Nouvelle journée de mobilisation anti-CPE

le 22 mars 2006 à 10h07 , mis à jour le 23 mars 2006 à 11h09

Les étudiants sont de nouveau appelés à descendre dans la rue ce jeudi pour marquer leur refus du CPE. La mobilisation dans les facs n'a pas faibli au cours des derniers jours : une soixantaine d'universités étaient perturbées mercredi par le mouvement. La journée a aussi été marquée par diverses actions "coup de poing".

TF1/LCI : manifestation contre le CPE mardi à Paris

Etudiants et lycéens s'apprêtent à manifester une nouvelle fois contre le CPE ce jeudi, conscients que dans le "bras de fer total" qui les oppose au gouvernement, la mobilisation ne saurait être moindre que la semaine précédente. Ils étaient entre 247.500 à 500.000 à participer aux cortèges le 16 mars, un peu partout en France. Ils devront démontrer ce jeudi que la fermeté affichée mardi par Dominique de Villepin sur le maintien du CPE n'a pas atteint leur engagement. Sous peine de donner argument au Premier ministre d'un début d'essoufflement.

Après avoir certifié mardi qu'il ne plierait pas face à la contestation, le Premier ministre a fait un geste jeudi en envoyant une lettre aux leaders syndicaux pour leur proposer une rencontre. Les syndicats se retrouvaient à 15h30 pour en débattre, selon le président de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest. Selon lui, la date d'une éventuelle  rencontre à Matignon n'est pas fixée mais devrait plutôt se tenir "après le 28  mars", date de la journée d'action lancée par les syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens contre le CPE.  Mercredi dans l'après-midi, Bernard Thibault (CGT) avait balayé une "offre de dialogue" qui "entretient la confusion".

Le mouvement débordé par des casseurs à l'EHESS

Le président de l'Unef, Bruno Julliard estime pour sa part qu'il "s'agit d'un bras de fer total" et que "le gouvernement joue avec le feu". Le leader du syndicat étudiant affirme son "sentiment de stupéfaction car c'est quand même assez incroyable qu'un gouvernement ne comprenne pas à ce point la crise que traverse notre pays". Tout en faisant part aussi de sa "colère car le gouvernement, à l'évidence, fait le choix du pourrissement et de la violence". Pour les manifestations de ce jeudi, le nombre et la détermination des casseurs qui sévissent invariablement en fin de manifestation restent la grande inconnue, et le motif de toutes les inquiétudes. Cette fois encore, les syndicats prêteront main forte aux lycéens et étudiants dans l'organisation des services d'ordre.

Les casseurs semblent aussi se montrer désormais en-dehors des manifestations : à Paris, la direction de L'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), occupée depuis lundi après-midi, a décidé mercredi de quitter les lieux, en l'absence d'intervention des forces de l'ordre, "les conditions de sécurité (étant) devenues intenables". Selon elle, "dès lundi soir, il a fallu prendre acte du fait que la réunion des étudiants qui s'était tenue dans les lieux avait été débordée par l'intrusion d'un groupe d'une trentaine de personnes, extérieures à l'établissement, déterminées et organisées". Mercredi soir, la direction et les enseignants-chercheurs se sont efforcés de mettre matériel et ordinateurs à l'abri avant de partir, "la mort dans l'âme".

Plusieurs centaines de lycées perturbés

La bataille du cpe
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Sur le front des occupations d'universités, mercredi a marqué une nouvelle poussée de la mobilisation avec, selon un décompte effectué par l'AFP, 61 universités perturbées (contre 58 mardi) alors même qu'il ne s'agissait pas d'une journée de mobilisation. En revanche, l'université de Toulouse-Arsenal a voté la reprise pour vendredi... Plusieurs villes ont aussi connu des actions coup de poing. Ainsi, 800 à 1.000 adversaires du CPE ont bloqué les principales voies d'accès au centre de Poitiers, quasi déserte jusqu'à l'intervention sans violence des gendarmes mobiles.

Quant aux lycées, "aucun cours n'avait lieu dans plus de 600 lycées", a estimé le syndicat lycéen UNL. Sur un total de 4.330 lycées, le Snes-FSU a lui évoqué "un millier d'établissements perturbés". Le ministère de l'Education a comptabilisé 533 lycées perturbés, dont 129 bloqués ou fermés. Les élections étudiantes aux conseils d'administration des Centres régionaux des oeuvres universitaires (Crous), très controversées et boycottées par l'Unef, syndicat majoritaire, se sont traduites en région parisienne par une très faible participation et quelques vols d'urnes ou de bulletins.

 L'itinéraire de la manifestation à Paris

Les organisateurs ont déclaré un rassemblement Place d'Italie, puis un défilé à partir de 14 heures sur l'itinéraire suivant : Avenue des Gobelins, boulevard de Port Royal, boulevard du Montparnasse, boulevard des Invalides et rue de Grenelle. La dispersion est envisagée vers 19h au niveau de la place des Invalides.

Photo d'ouverture : manifestants anti-CPE en tête du cortège parisien lors de la dernière journée de mobilisation - archives

le 22 mars 2006 à 10:07
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6 Commentaires

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  • Jean, le 23/03/2006 à 11h21

    Que des étudiants majeurs fassent grêve soit...mais que des étudiants bloquent l'entrée de lycée et entrainent ou forcent des mineurs à faire grêve....

  • Vladimir, le 22/03/2006 à 17h09

    Le blocage des lycées est illégal. Le doit d'accéder librement aux lieux d'étude me semble primordial dans une démocratie.

  • Patrick, le 22/03/2006 à 16h35

    Bonjour tout les emploiyes qui on ete genes pour se rendre a leurs travail devraient envoyer la note aux socialistes et aux syndicats

  • Pierre marie vallez, le 22/03/2006 à 16h34

    Je rève d'une france où les ouvriers mettraient autant d'entrain au travail que pour faire grève, des étudiants qui apprendraient aussi bien qu'ils geullent dans les rues, de profs aussi assidus à leurs cours qu'ils ne remontent "le bourrichon" à leurs élèves..... mais tout ceci n'est qu'un rêve!!!!!!

  • Greg, le 22/03/2006 à 11h37

    J'étais bloqué à Poitiers ce matin. J'ai mi 1h30 au lieu de 10min pour aller à mon boulot. L'accès à la ville était bloqué mais même au sein de la ville il était impossible de se débplacer, embouteillages monstres.... Cependant c'est bel et bien Mr De Villepin que je tiens responsable de ce chao. Je suis jeune salarié dans le privé et je remercie les étudiants de lutter pour eux et pour ceux qui ne le peuvent pas.

  • ., le 22/03/2006 à 11h18

    Et si le premier Ministre retirait ce CPE , il y en a à qui ça ne rendrait pas service , par exemple tous les gauchistes et syndicalistes , "ils n'auraient plus de motif pour leur manif " , mais on peut leur faire "confiance " pour trouver autre chose pour mettre le bazar !

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