Incidents en marge du défilé parisien, 600 arrestations

le 28 mars 2006 à 15h04 , mis à jour le 29 mars 2006 à 13h28

Les casseurs étaient bien présents mardi à Paris... mais contrairement aux incidents qui s'étaient produits aux Invalides, les forces de l'ordre ont su maîtriser les débordements. Ils ont procédé à près d'un demi-millier d'interpellations. Ailleurs en France, les incidents ont aussi été limités au prix de nombreuses arrestations.

casseurs république paris Il n'est pas tout à fait 16h30 et la tête du cortège a atteint la Place de la République. Les casseurs aussi... De nouveau heurts sont signalés. Ils opposent cette fois les casseurs aux services d'ordre des syndicats.

"Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai est finie !" La manifestation parisienne anti-CPE, forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes selon les syndicats, avait démarré mardi à 14H30 place d'Italie (XIIIe). Direction la place de la République (IIIe), terme du défilé.  Dans le défilé, les forces de l'ordre ont multiplié les mesures pour éviter des débordements comme ceux qui avaient transformé jeudi dernier l'esplanade des Invalides en champ de bataille. 4000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. Et des chaînes humaines formées par des manifestants autour du cortège.

Cela n'a pas empêché quelques heurts assez violents. Dès le début de la manifestation, une centaine de jeunes casseurs, le visage masqué par des foulards, ont tenté de pénétrer dans un supermarché boulevard de l'Hôpital (XIIIe arrondissement). Le gérant ayant abaissé les grilles, ils se sont rabattus sur le café-bar voisin, dont ils ont cassé  toutes les vitres sous les yeux des clients, avant de repartir en courant.

Plus de 600 casseurs interpellés à Paris

A partir de 17 heures, à l'arrivée de la manifestation anti-CPE place de la République, des heurts sporadiques se sont produits de façon continue. "Nique ta mère, Sarkozy!", scandaient notamment des centaines de jeunes, qui harcelaient policiers et gendarmes massés sur les accès à la place, qui ont lancé plusieurs charges et recouru aux gaz lacrymogènes pour se dégager.  Des petits groupes couraient d'un côté à l'autre, s'en prenant aux forces de l'ordre et aux photographes et cameramen. Une dizaine de jeunes casseurs ont défoncé la vitrine d'une boutique de téléphonie sans parvenir à la forcer. Des gendarmes mobiles alignés devant un magasin de sport ont été caillassés, tandis que les CRS stationnés rue du faubourg du Temple et rue du Temple ont essuyé des jets de bouteilles. De nombreuses jeunes filles applaudissaient aux affrontements, sans y participer. Un policier en civil a fait part à sa hiérarchie d'un "potentiel de 300 voyous".

Les incidents se sont poursuivis assez tard dans la soirée, mais de manière sporadique et bien maîtrisés par les forces de l'ordre, qui ont procédé à de très nombreuses interpellations : 629 sur toute la soirée, dont  156 étaient encore en garde à vue mercredi matin. Un CRS a toutefois été "sérieusement blessé" et hospitalisé après avoir reçu au visage une "fusée" lancée lors des heurts place de la République. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy s'est rendu à son chevet mardi soir, après être passé place de la République, où il a été salué par les "Sarkozy, démission!" d'une petite centaine de manifestants encore sur place (lire : "Sarkozy félicite ses troupes").

"Vous avez su adapter vos dispositifs et je tiens à souligner l'efficacité du travail accompli tant par les unités chargées du maintien de l'ordre que par les équipes chargées des fauteurs de trouble", a souligné Nicolas Sarkozy dans un message aux policiers et gendarmes mobilisés lors du défilé parisien, avant de les recevoir à 22H au ministère. Le ministre de la Justice Pascal Clément a appelé pour sa part mercredi, dans une circulaire, les procureurs à "une indispensable fermeté", en particulier pour punir les récidivistes.

Autres incidents, autres interpellations

D'autres incidents ont également éclaté mardi à Caen, Rennes, Grenoble, Toulouse, Dijon et Rouen. Au total en France, les forces de l'ordre auraient interpellé plus de 900 personnes soupçonnées de s'être livrées à des actes de violence en marge des manifestations anti-CPE.

le 28 mars 2006 à 15:04
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35 Commentaires

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  • Antonio, le 29/03/2006 à 11h15

