Outreau: le psychologue reconnaît n'avoir pas assez douté

le 08 mars 2006 à 08h54 , mis à jour le 09 mars 2006 à 16h12

Jean-Luc Viaux, psychologue qui a expertisé les enfants Delay-Badaoui, a reconnu mardi devant la commission parlementaire d'Outreau n'avoir pas eu "assez de doutes".

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"Nous n'avons pas eu assez de doutes", a déclaré mardi Jean-Luc Viaux devant la commission d'enquête parlementaire d'Outreau. Celui qui a expertisé seul les enfants Delay-Badaoui a regretté que des contre-expertises des enfants n'aient pas été effectuées. "Il faudrait que les expertises soient discutées de façon contradictoire au fur et à mesure de l'évolution du dossier", a-t-il souhaité. Il a affirmé que,  lorsqu'il a rendu son rapport le 30 juin 2002, il ne connaissait pas "les objections faites par les personnes mises en cause". "C'est un regret car je vois bien les conséquences que cela a eu", a-t-il ajouté.

Il reconnait que l'expertise "avait alimenté l'acte d'accusation". M. Viaux et sa collègue avaient estimé que les enfants Delay n'étaient ni mythomanes, ni affabulateurs et qu'ils ne cherchaient pas à imputer des faits à des personnes non concernées. Sur ce dernier point, l'expert a reconnu que "c'était une erreur d'avoir répondu à cette question" posée par le juge d'instruction Fabrice Burgaud. Il a souligné que "personne n'avait vu", notamment aucun autre magistrat, "que cette question n'aurait jamais dû être posée". "Ce n'est pas notre métier d'avaliser des faits. Comment peut-on demander à un expert de raisonner sur l'imputabilité des faits?", a-t-il lancé, évoquant le  "traquenard" de cette question "extraordinaire".

Radié de la cour de cassation

M. Viaux est également revenu sur son "dérapage" lors du procès en appel à  Paris en 2005 lorsqu'il avait déclaré que lorsqu'"on paye des expertises au  tarif d'une femme de ménage, on a des expertises de femme de ménage". "Je regrette cette phrase malheureuse", a-t-il dit. Il a justifié ses propos  par l'impression que l'institution judiciaire lui faisait "porter seul le poids  d'un dysfonctionnement", à la sortie d'une audience "très difficile" pour lui.

A la suite de cette déclaration, le ministre de la Justice Pascal Clément  avait demandé la radiation de M. Viaux. Il a été radié de la liste de la Cour de cassation. Une procédure est en cours devant la cour d'appel de Rouen à laquelle il est rattaché. En réponse à une question d'un député, il a précisé que les expertises étaient payées "au même tarif que depuis 1979", c'est à dire 172 euros par personne expertisée.

Photo : M.Viaux, mardi, devant la commission (DR)

le 08 mars 2006 à 08:54
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3 Commentaires

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  • ., le 08/03/2006 à 11h23

    Permettez moi de douter du bien fondé des psy qui souvent sont enfermés dans leur rôle et paraissent un peu hors du monde ! Je peux vous donner un exemple de ce qui m'amène à douter : J'ai un fils qui a éssayé d' entrer à la SNCF pour celà il a passé des tests sur plusieurs années et chaque fois s'est fait rejeter par le psy de service alors qu'il n'avait aucun soucis sur le plan technique . Aujourd'hui il travaille à la SNCF et oui ! , et comment ? tout simplement parce qu' une personne dont on à fait la connaissance ,a vue , elle!, a qui elle avait à faire en la personne de notre fils et lui a fait confiance . Aujourd'hui celà fait 5 ans qu'il travaille et semble très bien faire l'affaire puisqu'il est très apprécié de ses collègues et pense prochainement prendre un poste à responsabilités , comme quoi l'avis des psy n'est pas toujours fiable ! Bonne journée !

  • Matthias, le 08/03/2006 à 11h16

    J'ai pu regarder le Droit de savoir hier, et j'ai été choqué par cette Phrase. Elle ne peut pas être jugée "malheureuse", elle est inadmissible. Je ne peux pas comprendre qu'une analye soit dependante d'une remuneration. Personellement, je suis payé "un certain prix" pour mon travail, et comme beaucoup, j'estime que ce n'est pas assez. Mais je rempli tout de même mes fonctions avec l'assiduité et le serieux demandé. Je concois des pieces pour l'automobile. En cas d'accident mortel, je ne peux pas imaginer dire "lorsqu'on paye un concepteur au tarif d'une femme de menage, on a une conception de femme de menage" Cela dit, cette affaire lève le voile sur le fonctionnement de la justice en France. Quelles suites cela impliquera, personne ne peut le dire. Mais n'y a-t-il pas un risque que des agissements pedophiles passent desormais au travers, par peur de reiterrer ce que l'on appelle maintenant "le cas Outreau"?

  • Alain, le 08/03/2006 à 10h25

    Puisque c'est payé une misère, pourquoi font-ils ce travail ? Mais c'est vrai que expert près de la cour de cassation, ça fait bien sur une carte de visite ! Pourqoui découvrir seulement maintenant que la question était idiote ?

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