© INTERNEC'est un autre procès qui s'est ouvert ce mercredi à Outreau mais le dossier présente des similitudes avec l'affaire conclue par l'acquittement de 13 personnes et quatre condamnations. Les mêmes enquêteurs, les mêmes experts et les mêmes services sociaux sont intervenus dans les deux dossiers. Myriam Badaoui, principale accusatrice du premier dossier, où elle s'est totalement rétractée, est devenue témoin à charge dans la seconde affaire après en avoir croisé par hasard les protagonistes au palais de justice de Boulogne-sur-Mer. Citée par la défense, elle devrait venir témoigner.
"Ce qui la différencie de l'affaire d'Outreau, c'est que là nous sommes strictement dans le cadre d'une affaire d'inceste familial", selon une source judiciaire sous couvert d'anonymat qui appelle à "ne pas faire d'amalgame".
Sévices sexuels chez leur parents
Trois frères et leurs concubines, trois soeurs et leur mère. Tous habitaient le quartier de la Tour du Renard à Outreau dans le Pas-de-Calais. Tous ont été arrêtés fin 2001-début 2002 sur la base d'accusations de viols et d'atteintes sexuelles par plusieurs de leurs enfants placés en famille d'accueil. Aujourd'hui âgés de 5 à 19 ans, les enfants auraient fait l'objet de sévices chez leurs parents à Outreau et chez leur grand-mère dans la commune voisine du Portel. Les accusations de deux d'entre eux ont rapidement été relayées par leurs cousins et cousines.
Mis à part une des adultes, qui a repris certaines accusations, les prévenus ont toujours proclamé leur innocence. "C'est parole contre parole", confie un des avocats des enfants, Me Marc Pantaloni, qui regrette le "risque de pollution" du dossier.
Psychose du premier dossier
Plusieurs avocats qui ont défendu les acquittés d'Outreau ont depuis repris la défense des accusés, âgés de 33 à 61 ans. Pour l'un d'eux, Me Julien Delarue, "autant Outreau a quelque chose d'extraordinaire, autant celle-là est malheureusement banale, on n'est pas dans l'irrationnel complet". Le dossier, instruit par une juge d'expérience, Deborah Bohée, a "pâti de la psychose qui règnait au même moment dans le dossier d'Outreau", explique Me Jérôme Crépin, conseil d'un des accusés, qui relève "une progression des accusations au fur et à mesure de l'encadrement par les services sociaux". Selon plusieurs avocats, une jeune fille affirme notamment avoir été violée alors que l'examen médical a montré qu'elle était toujours vierge.
Selon eux, les enfants sont des jeunes en souffrance, pour certains maltraités physiquement. Leurs parents sont décrits comme intellectuellement limités et désocialisés, dont l'une des principales occupations est de suivre certains jeux et séries télévisés.
Les accusés comparaissent libres
Le procès, prévu à l'automne 2004, avait été reporté après le premier procès d'Outreau à Saint-Omer. Les trois couples, incarcérés depuis plus de deux ans, avaient alors été remis en liberté. Les accusés qui comparaîtront libres devant la cour d'assises encourent vingt ans de réclusion. Le procès doit se tenir jusqu'au 14 avril sous le régime du huis clos total pour l'audition des enfants.
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