© AFPL'enquête de la "police des polices" n'a pas permis de confirmer les faits de torture policière datant de 1995 dénoncés dans le livre "Place Beauvau", mais a révélé des "gifles", selon le pré-rapport de l'enquête administrative rendu public vendredi par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Dans "Place Beauvau: la face cachée de la police", les auteurs accusent des policiers antiterroristes de s'être livrés à des actes de torture (privation de sommeil, torture à l'électricité,...) sur des gardés à vue dans les enquêtes sur les attentats de 1995.
"Les soupçons de torture à l'électricité ne demeurent que pour un seul des trois gardés à vue" à Lyon, a indiqué le directeur de l'Inspection générale de la police nationale, Jacques Lamotte. Mais, selon lui, "ces soupçons ne peuvent être corroborés par aucun autre témoignage, certificat médical, confidence faite à un médecin ou à un avocat en garde à vue". Tous les autres faits de torture et de privation ont été réfutés par Jacques Lamotte. "A titre personnel je comprends ces gifles mais en tant que directeur de l'IGPN nous réprouvons ces gifles, nous les réprouvons fermement", a déclaré Jacques Lamotte. "Les gifles constituent des faits tout à fait illégaux, donc l'IGPN les réprouve", a-t-il indiqué. "Nous n'avons pas parlé de passage à tabac", a-t-il déclaré, ajoutant: "Des suites seront données".
Mis en cause par des policiers pour des coups et sa "propension à resserrer les menottes", l'ancien chef de la 6ème division de police judiciaire, devenue division nationale antiterroriste (DNAT), Roger Marion, a nié devant l'IGPN. Interrogé sur d'éventuelles sanctions pour les coups, le directeur général de la police nationale (DGPN) Michel Gaudin a assuré que son administration était "particulièrement intransigeante avec tous les actes de violence". "Nous appliquons la loi, mais la loi prévoit des prescriptions", a-t-il ajouté. De plus, il faudrait que "leurs auteurs aient été identifiés ce qui n'est pas le cas à ma connaissance", selon Michel Gaudin.
Les auteurs du livre "Place Beauvau : la face cachée de la police" maintiennent toutes les accusations de torture. "En 95, il y a bien eu des actes de torture commis par un petit nombre de policiers sur un petit nombre d'islamistes et nous sommes prêts à défendre ceci devant la justice", a déclaré l'un des auteurs, le journaliste Jean-Michel Décugis. "Nos sources nous répètent qu'elles ne diront rien devant l'IGPN", a-t-il ensuite ajoutant être "sûr de (ces) sources". (AFP)
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