"Le preneur d'otage a été gentil avec nous"

Par Par D.S. (avec AFP), le 10 mars 2006 à 07h33 , mis à jour le 10 mars 2006 à 16h37

Elèves, surveillants et responsable du GIGN font le récit de cinq heures de prise d'otage jeudi après-midi au lycée Colbert de Torcy à Sablé-sur-Sarthe. L'individu, un ancien professeur dépressif, s'est laissé convaincre "à l'affectif" de libérer les lycéens.

Sablé-sur-Sarthe lycée lycéennes © LCI

"C'est à l'affectif" que les gendarmes du GIGN et une conseillère d'éducation du lycée Colbert de Torcy à Sablé-sur-Sarthe ont convaincu jeudi soir un preneur d'otages de 33 ans de déposer son arme. "Tout s'est passé par la communication" avec l'ex-professeur enfermé durant près de cinq heures dans une classe avec 21 élèves de 16 à 18 ans et deux surveillantes, selon le commandant du GIGN qui a dirigé l'opération.

Dès leur arrivée au lycée Colbert de Torcy, deux médiateurs de crise, des gendarmes formés à une première prise de contact, interviennentt. "Ils l'ont apaisé. Ils ont pu prendre les premiers éléments et établir son profil, ce qui a permis aux gens du GIGN d'être opérationnels immédiatement", témoigne le responsable du GIGN sur place. Rapidement, les spécialistes font le point avec toutes les personnes en lesquelles le preneur d'otage a confiance. L'une d'elles, une ancienne conseillère principale d'éducation, est alors désignée pour établir le contact. Les experts lui donnent quelques consignes de négociations afin de ramener l'individu à la raison.

"On était prêts à intervenir"

Au même moment, dans la classe, après un mouvement de panique, le calme est revenu parmi les otages. "Il a tout de suite été gentil avec nous, je le comprends aussi", a expliqué Vincent, un des élèves. "Il y en a qui avaient peur, alors il a posé son arme (...) Il nous a mis en confiance, il a dit qu'il était là pour qu'on l'entende (...) Il était détendu", a indiqué un autre lycéen après sa libération. "Il ne semblait pas nerveux, il a dit: 'de toute façon, je vais en prendre pour 20 ans, je sais ce que je fais'", a ajouté une lycéenne. L'homme aurait même prêter son téléphone portable à des lycéens pour qu'ils contactent leurs proches.

Le coup de fil de la conseillère principal a l'effet attendu après une heure. "La situation s'est débloquée lorsqu'il l'a eue au téléphone", témoigne Stéphanie, 27 ans, l'une des deux surveillantes retenues dans la classe. Le preneur d'otages fait mettre les élèves deux par deux en groupe. Et, au signal donné par les gendarmes, il libère les 21 lycéens et les deux surveillantes. Il est 19h30. La prise d'otage a duré cinq heures. Le GIGN indique alors à l'homme de rester dans la classe et de poser son arme. Quelques instants plus tard, il est interpellé en douceur. Le commandant du GIGN précise : "Parallèlement à la négociation, on avait des moyens d'observation, on connaissait sa position et son attitude. Les gendarmes étaient prêts à intervenir à tout instant".

Le preneur d'otages en hôpital psychiatrique

L'homme de 33 ans a été placé en hôpital psychiatrique, a annoncé vendredi le procureur de la République du Mans. Il a "un discours incohérent", a précisé Christian Elek. "Il se dit victime d'un complot d'Etat, parle d'agents secrets" et dénonce également "les dysfonctionnements de la société dans laquelle il vit". Il parle aussi "d'un chagrin d'amour, d'un mariage qui a échoué", a notamment indiqué le procureur. L'homme est hospitalisé à l'hôpital psychiatrique d'Allonnes (Sarthe) sur ordre du préfet de la Sarthe, Stéphane Bouillon, et sur proposition d'un expert psychiatrique. Le preneur d'otages était en garde à vue, notamment pour séquestration, à la gendarmerie de La Flèche (Sarthe), depuis son interpellation jeudi soir, sans violence, par les gendarmes du groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). (D'après AFP)

(Image LCI : jeudi soir au lycée Colbert de Torcy à Sablé-sur-Sarthe)

Par Par D.S. (avec AFP) le 10 mars 2006 à 07:33
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10 Commentaires

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  • Sood, le 10/03/2006 à 15h42

    On l'a interné à l'hôpital psychiatrique, c'est pire que la prison...

  • Gyslaine, le 10/03/2006 à 13h02

    C'est à cause de la politique et des gouvernements, du chômage que le monde devient fou... voilà un jeune qui subi les réformes de l'état, on le vire de son travail, on le jette à la poubelle et ensuite on s'étonne qui pête les plombs. toujours pareil se sont toujours les plus faibles qui paient. c'est honteux de condamner ce genre d'attitude ... le remise en confiance sera certainement plus efficace que la prison hélas !!!

  • Richard, le 10/03/2006 à 11h54

    Mais qu'est ce qu'il voulait ?

  • Vastre, le 10/03/2006 à 11h21

    "Le preneur d'otage a été gentil avec nous". Faut-il pour autant de gentillesse lui élever une statue ? On vient de découvrir le syndrôme de Sablé !

  • Pierre, le 10/03/2006 à 10h46

    Je trouve votre description apologétique de ce fait divers très choquante ! On parle tout de même d'une prise d'otage dans une école pleine de gamins avec une arme qui tire de vraies balles ! A force de transformer les coupables en victimes, on finit par encourager le crime. L'enfer est pavé de bons sentiments, ne l'oublions pas.

  • Florent, le 10/03/2006 à 10h27

    Il y a 8% de dépressifs en France; si chacun débarque avec un flingue et prend des otages à droite et à gauche, le GIGN va devoir embaucher d'urgence ...

  • Mimoune, le 10/03/2006 à 08h53

    Jusqu'où peut-on aller par désespoir ? La dépression, le chômage, la rupture, je ne l'excuse absolument pas, ses anciens collègues disaient qu'il ne ferait de mal à personne. C'est ce qui s'est passé. Cette personne ira en prison ce qui est tout à fait normal pour son geste, il ne demandait que du travail... Il faudrait se poser les bonnes questions, je m'adresse surtout à ceux qui nous gouvernent ou du moins imposent des choix et non des solutions aux problèmes actuels.

  • André, le 10/03/2006 à 08h30

    Est-il possible d'être fier d'être dans un pays dont sa société pousse ses habitants dans un tel desaroi ?

  • Laurent, le 10/03/2006 à 08h24

    J'espère qu'il aura des circonstances attenuantes...

  • Rodolphe, le 10/03/2006 à 08h22

    C'est à vous les médiats de rappeler la détresse de cet homme pas de travail depuis deux ans après avoir fait des études le vrai drame n'est t'il pas la ????

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