
Le procès dit des "filières tchétchènes" s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour juger 27 terroristes islamistes soupçonnés d'avoir préparé en 2001-2002 des attentats notamment en France. Après la notification des poursuites aux prévenus, dont seize comparaissaient détenus, des avocats ont d'emblée soulevé des problèmes de procédure.
Vingt-cinq prévenus étaient présents à cette audience qui se tenait dans la salle de la grande cour d'assises du tribunal de Paris, où une vitre avait été spécialement installée devant le box des détenus. Deux étaient absents pour des raisons personnelles. Parmi les prévenus, figurent d'ex-membres du maquis du Groupe islamique armé (GIA) de Chleff (Algérie), des djihadistes internationaux proches d'Al-Qaïda et de "petites mains" recrutées dans les banlieues françaises. Ils sont poursuivis principalement pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", une charge à laquelle s'ajoute pour certains celle de "faux et usage de faux documents administratifs, entrée et séjour irrégulier".
Des pièces obtenues "sous la torture"
Me Sébastien Bono, l'avocat de Saïd Arif, 41 ans, ex-lieutenant de l'armée algérienne et considéré comme un spécialiste des produits toxiques, a soulevé la question de la compétence d'un tribunal français pour juger son client. Selon son avocat, Saïd Arif, extradé de Syrie en septembre 2004, de nationalité algérienne, ne se voit reproché "que des faits qui auraient eu lieu à l'étranger". L'avocat a en outre demandé au tribunal "de rejeter toutes les pièces qui ont été obtenues", selon lui "sous la torture" en Syrie. Arrêté dans ce pays en juillet 2003 puis extradé vers la France près d'un an après, Me Bono a affirmé que Saïd Arif avait été torturé pendant sa détention à Damas. "Vous n'avez pas à vous salir avec de telles pièces", a déclaré l'avocat. Me Bono a également reproché aux autorités française d'avoir autorisé les services secrets russes à interroger son client en France en janvier 2006 alors que le renvoi en correctionnel de Saïd Arif avait déjà été prononcé.
Enfin Me Isabelle Coutant Peyre, l'avocat de Zinedine Khalid, a demandé l'irrecevabilité de la constitution de partie civile dans ce procès de l'association SOS Attentats dans la mesure "où il n'y a aucune victime". Zinedine Khalid, un franco-algérien de 43 ans, avait été arrêté une première fois en France, en possession d'une arme, lors d'une opération préventive avant la Coupe de monde de football en 1998. Il passe pour bien connaître le maniement des explosifs et des substances toxiques, appris lors de "stages de formation" effectués dans les Gorges du Pankisi, dans le Caucase.
Ce procès, prévu pour durer jusqu'au 12 mai, intervient à l'issue de l'une des plus importantes instruction antiterroriste en France ces dix dernières années.
Des terroristes présumés. Image LCI.
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