Outreau : polémique journaliste-procureur

le 15 mars 2006 à 10h06 , mis à jour le 15 mars 2006 à 10h24

Lors de son audition devant la commission d'enquête parlementaire, Stéphane Durand-Souffland, reporter au Figaro, a dénoncé des "pressions" de l'accusation et contredit en partie le témoignage de Yves Bot, le procureur général de Paris.

[Expiré] [Expiré] outreau commission enquête durand souffland © afp

Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur au Figaro et président de l'association de la presse judiciaire, a raconté mardi lors de son audition par la commission d'enquête parlementaire les coulisses des deux procès de l'affaire d'Outreau. Et son témoignage va totalement à l'encontre de celui de Yves Bot

Il a notamment contesté la "spontanéité" de la conférence de presse donnée dans la salle d'audience après le réquisitoire lors du procès en appel à Paris en novembre 2005. "Elle avait été organisée, ce n'est pas la presse qui avait demandé une conférence de presse dans la salle d'audience, ça c'est pas vrai. C'est la responsable de presse du parquet général qui a invité les journalistes à rester dans la salle d'audience", a-t-il déclaré.

"Pris pour un imbécile"

Cette affirmation du journaliste, qui avait prêté serment, a surpris le président de la commission André Vallini : "c'est un peu gênant que sa version (ndlr : celle de Yves Bot) ne soit pas la vôtre" car "vous avez tous les deux prêté serment". "S'il y a eu mensonge, il va falloir qu'on le sache. Il en va de la crédibilité de cette commission", a ajouté le député Jacques Floch (PS), craignant d'avoir été "pris pour un imbécile par le procureur général". A l'époque, cette conférence de presse exceptionnelle avait été vivement critiquée par la présidente de la cour d'assises d'appel de Paris, Odile Mondineu-Hederer.

Stéphane Durand-Souffland a également raconté les avertissements des magistrats du parquet. Selon lui, pendant le procès de première instance à Saint-Omer et jusqu'au début de celui en appel à Paris, ils invitaient les journalistes à la prudence, estimant qu'Outreau était "un dossier qui tient à la colle". Il y avait une volonté de l'accusation "de ne pas rentrer bredouille. Il fallait qu'il y ait des condamnations" a-t-il lancé. "Aujourd'hui, après les acquittements, il y a une rumeur dans tous les palais de justice de France : 'Y'en a quand même qui ont eu de la chance '. Cette rumeur, c'est pas les journalistes qui la font circuler", a-t-il conclu.

(photo afp : Stéphane Durand-Souffland, avec Florence Aubenas)

le 15 mars 2006 à 10:06
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4 Commentaires

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  • Pierre marie vallez, le 15/03/2006 à 16h12

    De tout temps, en démocratie, la meilleure façon "d'enterrer" un problème est la constitution d'une commission d'enquête, cela "dure des lustres" et le problème est oublié par l'opinion!!! pensez-vous sincèrement qu'outreau fera exception????

  • Bazin, le 15/03/2006 à 12h24

    Cela sera plus dur à la presse écrite de faire son méa-culpa que n'importe quels autre institution. Les journalistes trouveront des milliers de raisons pour avoir écrit n'importe quoi ainsi que les directeurs et les patrons de presse.Je n'ai jamais vu dans la presse française des excuses spontanées de la part des journaux sauf quand il y a jugement. Alors Messieurs les journalistes retenez au moins la Leçon même si votre égo en a pris un coup.

  • Vastre, le 15/03/2006 à 11h08

    Qui peut croire à présent qu'une Commission Parlementaire va mettre de l'ordre dans une administration régalienne de l'Etat pourrie jusqu'au trognon. Il faut d'urgence accabler le juge Burgaud et le procureur Lesygne et quelques lampistes. L'Etat français est bien plus compétent pour fabriquer de l'électricité ou distribuer du gaz que pour rendre la justice et éduquer les barbares ! Triste constat.

  • Alain, le 15/03/2006 à 11h02

    Spontanée ou pas, quelle importance ? Si ce n'est d'être un bel écran de fumée pour masquer le reste en critiquant l'un des quelques magistrats qui ont sauvé l'honneur de la justice ! Quand à la rumeur : calomniez, calomniez, il en restera toujours quelques chose ! disait Beaumarchais, il y a plus de deux cents ans. Qu'attend le CSM pour stopper ça ?

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