Ouverture du procès des filières tchétchènes

le 20 mars 2006 à 21h17 , mis à jour le 20 mars 2006 à 21h36

La 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris examine à partir de ce lundi le dossier dit des "filières tchétchènes" dans lequel 26 islamistes présumés sont soupçonnés d'avoir préparé en 2001-2002 des attentats notamment en France.

TF1/LCI Procès des filières tchétchènes

Le tribunal consacrera plus d'un mois à ce dossier qui a fait l'objet d'une des instructions antiterroristes les plus importantes en France ces dix dernières années. "Le groupe était en passe de réaliser une campagne d'attentats en France", selon une source proche du dossier qui ne précise cependant pas l'état d'avancement des préparatifs de ces attentats. Parmi les 26 prévenus dont 15 comparaîtront détenus, on trouve d'ex-membres du maquis du Groupe islamique armé (GIA) de Chleff (Algérie), des djihadistes internationaux proches d'Al Qaïda et de petites mains recrutées dans les banlieues françaises.

Arrêtés à La Courneuve et à Romainville

Le dossier instruit par les juges Jean-Louis Bruguière, Jean-François Ricard et Philippe Coirre, avait été ouvert le 13 novembre 2002 dans le prolongement de l'enquête sur le "groupe de Francfort" qui avait préparé un attentat contre le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2000. Cette nouvelle enquête visait des individus soupçonnés de s'être entraînés en Géorgie en vue de combattre en Tchétchénie, avant de retourner en France préparer des attentats. Or, si certains d'entre eux se sont bien rendus dans des camps des gorges du Pankissi (Géorgie) pour se former, aucun n'est allé en Tchétchénie.

En décembre 2002, les huit premiers suspects, sous surveillance de la DST depuis plusieurs mois, avaient été arrêtés à La Courneuve et à Romainville en Seine-Saint-Denis. L'un d'entre eux, Mirouane Ben Ahmed, artificier et ex-membre du GIA, aurait été en relation avec l'Algérien Rabah Kadre, alias "Toufik" bras droit d'Abou Doha, chef des réseaux d'Oussama Ben Laden en Europe, arrêté à Londres en mars 2001. Un autre, Menad Benchellali, aurait mené en 2002 dans l'appartement de ses parents à Vénissieux (Rhône) des expérimentations chimiques en vue d'un éventuel attentat. Un neuvième suspect, Nourredine Merabet, a été arrêté à la frontière entre la France et l'Espagne où une demi-douzaine de membres présumés du même réseau ont également été interpellés.

Un spécialiste des produits toxiques

Lors des perquisitions, ont été trouvés des systèmes de mise à feu à distance, une liste de produits chimiques et des produits pouvant servir à la fabrication de circuits imprimés. Le 3 janvier 2004, sept autres suspects, dont le père, la mère et un frère de Menad Benchellali, étaient arrêtés à Vénissieux. En juin 2004, Saïd Arif, ex-lieutenant de l'armée algérienne et considéré comme un spécialiste des produits toxiques, était extradé de Syrie. Il aurait fréquenté les membres du "groupe de Francfort" et plusieurs membres des "filières tchétchènes", initiant avec eux l'idée d'attentats notamment en France, selon une source proche du dossier.

Des cibles à Paris

Selon plusieurs déclarations de mis en cause, le groupe aurait envisagé de frapper des intérêts russes en France pour venger l'élimination d'un commando tchétchène à Moscou en octobre 2002. D'autres déclarations évoquent des cibles différentes: un magasin au forum des Halles à Paris, la Tour Eiffel, des commissariats de police. Le procès aura lieu dans la salle des grandes assises du Palais de justice de Paris, tous les jours à partir de 13 heures 30 jusqu'au 28 avril. Le réquisitoire et les plaidoiries sont prévues à partir du 2 mai et jusqu'au 12.

Des terroristes présumés. Image LCI. 

le 20 mars 2006 à 21:17
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