Premières passes d'armes au procès des transferts de l'OM

le 13 mars 2006 à 07h19 , mis à jour le 13 mars 2006 à 21h59

Robert Louis-Dreyfus est resté sur sa ligne de défense lundi, au premier jour du procès des transferts suspctes de l'Olympique de Marseille. Il a détaillé son engagement dans le club de football, avec cet argument sous-jacent : comment celui qui a tant investi dans l'OM aurait-il pu se voler lui-même ?

RLD Procès OM

Le procès des transferts suspects à l'Olympique de Marseille entre 1997 et 1999, ouvert lundi, a donné lieu aux premières escarmouches entre prévenus mais aussi à deux incidents de séances ayant laissé planer le spectre d'un départ de l'actionnaire principal Robert Louis-Dreyfus. Devant une cinquantaine de journalistes, signe de l'intérêt médiatique pour ce club abonné aux affaires judiciaires, les débats ont valu rappel historique du mode de gestion particulier de l'OM sous l'ère "RLD".

L'homme d'affaires, arrivé écharpe de l'OM au cou, est poursuivi pour abus de biens sociaux aux côtés notamment de l'ancien entraîneur Rolland Courbis et des anciens présidents délégués Jean-Michel Roussier et Yves Marchand. Après que Jean-François Larios, agent de joueurs, eut quitté les débats dès l'appel des prévenus, affirmant qu'il n'avait jamais reçu notification de sa mise en examen, la défense de Louis-Dreyfus s'est interrogée elle aussi sur son maintien à l'audience. Avec l'absence de Larios, "nous souffrons d'un préjudice, car nous entendions bien qu'il répète à l'audience que Robert Louis-Dreyfus était ignorant des faits qui lui étaient reprochés", a estimé l'un de ses avocats, Me Jean Veil. "Mais pour ne pas donner le sentiment qu'il fuirait l'audience, il a décidé de rester", a-t-il conclu.

"On a l'impression que la boîte était gérée par les frères Angeloglou"

"RLD", chemise blanche, costume anthracite, a commencé à s'expliquer sur son investissement dans ce club depuis sa reprise en 1997. De janvier 1997 à mars 2003, 134,3 millions d'euros de ses fonds personnels ont alimenté les caisses du club. Evoquant l'investissement "de 100 millions de francs dans la Commanderie, l'un des centres d'entraînement les plus modernes d'Europe", il a voulu montrer son engagement "dans la pérennité du club (...), l'un des seuls Français n'ayant aucune dette". Et si les sommes englouties dans les transferts de joueurs atteignaient des sommets, c'était "pour essayer de décrocher une qualification en Ligue des champions". Bref, "RLD" a collé à sa ligne de défense qui n'imagine pas comment celui qui a tant dépensé pour l'OM peut se voler lui-même.

Autre argument-clé avancé dans la gestion des transferts, pour lesquels 28 millions d'euros sont soupçonnés d'avoir circulé frauduleusement : "je discutais l'enveloppe, mais je n'intervenais que très rarement après", a dit "RLD". Une explication balayée par l'ancien président délégué Jean-Michel Roussier: "Il y avait discussion systématiquement sur les modalités, entre Robert Louis-Dreyfus et Jean-René Angeloglou (expert-comptable, ndlr)". "On a l'impression que la boîte était gérée par les frères Angeloglou", s'est d'ailleurs étonné le président du tribunal Vincent Turbeaux, prompt à l'ironie. Denys Angeloglou, avocat, est aussi poursuivi dans ce procès. Les deux frères, membres du conseil de surveillance, n'étaient pas salariés de l'OM.

L'idée d'un manque de transparence dans la gestion du club a filtré quand Roussier a mis sur le compte "des mystères de l'OM" le paiement d'une facture de 1,5 million de francs à la société Fidustar, dans le cadre du transfert du gardien de Monaco Stéphane Porato en 1998, alors qu'il s'y était opposé. Le directeur financier de l'époque, Guy D'Arbonneau, dans une note salée à "RLD", s'était aussi offusqué d'apprendre "par un barman du Sofitel" l'arrivée de l'attaquant Kaba Diawara... Manque de clarté, enfin, sur les conditions d'embauche de Courbis. Sous le coup d'un redressement fiscal de 9 millions de francs à son arrivée en 97, il a expliqué comment il s'était "mis d'accord"avec RLD sur un salaire de 5 millions de francs. "Mais finalement, je ne devais en recevoir que 2,5 et on a donc essayé de trouver une solution", que l'accusation estime être celle des commissions occultes sur les transferts.

Photo d'ouverture : Robert Louis-Dreyfus lundi matin au tribunal correctionnel de Marseille . Image LCI.

le 13 mars 2006 à 07:19
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