
La justice ivoirienne examine en ce moment la demande française d'extradition de Youssouf Fofana. L'audience, à huis clos, a commencé à la mi-journée devant la chambre d'accusation de la Cour d'appel du tribunal d'Abidjan, après que le palais de justice eut été évacué et les journalistes écartés. "Le président de la chambre a ordonné le huis clos pour la sérénité des débats, comme l'y autorise la loi", a expliqué le porte-parole du ministère ivoirien de la Justice, Ali Yéo. "Cela devrait être rapide, le parquet a réuni toutes les preuves de la nationalité française du mis en cause", a-t-il poursuivi.
Les avocats de Youssouf Fofana avaient annoncé leur intention de tenter d'empêcher son extradition vers la France en cherchant à établir la nationalité ivoirienne de leur client, né en France mais dont les parents sont Ivoiriens. Les autorités ivoiriennes, qui ont affiché leur volonté de l'extrader, arguent de leur côté que Youssouf Fofana, venu en Côte d'Ivoire avec un passeport français portant un visa ivoirien, est uniquement Français. La décision de la chambre d'accusation, dont la date n'a pas été fixée, n'est pas susceptible de recours, selon une source judiciaire. Fofana est arrivé peu avant le début de l'audience au palais de justice d'Abidjan depuis la principale prison de la ville, où il est détenu. Une dizaine de policiers armés et vêtus de gilets pare-balle sont ensuite sortis de la salle de détention du palais de justice et ont traversé la cour du bâtiment, entourant un homme, les mains attachées derrière le dos et la tête recouverte d'un tissu rouge.
"Volonté de ne pas aller en France"
La veille de cette audience, Fofana, âgé de 25 ans, a provoqué un incident dans sa cellule, ingérant "une petite quantité d'eau de Cologne", mais sans aucune conséquence sur sa santé. "Les personnes qui le surveillaient sont immédiatement intervenues", a indiqué une source judiciaire ivoirienne ayant requis l'anonymat. L'incident a été confirmé par une source française proche de l'enquête. Aucune de ces sources n'a souhaité utiliser le terme de tentative de suicide pour qualifier l'incident. "Ce geste démontre sa volonté de ne pas aller en France", a estimé la source française. "Il se plaignait en fait de n'avoir aucune visite de sa famille ou de ses proches", selon la source judiciaire ivoirienne, qui a précisé que M. Fofana était "détenu dans un endroit connu seulement du directeur et du régisseur" de la prison, et non dans le quartier dit des "assimilés", réservé aux personnalités.
Youssouf Fofana, chef présumé du "gang des barbares", est suspecté d'avoir organisé l'enlèvement et d'être le meurtrier d'Ilan Halimi, 23 ans, retrouvé torturé à mort le 13 février à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Il avait fui le 15 février en Côte d'Ivoire, où il a été arrêté le 22 février par la police judiciaire ivoirienne dans un quartier populaire d'Abidjan.
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