Heurts entre étudiants et CRS à la Sorbonne

le 14 mars 2006 à 19h29 , mis à jour le 14 mars 2006 à 22h55

Des centaines de jeunes manifestants ont affronté mardi soir les CRS sur la place de la Sorbonne et le boulevard Saint-Michel à Paris. Après un face à face tendu et émaillé de heurts ponctuels, les manifestants se sont dispersés en soirée.

CPE : affrontements place de la SorbonneCPE : affrontements place de la Sorbonne

Nouvelle soirée de heurts, mardi, dans le quartier latin. Neuf membres des forces de l'ordre ont été blessés, neuf personnes interpellées. Des centaines de jeunes manifestants anti-CPE ont affronté les CRS sur la place de la Sorbonne et le boulevard Saint-Michel à Paris. Vers 19H, les forces de l'ordre avait quasiment encerclé les manifestants, entre la place de la Sorbonne, qu'ils contrôlaient, le boulevard Saint-Michel et le haut de la rue de Vaugirard. Mais des dizaines de manifestants, parmi les plus radicaux, avaient descellé des pavés de la place, en utilisant les grilles métalliques des arbres, afin de casser les pavés en morceaux pour les jeter sur les CRS.

Plusieurs dizaines de CRS avaient bloqué le boulevard Saint-Michel avec leurs camions, aux pare-chocs équipés de barrières de grillage. En face, les manifestants avaient installé des barrières métalliques. Après un face à face tendu et émaillé d'affrontements ponctuels entre les étudiants et les forces de l'ordre (qui ont fait plusieurs blessés, notamment du côté des CRS), les manifestants se sont dispersés en soirée.

"Sans nous, t'es rien"

La bataille du cpe
Cliquez ici pour accéder
à notre dossier
Plus tôt dans la soirée, plusieurs dizaines de CRS, se protégeant derrière leur bouclier, avaient remonté la rue Champollion pour prendre à revers les manifestants, qui avaient alors tenté de dresser des barrières en travers de la rue, sans parvenir à arrêter les forces de l'ordre. Les policiers, essuyant des tirs de projectiles de toutes sortes, répliquaient par des tirs de grenades lacrymogènes. "Elles sont nulles nos barricades par rapport à mai 1968. Elles sont où les voitures ?", demandait, lors de la confrontation, un jeune homme d'une vingtaine d'années.

Plus tard, deux manifestants débattaient aussi de l'usage de la violence : alors qu'un manifestant protestait contre l'envoi des projectiles sur les CRS, un autre, visage masqué par un foulard, répondait : "Sans nous t'es rien, l'action directe c'est l'action directe !".

Mais les affrontements n'ont pas eu lieu seulement entre étudiants et forces de l'ordre. Les CRS ont ainsi dû s'interposer vers 20H dans la rue des Ecoles à Paris entre des dizaines de jeunes présumés d'extrême droite et des manifestants anti-CPE, qui se jetaient mutuellement des projectiles et semblaient vouloir en découdre. Plusieurs dizaines de manifestants, apparemment militants d'extrême droite, ont brandi une banderole sur laquelle était écrit "parasites, hors des facs!" et ont distribué des tracts signés de la "fédération des étudiants contre le travail perturbé". "Les gauchos hors des facs" scandaient les uns. "Fachos!", "la jeunesse emmerde le Front national", répondait une foule des manifestants contre le Contrat première embauche.

Actions coup de poing contre le CPE

L'opposition au CPE s'est faite plus violente mardi. Plusieurs actions coups de poing ont émaillé la journée : gare de Nantes envahie, blocage de trains à Brest et à Lannion, blocage de la circulation à Foix, occupation depuis lundi soir d'un amphi à Paris X-Nanterre fermée, étudiants retranchés pour la nuit dans l'université de Marne-la-Vallée, "die-in" (s'allonger brièvement sur le sol) à Aix-en Provence. A l'opposé, un professeur d'un lycée de Saint-Jean-de-Bray (Loiret) a été arrêté, placé en garde à vue mardi matin puis libéré dans la soirée, après avoir forcé le barrage des anti-CPE au volant de sa voiture devant l'entrée de l'établissement.

