
Reçue vendredi soir à Matignon, la conférence des présidents d'université a formellement demandé à Dominique de Villepin la suspension du contrat première embauche. "Nous sommes extrêmement craintifs sur ce qui se passera la semaine prochaine. A partir d'aujourd'hui et pour six mois, il faut rouvrir des négociations. Cela revient de fait à suspendre le CPE", a déclaré Yannick Vallée, premier vice-président de la CPU à l'issue de la réunion.
Et de poursuivre : "Nous lui avons demandé s'il était prêt à faire un geste pour débloquer la situation, il ne nous a pas dit quel geste mais il nous a semblé à l'écoute, prêt à un geste significatif", a déclaré Yannick Vallée à la presse, entouré de quinze autres présidents d'université. "Il a conscience qu'on est au bord du clash, du vrai clash", a-t-il ajouté. Il a précisé avoir demandé au Premier ministre "six mois de réflexion sur l'université et parallèlement, sur l'emploi des jeunes". "De fait, ça veut dire qu'il faut suspendre le CPE", a-t-il assuré.
Le dialogue "au plus vite"
Auparavant, à la veille d'une nouvelle grande journée de manifestations et face à la mobilisation étudiante anti-CPE qui ne faiblit pas, Dominique de Villepin avait demandé que "les étudiants aient la liberté d'étudier" ... quelques heures après que le président Jacques Chirac eut demandé que le dialogue sur le CPE "s'ouvre au plus vite".
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Mais les blocages de facs restent nombreux. Plusieurs dizaines d'universités étaient toujours touchées vendredi par le mouvement anti-CPE: sur 84 Universités, 49 étaient perturbées selon le ministère de l'Education, 67 selon l'Unef.
La journée de samedi est la troisième journée de manifestations communes entre étudiants, lycéens et salariés. Les organisateurs l'espèrent décisive. La CFDT a tablé sur une participation d'"à peu près 1,5 million de Français" et a annoncé quelque 160 rassemblements.
Salariés et étudiants ensemble
Les partis de gauche ont aussi maintenu la pression durant la journée pour redemander le retrait du CPE. Les principaux ténors du PS devraient être notamment présents dans le cortège parisien: François Hollande, Laurent Fabius, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë... Les Verts, qui suspendront pour l'occasion les travaux de leur conseil national (parlement du parti), doivent venir en force place Denfert-Rochereau, point de départ de la manifestation parisienne. Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du PCF, sera à la tête de ses troupes.
Lors des manifestations des 7 février et 7 mars, les cortèges avaient drainé entre 400.000 et un million de personnes. Jeudi, des dizaines de défilés ont réuni entre 247.500 et 500.000 jeunes en France pour des manifestations qui ne concernaient que lycéens et étudiants.
Du côté des universités, les mobilisations anti-CPE étaient toujours très fortes. Le très emblématique site de la Sorbonne, occupée le 10 mars par des étudiants anti-CPE, restera fermée au moins jusqu'à la semaine prochaine et tant qu'une commission de sécurité n'aura pas évalué les conditions nécessaires à la réouverture totale ou partielle du site, selon le rectorat.
(Le Premier ministre vendredi soir à Matignon/LCI/TF1)
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