la Cour de cassation, le Conseil d'Etat et la CJCE (cour de justice des communautés européennes) déclarent la loi sur le CPE contraire à la Convention 158 de l'OIT (Organisation internationale du travail), à la Charte sociale européenne ou à la directive européenne de 2000", qui "toutes excluent un licenciement sans motif intervenant pendant une période d'essai dont la durée ne serait pas raisonnable".
A L'UDF :
Maurice Leroy (député UDF du Loir-et-Cher) :
"Le chef de l'Etat devrait prendre le temps de la réflexion et le temps de la promulgation. Il devrait prendre le temps de concerter les forces politiques et démocratiques représentées à l'Assemblée nationale. Il ne peut pas y avoir de +Grenelle social+, sans avoir un pouvoir de réelle négociation".
"Le chef de l'Etat devrait prendre le temps de la réflexion et le temps de la promulgation. Il devrait prendre le temps de concerter les forces politiques et démocratiques représentées à l'Assemblée nationale. Il ne peut pas y avoir de +Grenelle social+, sans avoir un pouvoir de réelle négociation".
François Sauvadet, porte-parole de l'UDF :
Si le président de la République "devait promulguer la loi, dans le contexte actuel, à l'évidence le pays entrerait dans une phase encore plus dure de l'épreuve de force dont personne ne sait qu'elle pourrait en être l'issue".
A L'UMP :
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale :
"Je ne commente jamais les décisions des judiridictions, cependant j'observe que les arguments avancés par le groupe socialiste à l'Assemblée contre la loi Egalité des chances étaient infondés, comme étaient tout aussi infondés ceux que les députés socialistes avaient défendu durant 45 heures de débats à l'Assemblée sur ce texte".
Claude Goasguen (député UMP de Paris) :
"Je ne voyais pas par quel biais le Conseil constitutionnel aurait pu faire des réserves. J'espère que le président de la République, s'il promulgue la loi, en profitera immédiatement pour lancer l'ouverture d'une vraie négociation avec les partenaires sociaux sur les problèmes de la précarité en général, du marché du travail, de la flexibilité et de la sécurité. Nous aurons donc ainsi le respect de la loi, ce qui est essentiel, mais en même temps une politique qui montrera que nous avons entendu le message des partenaires sociaux".
Eric Woerth, UMP, proche de Nicolas Sarkozy :
"Il faut appeler à la négociation et trouver les moyens de se reparler. J'imagine que le président de la République trouvera les mots pour chacun puisse s'asseoir autour d'une table".
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François Chérèque, secrétaire général de la CFDT :
Intervenant jeudi soir sur France Info peu avant l'annonce de la décision du Conseil constitutionnel, il a récusé par avance l'hypothèse d'une promulgation de la loi Egalité des chances comme préalable à un "Grenelle social". Tout en réclamant de nouveau le retrait du CPE, il a expliqué : "c'est ce qu'on refuse depuis un mois au Premier ministre". A nouveau interrogé, après la décision des Sages, sur France 2, il a appelé le président Chirac à "prendre ses responsabilités" et à demander une seconde lecture au Parlement de la loi instaurant le CPE, afin de "le retirer et d'ouvrir des négociations".
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT :
Pour lui, Jacques Chirac, s'il venait à promulguer la loi instituant le CPE approuvée par "seulement 6% de Français", "plomberait toute possibilité de discussion" et ne ferait qu'"envenimer la crise".
Force Ouvrière :
FO a estimé jeudi soir "que tout maintien du CPE relèverait du passage en force" et qu'il "appartient maintenant au président de la République de prendre ses responsabilités en toute connaissance de cause".
Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa :
"Je crains qu'une promulgation rapide de la loi ne radicalise le mouvement, qui est déjà en train d'échapper à tout le monde. Cela va jeter de l'huile sur le feu. L'opinion est chauffée à blanc".
Jean-Michel Nathanson, secrétaire national de l'union syndicale Solidaires :
Il a estimé que "la mobilisation" et la "colère" vont "monter de plus en plus fort" après la validation du CPE par le Conseil constitutionnel, qui pourrait ouvrir la voie à la promulgation de la loi. Quant à réunir les partenaires sociaux pour une négociation, comme l'intention en est prêtée à Jacques Chirac, "après avoir promulgué une loi qui est tout le contraire du dialogue social, qui est rejetée par une très large majorité de la population, c'est se moquer du monde".
Tristan Rouquier, président de la FIDL :
"On a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel mais on condamne le fait que Jacques Chirac, dès demain, promulguerait la loi pour tenter à nouveau de passer en force face à la jeunesse". Jacques Chirac "refuse d'entendre les demandes de la jeunesse sur le retrait pur et simple du CPE. Il est temps que Chirac et le gouvernement nous écoutent".
Bruno Julliard, président de l'Unef :
"Ni déçu ni surpris" de la validation du CPE, il a affirmé qu'il en "appelait à la responsabilité du président de la République car la balle est dans son camp : c'est à lui de promulguer la loi, c'est de sa responsabilité d'entendre les attentes d'une très large majorité de la population et d'imposer au gouvernement le retrait".
RÉACTIONS PATRONALES :
Jean-François Roubaud, président de la CGPME :
Il souhaite qu'un dialogue entre tous les partenaires sociaux s'engage "le plus rapidement possible". Tout en espérant que la loi "soit promulguée dans l'intérêt des entreprises" par le président de la République, il estime qu'on "peut dialoguer en même temps ou un peu avant". "Je crois que l'ensemble des partenaires sociaux ont intérêt à se parler, à échanger, pour essayer d'éviter ce genre de situation".
Photo : image d'une manifestation contre le CPE - archives
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