
Après plus de deux mois de crise, Dominique de Villepin semble résolu à ne pas céder sur l'essentiel du CPE, même s'il souhaite maintenir le dialogue avec les syndicats. Ainsi, à la veille de la grande mobilisation de mardi, il a invité mercredi les organisations de salariés et d'étudiants à Matignon pour poursuivre les discussions. Offre déjà repoussée par la CFDT...
Ne pas céder donc, voilà le message du Premier ministre. Détermination, entêtement, ou calcul politicien ? Le pari du Premier ministre, décidé à tenir le cap, ne cesse d'intriguer, notamment dans la perspective de 2007. L'électorat de droite semble séduit par sa fermeté, si l'on en croit les sondages. Mais il est encore difficile de savoir s'il pourra tenir. "Son attitude constante de grande fermeté étonne; elle est en effet assez rare chez les élus que fouette toujours la peur du désaveu électoral", note Philippe Braud, professeur à Sciences-Po.
Mais pour ce dernier, "Dominique de Villepin aurait déjà démissionné, ou cédé, s'il pensait n'avoir aucune chance de l'emporter. Le pari est à hauts risques mais il est gagnable", estime-t-il. Confronté à une mobilisation croissante contre ce contrat destiné aux jeunes, le chef du gouvernement n'a cessé d'afficher sa fermeté, excluant tout retrait, suspension ou "dénaturation" du contrat première embauche (CPE).
"Gagner du temps"
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Gagner du temps, mettre en oeuvre la loi, enregistrer des contrats d'embauche qui permettraient d'afficher dans six mois un recul significatif du chômage des jeunes, voilà sans doute la stratégie actuelle de Dominique de Villepin", note Philippe Braud. "Il serait alors en mesure de démontrer, en 2007, qu'il s'est montré efficace dans sa lutte contre le chômage, et qu'il a endossé une stature d'homme d'Etat". Cela lui permettrait en même temps de marquer des points dans sa rivalité avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier se montre d'ailleurs prudent, soucieux d'afficher son soutien au gouvernement tout en marquant régulièrement sa différence.
Le prochain test pour le Premier ministre sera évidemment l'ampleur de la mobilisation, mardi. "Si elle est un demi-échec pour les syndicats, il lui reviendra de les aider à sauver la face en leur offrant des concessions, dans le cadre de la loi", estime le professeur Braud. En revanche, "si elle est un grand succès, son échec personnel se profile à l'horizon", prédit-il.
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