En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Le martyre de Dylan devant les assises


le 20 mars 2006 à 07h54
Temps de lecture
3min
TF1/LCI Dylan, mort sous la torture
À lire aussi
SociétéLe beau père du petit Dylan s'est tenu à sa ligne de défense lundi, au premier jour du procès : il s'est dit innocent de la mort de l'enfant de 4 ans, qui avait succombé en 2003 à de multiples violences. Cet homme décrit comme colérique et violent a rejeté la faute sur la mère de Dylan, qui a pleuré silencieusement.

La mère de Dylan a pleuré silencieusement lundi à l'évocation devant la Cour d'assises du Bas-Rhin des sévices auxquels son fils a succombé en octobre 2003 à l'âge de quatre ans tandis que son compagnon, le principal accusé, restait impassible au premier jour du procès. Christophe Beugnot, sans emploi, 19 ans à l'époque des faits, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour "actes de torture et de barbarie" ayant entraîné la mort de l'enfant. Quant à la mère, Adeline Marfe, une assistante dentaire alors âgée de 23 ans, elle encourt jusqu'à 30 ans de réclusion pour privation d'aliments ou de soins ayant entraîné la mort de son fils.

L'affaire avait éclaté le 3 octobre 2003, quand deux médecins avaient été appelés au domicile de Mme Marfe pour chercher le corps déjà froid de Dylan, découvrant sur son corps de nombreuses traces de coups, de morsures, de brûlures de cigarettes, et même des excréments dans sa bouche. Adeline Marfe s'est mise à pleurer en silence à la lecture de l'acte de mise en accusation. De carrure sportive, les cheveux ras sur un crâne légèrement dégarni et le visage encadré d'une fine barbe à collier, Christophe Beugnot est, lui, resté impassible. Les yeux fixant le sol, il ne les détournait que pour donner des indications en aparté à son avocat.

"Beaucoup de gens ont vu quelque chose"

L'enquête avait identifié Beugnot comme l'auteur des coups mortels et relevé qu'il avait fait endurer à Dylan et, dans une moindre mesure, à son frère aîné Tino (6 ans en 2003), un quotidien fait de passages à tabac et d'humiliantes punitions, depuis son installation fin juin au domicile de Mme Marfe. Depuis le début de l'enquête, cet homme décrit par de nombreux témoignages comme violent et colérique maintient qu'il est innocent, une ligne réitérée lundi devant les journalistes par son avocat, Me Patrick Rodier. Selon Me Rodier, qui dénonce "une instruction à charge" de Christophe Beugnot, ce dernier affirme au contraire que c'est la mère qui est responsable de la mort de l'enfant.

Lundi après-midi, la Cour a entrepris l'examen de la personnalité d'Adeline Marfe, décrite par une expertise psychologique comme "immature et inconsistante". Fille d'un préposé des PTT et d'une aide-soignante, elle a notamment évoqué "une enfance heureuse". Cependant, à l'âge de 14 ans, elle a été victime d'attouchements sexuels de la part d'un voisin. A cause de lui, a-t-elle affirmé, "je n'ai pas eu une adolescence normale. Il m'a rendue soumise envers les hommes".

Alors que, relève l'avocat d'une des parties civiles, Me Jocelyne Klopfenstein, "beaucoup de gens ont vu quelque chose", dans le voisinage et la famille des deux accusés, la Cour évoquera également au cours des dix jours d'audience la réaction tardive des services sociaux : ce n'est que le 30 septembre 2003, alors que Dylan avait été retiré de l'école maternelle depuis plus de deux semaines, qu'une assistante sociale viendra frapper à la porte de son domicile. Adeline Marfe lui avait alors refusé d'entrer.

Le petit Dylan. Image LCI.

Commenter cet article

      Nous suivre :
      A la Fashion Week, il y avait aussi des mannequins de moins d'1m30

      A la Fashion Week, il y avait aussi des mannequins de moins d'1m30

      logAudience