"Place Beauvau": pas de torture avérée

le 17 mars 2006 à 17h33 , mis à jour le 17 mars 2006 à 22h18

L'enquête de la "police des polices" n'a pas permis de confirmer les faits de torture policière datant de 1995 dénoncés dans le livre "Place Beauvau". Elle a en revanche permis de révéler des "gifles".

[Expiré] [Expiré] Place Beauvau police Intérieur forces de l'ordre © AFP

L'enquête de la "police des polices" n'a pas permis de confirmer les faits de torture policière datant de 1995 dénoncés dans le livre "Place Beauvau", mais a révélé des "gifles", selon le pré-rapport de l'enquête administrative rendu public vendredi par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Dans "Place Beauvau: la face cachée de la police", les auteurs accusent des policiers antiterroristes de s'être livrés à des actes de torture (privation de sommeil, torture à l'électricité,...) sur des gardés à vue dans les enquêtes sur les attentats de 1995.

"Les soupçons de torture à l'électricité ne demeurent que pour un seul des trois gardés à vue" à Lyon, a indiqué le directeur de l'Inspection générale de la police nationale, Jacques Lamotte. Mais, selon lui, "ces soupçons ne peuvent être corroborés par aucun autre témoignage, certificat médical, confidence faite à un médecin ou à un avocat en garde à vue". Tous les autres faits de torture et de privation ont été réfutés par Jacques Lamotte. "A titre personnel je comprends ces gifles mais en tant que directeur de l'IGPN nous réprouvons ces gifles, nous les réprouvons fermement", a déclaré Jacques Lamotte. "Les gifles constituent des faits tout à fait illégaux, donc l'IGPN les réprouve", a-t-il indiqué. "Nous n'avons pas parlé de passage à tabac", a-t-il déclaré, ajoutant: "Des suites seront données".

Mis en cause par des policiers pour des coups et sa "propension à resserrer les menottes", l'ancien chef de la 6ème division de police judiciaire, devenue division nationale antiterroriste (DNAT), Roger Marion, a nié devant l'IGPN. Interrogé sur d'éventuelles sanctions pour les coups, le directeur général de la police nationale (DGPN) Michel Gaudin a assuré que son administration était "particulièrement intransigeante avec tous les actes de violence". "Nous appliquons la loi, mais la loi prévoit des prescriptions", a-t-il ajouté. De plus, il faudrait que "leurs auteurs aient été identifiés ce qui n'est pas le cas à ma connaissance", selon Michel Gaudin.

Les auteurs du livre "Place Beauvau : la face cachée de la police" maintiennent toutes les accusations de torture. "En 95, il y a bien eu des actes de torture commis par un petit nombre de policiers sur un petit nombre d'islamistes et nous sommes prêts à défendre ceci devant la justice", a déclaré l'un des auteurs, le journaliste Jean-Michel Décugis. "Nos sources nous répètent qu'elles ne diront rien devant l'IGPN", a-t-il ensuite ajoutant être "sûr de (ces) sources". (AFP)

le 17 mars 2006 à 17:33
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8 Commentaires

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  • Christelle, le 17/03/2006 à 19h22

    Ooooohhhhh....les pauvres terroristes....Ils ont reçu des gifles ? Mais c'est pas bien ça ! Vous êtes vraiment pas gentils messieurs les policiers. C'est pas bien de faire ça ! Pensez au mal que vous avez fait à ces pauvres terroristes qui ont tuer tous ces gens...

  • Cedric, le 17/03/2006 à 18h46

    Sanctionner un policier qui gifle un poseur de bombes, j'ai vraiment honte d'être français. Sarko, il faudrait passer un peu aux actes, on se rend compte de jours en jours que le ministre de l'interieur est un beau parleur

  • René, le 17/03/2006 à 18h45

    Une pensée pour les victimes qui pensent à eux ? AUJOURD'HUI

  • Pierre, le 17/03/2006 à 18h36

    Quoi ? Un terroriste aurait été giflé par des policiers lors de son interrogatoire ? C'est une atteinte manifeste aux droits de l'homme ! Pauvre terroriste qui ne cherchait qu'à se faire entendre ...

  • Marie Preud'homme, le 17/03/2006 à 18h30

    Les amateurs de bavures policières en seront pour leurs frais. Tant mieux pour le corps de policiers, dont on sous-estime trop souvent le professionalisme et les qualités de courage et de stoïcisme face aux violences sociales, où ils ont à jouer, sans états d'âme et avec beaucoup de sang-froid, le rôle de tampon, quand ce n'est pas de défouloir. A noter que les critiques les plus virulentes viennent souvent des mêmes qui leur reprocheraient, a contrario, leur manque d'efficacité ou de fermeté dès lors qu'ils se retrouveraient à leur tour en situation de victime.

  • Jérôme, le 17/03/2006 à 18h25

    C'est ce que disait aussi le KGB

  • Mike, le 17/03/2006 à 18h22

    Alain, tout a fait d'accord avec toi en plus, une petite gifle , ca n'a jamais fait de mal a personne!!!

  • Alain, le 17/03/2006 à 18h13

    Peu importe, ce qui compte c'est de preserver les innocents qui prennent le metro et dont on fait bien peu cas

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