    Je suis francais vivant a londres. j ais quitter la france a l age de 21 ans.vivant a la courneuve, pas de travail du moins pas interressant et avec un salaire insuffisant. j ais aujour dhui 40 ans je suis proprietaire d un appart en plein centre de londres je gagnes bien ma vie et je suis heureux. tous mes amis francais resident a londres sont dans la meme situation que moi. aujour d hui je suis vraiment content de la decision que j ais pris il ya 20 ans de quitter la france. il y a vraiment un gros malaise en france presqu ' embarrassant. je voudrais souhaite bon courage a tous ces jeunes qui sont dans la rue

  • Maurice, le 29/03/2006 à 11h10

    Ils ont raison les étudiants, surtout ne rien changer, juste contester, ne rien proposer. Avec un peu de chance, ils auront un petit stage non rémunéré en sortant d'école, c'est bien mieux que le CPE !! Et puis, tout le monde le sait : ce sont les syndicats qui créent l'emploi en France !! Quelle Honte !!!

  • Laurent, le 29/03/2006 à 11h05

    La Fille de Paris, tu penses sincèrement qu'arborer des banderoles avec écrit dessus "Non à la loi sur l'égalité des chances" semble normal, au yeux des français aussi bien que des étrangers? Il est vraiment temps que les fonctionnaires abandonnent tous ces privilèges honteux qu'ils ont acquis sur le dos des étudiants. Et oui, vous vous êtes encore faits avoir. Vous commenceez un mouvement, récupéré par le parti socialiste, qui entraine les fonctionnaires, qui au final réclament des avantages totalement différents (primes, salaires, retraites) des revendications initiales des étudiants. Avant de manifester contre un texte de loi que vous n'avez même pas daigné lire, vous devirez peut être vous poser la question: CPE ou ANPE? en clair: souhaitez vous devenir rester fainéants en profitant outrageusement du système ou souhaitez vous tirer votre pays vers le haut en travaillant?

  • Yves, le 28/03/2006 à 21h35

    Je me demande quand meme ce que veulent les jeunes... Qu'on ne me fasse pas croire qu'a 20 ans, avec un diplome en poche, mais sans aucune experience, on puisse trouver un CDI, et commencer a prendre des credits pour l'achat d'une maison, d'une voiture, etc... et voir la vie en rose? Il me semble pourtant que la grande majorite passe par des CDD, de l'interim, des stages, pour obtenir justement cette experience tant necessaire. Alors qu'est ce qui les effraie a ce point dans le CPE? Ne pourrions nous pas laisser le temps parler, plutot que de refuser systematiquement la moindre reforme, pour apres critiquer les gouvernements de droite comme de gauche en les taxant d'immobilisme?

  • Bertrand, le 28/03/2006 à 20h43

    Chers Françaises, et chers Français, Je parle en tant qu'européen,ayant habité votre beau pays pendant de longues années, originaire de Belgique, et vivant maintenant en Suisse, je suis assez honnête et dirai que je suis plutôt de droite. Et ce n'est nullement parce que je suis de droite que je me permets de faire le constat suivant : Il est quand même effarant que quel que soit le gouvernement à votre tête et les choses qu'il entreprend, vous soyez toujours en train de râler, de vous plaindre de votre sort. Il n'y a pas un jour, ou les medias internationaux qui parlent de la France, ne diffusent pas une image de grêve et de banderoles en France. Mais que diable, mettez vous à bosser, à râler moins, et c'est comme cela que votre pouvoir d'achat augmentera, que des emplois seront créés, que votre quotidien s'améliorera... La France mérite une autre image que celle qu'elle donne depuis des années A bon entendeur

  • Stephanie, le 28/03/2006 à 20h25

    Il est vrai que les francais n'ont aucune idee de ce qu íl se passe a l'exterieur de leurs frontieres en matieres d'emploi et on a le sentiment que les manifestants sont des nostalgiques de mai 68. en pleine mondialisation il faudrait songer a etre un peu flexible. le gouvernement de son cote pourrait aussi alleger les charges des entreprises pour favoriser l'emploi...

  • Philippe, le 28/03/2006 à 19h41

    Toujours et toujours la banlieue qui pose problème.... vivement 2007

  • Petros, le 28/03/2006 à 19h35

    Apprenez l'anglais, mes chers étudiants, le modèle français est devenu ce qu'il ne faut pas faire. Bah, au moins il reste un modèle

  • René, le 28/03/2006 à 17h52

    Ceux qui manifestent aujourd´hui dans la rue,sont nos chomeurs de demain>

  • Stéphane, le 28/03/2006 à 17h49

    Ras le bol de cette prise d'otage permanente de la part des 10% de syndiqués(planqués) que compte notre pays. ils cultivent l'art de la paresse et nous empêchent d'aller de l'avant!!!

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