Le pari de Villepin, tenir

le 27 mars 2006 à 20h27 , mis à jour le 28 mars 2006 à 14h31

La mobilisation de mardi va-t-elle constituer un tournant décisif dans le conflit ? Le Premier ministre va jauger l'ampleur des manifestations pour affiner sa stratégie de dialogue à petits pas sans céder sur son projet.

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Après plus de deux mois de crise, Dominique de Villepin semble résolu à ne pas céder sur l'essentiel du CPE, même s'il souhaite maintenir le dialogue avec les syndicats. Ainsi, à la veille de la grande mobilisation de mardi, il a invité mercredi les organisations de salariés et d'étudiants à Matignon pour poursuivre les discussions. Offre déjà repoussée par la CFDT...

Ne pas céder donc, voilà le message du Premier ministre. Détermination, entêtement, ou calcul politicien ? Le pari du Premier ministre, décidé à tenir le cap, ne cesse d'intriguer, notamment dans la perspective de 2007. L'électorat de droite semble séduit par sa fermeté, si l'on en croit les sondages. Mais il est encore difficile de savoir s'il pourra tenir. "Son attitude constante de grande fermeté étonne; elle est en effet assez rare chez les élus que fouette toujours la peur du désaveu électoral", note Philippe Braud, professeur à Sciences-Po.

Mais pour ce dernier, "Dominique de Villepin aurait déjà démissionné, ou cédé, s'il pensait n'avoir aucune chance de l'emporter. Le pari est à hauts risques mais il est gagnable", estime-t-il. Confronté à une mobilisation croissante contre ce contrat destiné aux jeunes, le chef du gouvernement n'a cessé d'afficher sa fermeté, excluant tout retrait, suspension ou "dénaturation" du contrat première embauche (CPE).

"Gagner du temps"

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Ces derniers jours, il a cependant laissé entendre qu'il était prêt à une concertation "sans a priori", notamment sur les points les plus litigieux du texte, la durée de la période d'essai et la non-motivation du licenciement. Les ministres sociaux poursuivent les discussions avec les syndicats, avant les prochains rendez-vous de mercredi. Mais pour Matignon, la situation ne pourra désormais évoluer qu'après mardi. On attend également pour jeudi la décision du Conseil Constitutionnel. Selon Le Figaro, " le chef de l'Etat et le Premier ministre écartent une censure par les Sages ". Enfin, vendredi tombent les chiffres du chômage de février. En cas de bons résultats, le Premier ministre pourrait retrouver un argument pour retourner l'opinion.

Gagner du temps, mettre en oeuvre la loi, enregistrer des contrats d'embauche qui permettraient d'afficher dans six mois un recul significatif du chômage des jeunes, voilà sans doute la stratégie actuelle de Dominique de Villepin", note Philippe Braud. "Il serait alors en mesure de démontrer, en 2007, qu'il s'est montré efficace dans sa lutte contre le chômage, et qu'il a endossé une stature d'homme d'Etat". Cela lui permettrait en même temps de marquer des points dans sa rivalité avec Nicolas Sarkozy. Ce dernier se montre d'ailleurs prudent, soucieux d'afficher son soutien au gouvernement tout en marquant régulièrement sa différence.

Le prochain test pour le Premier ministre sera évidemment l'ampleur de la mobilisation, mardi. "Si elle est un demi-échec pour les syndicats, il lui reviendra de les aider à sauver la face en leur offrant des concessions, dans le cadre de la loi", estime le professeur Braud. En revanche, "si elle est un grand succès, son échec personnel se profile à l'horizon", prédit-il.

le 27 mars 2006 à 20:27
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7 Commentaires

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  • Marion, le 28/03/2006 à 15h05

    Voila des decennies que les francais obtiennent ce qu'ils veulent grace a des greves a repetition. Resultat: nos jeunes se conduisent en enfants gates a qui on ne peut rien imposer, et surtout pas de travailler pour gagner leur vie. La fermete est une politique que nos politiciens auraient du adopter depuis longtemps, mais mieux vaut tard que jamais. Je suis prete a parier que les moins de 25 ans qui veulent vraiment trouver un emploi, et donc ceux qui sont utiles a la France, soutiennent Mr De Villepin dans son action contre le chomage. Les autres sont aujourd'hui dans la rue et creent le chaos. Personellement, je sais pour quel cote je voterai!

  • Bobo, le 28/03/2006 à 13h40

    D galouzeau de Villepin n'a jamais été élu !!! "Son attitude constante de grande fermeté étonne; elle est en effet assez rare chez les élus que fouette toujours la peur du désaveu électoral"

  • Flo, le 28/03/2006 à 09h17

    De toutes façon même si il y a 1 million, 2 million de manifestants nous sommes 60 millions soit la majorité silencieuse et invisible.

  • Michel, le 28/03/2006 à 08h42

    De villepin peut tirer un trait sur les élections qu'il n'espère meme plus etre président de la république en 2007. de Villepin vient de signer sa fin auprès de nombreux français et d'un nombre impréssionnant de jeunes, futur électeurs en 2007.A quand un CPE pour le gouvernement ou on peut les virer sans motif, eux qui profitent chaque jour de l'argent des français.

  • Steph, le 28/03/2006 à 05h09

    CNE - Licenciée pour mal de dos, elle attaque son entreprise maintenant à tous les pros CPE, imaginez la meme chose avec : CPE - Licenciée pour etre enceinte, elle attaque son entreprise, elle perd, l'entreprise a expliquée que ses erreurs dans son travail etaient la cause de son licenciement, en aucun cas, le fait d etre enceinte n'a été un paramètre. reflechissez un peu les pros CPE, on ouvre la porte à tous les abus et au turn over dans les entreprises. perso je m'en fiche je suis bien loin de tout ça, mais de loin je vous vois perdre tous vos acquis, reflechissez avant de dire que tout est mauvais dans l'action de la France actuellement. bien cordialement.

  • Louis, le 27/03/2006 à 23h06

    La pire des choses en démocratie est de céder à la rue. En effet, les décisions se prennent là où sont réunis les élus de la majorité et de l'opposition. L'Assemblée Nationale. Les grèves ou autres mouvements ne peuvent s'entendre que pour des motifs de salaires, ou autres, mais jamais pour des motifs d'ordre politiques. Cela ridiculise les élus, la République, la liberté.Que la gauche s'en souvienne.On ne peut pas réclamer pour soi le respect du suffrage universel, quand on l'a refusé à l'autre camp.

  • Bridoux, le 27/03/2006 à 21h26

    Très surprenant cette reaction bien mr de villepin

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