
Etudiants et lycéens s'apprêtent à manifester une nouvelle fois contre le CPE ce jeudi, conscients que dans le "bras de fer total" qui les oppose au gouvernement, la mobilisation ne saurait être moindre que la semaine précédente. Ils étaient entre 247.500 à 500.000 à participer aux cortèges le 16 mars, un peu partout en France. Ils devront démontrer ce jeudi que la fermeté affichée mardi par Dominique de Villepin sur le maintien du CPE n'a pas atteint leur engagement. Sous peine de donner argument au Premier ministre d'un début d'essoufflement.
Après avoir certifié mardi qu'il ne plierait pas face à la contestation, le Premier ministre a fait un geste jeudi en envoyant une lettre aux leaders syndicaux pour leur proposer une rencontre. Les syndicats se retrouvaient à 15h30 pour en débattre, selon le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest. Selon lui, la date d'une éventuelle rencontre à Matignon n'est pas fixée mais devrait plutôt se tenir "après le 28 mars", date de la journée d'action lancée par les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens contre le CPE. Mercredi dans l'après-midi, Bernard Thibault (CGT) avait balayé une "offre de dialogue" qui "entretient la confusion".
Le mouvement débordé par des casseurs à l'EHESS
Le président de l'Unef, Bruno Julliard estime pour sa part qu'il "s'agit d'un bras de fer total" et que "le gouvernement joue avec le feu". Le leader du syndicat étudiant affirme son "sentiment de stupéfaction car c'est quand même assez incroyable qu'un gouvernement ne comprenne pas à ce point la crise que traverse notre pays". Tout en faisant part aussi de sa "colère car le gouvernement, à l'évidence, fait le choix du pourrissement et de la violence". Pour les manifestations de ce jeudi, le nombre et la détermination des casseurs qui sévissent invariablement en fin de manifestation restent la grande inconnue, et le motif de toutes les inquiétudes. Cette fois encore, les syndicats prêteront main forte aux lycéens et étudiants dans l'organisation des services d'ordre.
Les casseurs semblent aussi se montrer désormais en-dehors des manifestations : à Paris, la direction de L'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), occupée depuis lundi après-midi, a décidé mercredi de quitter les lieux, en l'absence d'intervention des forces de l'ordre, "les conditions de sécurité (étant) devenues intenables". Selon elle, "dès lundi soir, il a fallu prendre acte du fait que la réunion des étudiants qui s'était tenue dans les lieux avait été débordée par l'intrusion d'un groupe d'une trentaine de personnes, extérieures à l'établissement, déterminées et organisées". Mercredi soir, la direction et les enseignants-chercheurs se sont efforcés de mettre matériel et ordinateurs à l'abri avant de partir, "la mort dans l'âme".
Plusieurs centaines de lycées perturbés
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Quant aux lycées, "aucun cours n'avait lieu dans plus de 600 lycées", a estimé le syndicat lycéen UNL. Sur un total de 4.330 lycées, le Snes-FSU a lui évoqué "un millier d'établissements perturbés". Le ministère de l'Education a comptabilisé 533 lycées perturbés, dont 129 bloqués ou fermés. Les élections étudiantes aux conseils d'administration des Centres régionaux des oeuvres universitaires (Crous), très controversées et boycottées par l'Unef, syndicat majoritaire, se sont traduites en région parisienne par une très faible participation et quelques vols d'urnes ou de bulletins.
| L'itinéraire de la manifestation à Paris |
Les organisateurs ont déclaré un rassemblement Place d'Italie, puis un défilé à partir de 14 heures sur l'itinéraire suivant : Avenue des Gobelins, boulevard de Port Royal, boulevard du Montparnasse, boulevard des Invalides et rue de Grenelle. La dispersion est envisagée vers 19h au niveau de la place des Invalides.
Photo d'ouverture : manifestants anti-CPE en tête du cortège parisien lors de la dernière journée de mobilisation - archives
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