Photo d'ouverture : affrontements entre étudiants et CRS, mardi soir place de la Sorbonne

le 14 mars 2006 à 19:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

33 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Ale, le 16/03/2006 à 14h37

    Je trouve que les médias sont bcp plus présents pour filmer la moindre escarmouche entre quelques gamins et les CRS, que pendant l'automne dernier au moment où les banlieues brûlaient... NOUS SOMMES MANIPULES

  • Stéphane, le 15/03/2006 à 20h17

    Les entreprises en France sont étouffées par la législation du travail. Il faut rappeler aux gauchistes, bien prompt à mettre la pagaille en ce moment, que sans entreprises il n'y a pas de travail. Donnons un peu d'oxygène aux entreprises et le chômage baissera... Quant aux étudiants, vous feriez mieux de travailler, car sans diplôme vous n'aurez jamais de travail. Laissez à la France une chance de se moderniser. Ce n'est pas en restant dans une situation d'échec (la même depuis plus de 20 ans ; merci la gauche) que vous pourrez prétendre à une amélioration de vos conditions de travail.

  • Sarah, le 15/03/2006 à 16h20

    Je suis pas d'accord avec le vidéo de cet article, qui tend à dire que c'est dans toutes les universités qu'il manque de coordination. Si c'est bien le cas de Paris 12, ce n'est pas le cas dans d'autres facs, comme Toulouse 2 par exemple!

  • Leonard, le 15/03/2006 à 15h12

    De ce cote ci de la Manche, il n'existe qu'un seul contract de travail. Un accord entre le patron et son employe qui stipule les devoirs de l'un envers l'autre et vice versa. Chaque partie a l'obligation de donner un moins de pre-avis a n'importe quel moment et la peride d'essais est de 6 mois. Qu'est ce qu'il faut de plus? En france, les patrons de pme/pmi sont dans une situation aussi precaire que leur employes. L'urssaf est un tueur de boulot. Les manifestations devraient plutot se porter sur le coup du travail que sur la facon d'etre employer. C'est ridicule.

  • Leo, le 15/03/2006 à 14h43

    Laissons les véritables étudiants travailler... et ceux qui ont de se réunir, qu'ils le fassent en dehors de nos établissements publics!!! y en a encore ki ont envi de bosser, alors laisser nous ce droit!

  • Jacky, le 15/03/2006 à 14h21

    A contrat bidon, grosse colère. Les jeunes avec ou sans formation savent ce qui les attend avec ce C.P.E de misère, d'ailleurs gouvernement et MEDEF sont 5/5 sur la même longueur d'ondes. Alors faut pas s'étonner si ça explose dans les universités, lycées et collèges de France et de Navarre...

  • Personne, le 15/03/2006 à 13h56

    Ca me rappelle quand j'étais au lycée (vers 1994-95) et qu'on m'a tapé sur la tête (fort!) alors que je tentais de sortir du lycée avec mes camarades de classe tout simplement parce qu'on ne les rejoignait pas. On peut être d'accord ou pas avec les manifestants mais ce qui frappe(c'est le cas de le dire!) c'est le manque de respect que les gens (jeunes ou pas) ont envers les autres.Et c'est absolument inadmissible.(ce n'est que le résultat d'une mauvaise ou inexistante éducation et d'un manque d'autorité généralisé depuis mai 68 justement...)

  • Taz, le 15/03/2006 à 13h37

    Aux étudiants non grévistes d'aller massivement aux assemblées générales (elles ne sont pas réservées aux grévistes bon nombre semble malheureusement l'oublier) pour contrer démocratiquement ce mouvement illégitime. En votant contre la grève ça claquera le bec à plus d'un, y compris dans les rangs syndicaux et politiques.

  • Serge, le 15/03/2006 à 13h18

    Le CPE ne sert à rien. pas besion de parler pendant des heures avec des arguments bidon (ce que je peut lire depuis des jours). la question et simple. Etudiants, ou pas,la seule chose attendu par les francais depuis des années c'est une politique de l'emploi.(creation) En voila une bonne mesure Non! et oui, pas besion de réinventer l'eau chaude. etant moi meme un petit patron, il suffit de reflechir pour savoir exactement ce que l'on veut. j'ai un reel besion! c'est simple CDD ,CDI ou l'embauche. j'aimerais aussi que les gens qui n'ont pas la bonne definition du mot democratie arrete de l'utiliser pour venter des mesures tres à droite....

  • Isabella, le 15/03/2006 à 12h59

    Je suis italienne et je suis complétement solidaire avec les manifestants... ils font ce que nous, jeunes italiens, n'avons pas fait à cause d'une information partielle et censurée. Dans notre Pays les contrats type CPE ont augmenté la précarieté; les avantages son pour les patrons, les travailleurs ne sont dévenus que des nouveaux esclaves.

Lire tous les commentaires

      logAudience