
En pleine crise sur le CPE, l'intervention de Dominique de Villepin cet après-midi à l'Assemblée a provoqué l'hilarité sur les bancs de l'opposition et des mines interloquées du côté de la majorité. En évoquant le verdict attendu jeudi par le Conseil contitutionnel sur le contrat première embauche, il a prononcé un lapsus éloquent : "attendons le Conseil constitutionnel qui prendra sa démission demain", a-t-il lancé, avant de se reprendre quelques secondes plus tard: "qui prendra sa décision demain".
Ce lapsus a sans suprise fait réagir les parlementaires. "On sait très bien que c'est quand on est hyperconcentré qu'on fait des lapsus (...) Il ne faut pas surinterpréter, c'est le lapsus de quelqu'un qui est complètement dans son boulot", a estimé le député villepiniste Hervé Mariton à sa sortie de l'hémicycle. "Il y a des lapsus qui ne sont pas révélateurs. Je souhaite que celui ci ne le soit pas", a lâché de son côté le sarkozyste Eric Woerth. Sur le ton de la plaisanterie, Maurice Leroy (UDF) a estimé que M. de Villepin "doit penser très fort à la démission... à celle de Pierre Mazeaud (ndlr, le président du Conseil constitutionnel), c'est ça ?". "Ce qui est révélateur, c'est de ne pas s'en être aperçu tout de suite. Ca révèle une grande fatigue et un système épuisé (...) Ca prouve que Jacques Chirac a vraiment intérêt à siffler la fin de la récré", a-t-il ajouté.
Dans les couloirs du Palais-Bourbon, la gauche s'en est donné à coeur joie. "Plus beau que celui-là il n'y en a pas! C'est un lapsus révélateur (...) Il est en train de démissionner, c'est évident. On n'en demande pas tant, on ne demande que le retrait du CPE", a lâché la socialiste Marylise Lebranchu. Son collègue Jean Glavany a comparé avec Lionel Jospin qui "faisait souvent des lapsus", mais jamais "des comme ça". "Tous les couloirs de l'Assemblée bruissent de la rumeur d'une démission (...) Ce lapsus ne fait que renforcer la crédibilité de cette hypothèse", a-t-il ajouté.
Le Conseil constitutionnel, saisi par les députés et sénateurs socialistes, doit se prononcer jeudi ou vendredi sur la validité de la loi sur l'égalité des chances qui institue le CPE.
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