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Outreau : l'avocat général critique l'instruction


le 03 mars 2006 à 19h46 , mis à jour le 03 mars 2006 à 19h46.
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3min
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SociétéYves Jannier, avocat général du procès en appel d'Outreau, entendu à huis clos par la commission d'enquête parlementaire le 28 février, a accepté qu'elle soit rendue publique. Concernant l'hypothèse d'un réseau de pédophilie, il a rappelé qu'elle avait démontée par un rapport d'enquête en 2002.

L'avocat général du procès d'assises en appel de l'affaire d'Outreau, Yves Jannier, a critiqué plusieurs acteurs de l'instruction de ce dossier devant la commission d'enquête parlementaire lors de son audition à huis clos du 28 février, dont il a accepté qu'elle soit rendue publique.

Concernant l'instruction, il a insisté sur l'importance des conclusions du rapport d'enquête du service de la police judiciaire de Lille à l'été 2002, qui estimaient que la piste belge ou un réseau structuré de pédophilie n'existaient pas. "On en revient à l'hypothèse de départ des deux familles" qui ont abusé des enfants, a-t-il souligné, reconnaissant toutefois qu'il est "toujours très facile de refaire l'histoire à l'envers". "A partir de ce moment-là, on aurait pu avoir suffisamment de sens critique pour s'interroger et reprendre d'un autre regard ce qui était déjà construit (...). Les conclusions montrent que les options d'enquête sont devenues des impasses", a-t-il estimé.

"Quelles que soient les fonctions, on peut les exercer avec rigueur et humanité"

Il a aussi été interrogé sur les déclarations des juges des libertés et de la détention et de plusieurs magistrats de la chambre de l'instruction qui ont regretté de ne disposer que du "dossier papier", soulignant que l'aspect humain intervenait seulement à l'audience. "Il n'est de papier que pour ceux qui ont voulu ou souhaité qu'il reste de papier", a-t-il répondu. "Quelles que soient les fonctions qu'on exerce, on peut toujours les exercer avec rigueur et humanité", a-t-il souligné.

Interrogé sur le fait que Gérald Lesigne, procureur de la République de Boulogne-sur-Mer lors de l'instruction de l'affaire, ait été l'avocat général du premier procès de Saint-Omer en 2004, il a jugé "opportun" que dans des affaires d'une telle importance, "celui qui les a suivies n'accepte pas d'aller à l'audience". La défense avait aussi critiqué cette situation, estimant que Gérald Lesigne ne pouvait que manquer de recul à l'audience.

Applaudi à la fin de son audition par la quinzaine de députés présents, sur un total d'une trentaine qui composent la commission, Yves Jannier, qui a requis et obtenu l'acquittement des six personnes jugées en appel à Paris en 2005, a enfin estimé qu'à propos de la parole de l'enfant on était "resté sur deux idées erronées : un enfant ne peut pas mentir ; si un enfant n'a pas vécu de telles choses, il ne peut pas les relater".

Photo d'ouverture : la commission Outreau lors des auditions - archives

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