Il n'est pas tout à fait 16h30 et la tête du cortège a atteint la Place de la République. Les casseurs aussi... De nouveau heurts sont signalés. Ils opposent cette fois les casseurs aux services d'ordre des syndicats."Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai est finie !" La manifestation parisienne anti-CPE, forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes selon les syndicats, avait démarré mardi à 14H30 place d'Italie (XIIIe). Direction la place de la République (IIIe), terme du défilé. Dans le défilé, les forces de l'ordre ont multiplié les mesures pour éviter des débordements comme ceux qui avaient transformé jeudi dernier l'esplanade des Invalides en champ de bataille. 4000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. Et des chaînes humaines formées par des manifestants autour du cortège.
Cela n'a pas empêché quelques heurts assez violents. Dès le début de la manifestation, une centaine de jeunes casseurs, le visage masqué par des foulards, ont tenté de pénétrer dans un supermarché boulevard de l'Hôpital (XIIIe arrondissement). Le gérant ayant abaissé les grilles, ils se sont rabattus sur le café-bar voisin, dont ils ont cassé toutes les vitres sous les yeux des clients, avant de repartir en courant.
Plus de 600 casseurs interpellés à Paris
A partir de 17 heures, à l'arrivée de la manifestation anti-CPE place de la République, des heurts sporadiques se sont produits de façon continue. "Nique ta mère, Sarkozy!", scandaient notamment des centaines de jeunes, qui harcelaient policiers et gendarmes massés sur les accès à la place, qui ont lancé plusieurs charges et recouru aux gaz lacrymogènes pour se dégager. Des petits groupes couraient d'un côté à l'autre, s'en prenant aux forces de l'ordre et aux photographes et cameramen. Une dizaine de jeunes casseurs ont défoncé la vitrine d'une boutique de téléphonie sans parvenir à la forcer. Des gendarmes mobiles alignés devant un magasin de sport ont été caillassés, tandis que les CRS stationnés rue du faubourg du Temple et rue du Temple ont essuyé des jets de bouteilles. De nombreuses jeunes filles applaudissaient aux affrontements, sans y participer. Un policier en civil a fait part à sa hiérarchie d'un "potentiel de 300 voyous".
Les incidents se sont poursuivis assez tard dans la soirée, mais de manière sporadique et bien maîtrisés par les forces de l'ordre, qui ont procédé à de très nombreuses interpellations : 629 sur toute la soirée, dont 156 étaient encore en garde à vue mercredi matin. Un CRS a toutefois été "sérieusement blessé" et hospitalisé après avoir reçu au visage une "fusée" lancée lors des heurts place de la République. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est rendu à son chevet mardi soir, après être passé place de la République, où il a été salué par les "Sarkozy, démission!" d'une petite centaine de manifestants encore sur place (lire : "Sarkozy félicite ses troupes").
"Vous avez su adapter vos dispositifs et je tiens à souligner l'efficacité du travail accompli tant par les unités chargées du maintien de l'ordre que par les équipes chargées des fauteurs de trouble", a souligné Nicolas Sarkozy dans un message aux policiers et gendarmes mobilisés lors du défilé parisien, avant de les recevoir à 22H au ministère. Le ministre de la Justice Pascal Clément a appelé pour sa part mercredi, dans une circulaire, les procureurs à "une indispensable fermeté", en particulier pour punir les récidivistes.
D'autres incidents ont également éclaté mardi à Caen, Rennes, Grenoble, Toulouse, Dijon et Rouen. Au total en France, les forces de l'ordre auraient interpellé plus de 900 personnes soupçonnées de s'être livrées à des actes de violence en marge des manifestations anti-CPE.Autres incidents, autres interpellations
Retour MYTF1
Chargement en cours...



