Les présidents d'université pour la suspension du CPE

le 17 mars 2006 à 20h19 , mis à jour le 19 mars 2006 à 14h53

Reçus vendredi soir à Matignon, des présidents d'université ont demandé formellement à Dominique de Villepin la suspension du CPE. Le Premier ministre a "semblé prêt à un geste significatif" sur le CPE, a déclaré Yannick Vallée, premier vice président, à l'issue de la rencontre.

TF1/LCI Villepin CPE Matignon universités

Reçue vendredi soir à Matignon, la conférence des présidents d'université a formellement demandé à Dominique de Villepin la suspension du contrat première embauche. "Nous sommes extrêmement craintifs sur ce qui se passera la semaine prochaine. A partir d'aujourd'hui et pour six mois, il faut rouvrir des négociations. Cela revient de fait à suspendre le CPE", a déclaré Yannick Vallée, premier vice-président de la CPU à l'issue de la réunion.

Et de poursuivre : "Nous lui avons demandé s'il était prêt à faire un geste pour débloquer la situation, il ne nous a pas dit quel geste mais il nous a semblé à l'écoute, prêt à un geste significatif", a déclaré Yannick Vallée à la presse, entouré de quinze autres présidents d'université. "Il a conscience qu'on est au bord du clash, du vrai clash", a-t-il ajouté. Il a précisé avoir demandé au Premier ministre "six mois de réflexion sur l'université et parallèlement, sur l'emploi des jeunes". "De fait, ça veut dire qu'il faut suspendre le CPE", a-t-il assuré.

Le dialogue "au plus vite"

Auparavant, à la veille d'une nouvelle grande journée de manifestations et face à la mobilisation étudiante anti-CPE qui ne faiblit pas, Dominique de Villepin avait demandé que "les étudiants aient la liberté d'étudier" ... quelques heures après que le président Jacques Chirac eut demandé que le dialogue sur le CPE "s'ouvre au plus vite".

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Vendredi, en riposte aux actions étudiantes, les mouvements anti-blocages de facs ont continué à se manifester, notamment par une manifestation place du Panthéon à Paris. De plus en plus d'étudiants excédés par les blocages ont lancé des pétitions qui ont réuni chacune plusieurs centaines de signatures, à Evry, Jussieu, Nanterre et Nantes notamment.

Mais les blocages de facs restent nombreux. Plusieurs dizaines d'universités étaient toujours touchées vendredi par le mouvement anti-CPE: sur 84 Universités, 49 étaient perturbées selon le ministère de l'Education, 67 selon l'Unef.

La journée de samedi est la troisième journée de manifestations communes entre étudiants, lycéens et salariés. Les organisateurs l'espèrent décisive. La CFDT a tablé sur une participation d'"à peu près 1,5 million de Français" et a annoncé quelque 160 rassemblements.

Salariés et étudiants ensemble

Les partis de gauche ont aussi maintenu la pression durant la journée pour redemander le retrait du CPE. Les principaux ténors du PS devraient être notamment présents dans le cortège parisien: François Hollande, Laurent Fabius, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, Bertrand Delanoë... Les Verts, qui suspendront pour l'occasion les travaux de leur conseil national (parlement du parti), doivent venir en force place Denfert-Rochereau, point de départ de la manifestation parisienne. Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du PCF, sera à la tête de ses troupes.

Lors des manifestations des 7 février et 7 mars, les cortèges avaient drainé entre 400.000 et un million de personnes. Jeudi, des dizaines de défilés ont réuni entre 247.500 et 500.000 jeunes en France pour des manifestations qui ne concernaient que lycéens et étudiants.

Du côté des universités, les mobilisations anti-CPE étaient toujours très fortes. Le très emblématique site de la Sorbonne, occupée le 10 mars par des étudiants anti-CPE, restera fermée au moins jusqu'à la semaine prochaine et tant qu'une commission de sécurité n'aura pas évalué les conditions nécessaires à la réouverture totale ou partielle du site, selon le rectorat.

(Le Premier ministre vendredi soir à Matignon/LCI/TF1)

le 17 mars 2006 à 20:19
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4 Commentaires

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  • Bernard, le 17/03/2006 à 22h03

    Mais pourquoi ne pas organiser une manifestation pour le CPE à l'instar de celle qui a légitimé le pouvoir en 68 et mis fin à cette merveilleuse folie qui handicape encore la France aujourd'hui ? Je connais des dizaines de personnes excédées par la gauche et sa démagogie répugnante qui sont prêtes à fermer leurs commerces, entreprises et cabinets pour aller à Paris manifester ! Les gens qui connaissent la réalité des entreprises sont tous pour le CPE ! Deux millions de gens à Paris pour exprimer leur ras-le-bol des la malhonnêteté de la gauche et tout rentre vite dans l'ordre !

  • Vincent, le 17/03/2006 à 21h59

    Si villepin cède , ce sera une nouvelle fois la victoire de la rue gauchiste , et la majorité silencieuse saura se faire entendre en votant FN à mon grand regret...

  • Ghislain, le 17/03/2006 à 21h42

    Comme d'habitude, toujours la même stratégie de ce gouvernement : montez les français les uns contre les autres ! Et oui c'est toujours pareil quelques soient les grèves et les revendiction le mot d'ordre est : Décridibilisons ces mouvements !

  • Steph, le 17/03/2006 à 20h57

    Voilà les professeurs bien indispensables! Depuis quand la liberté d'étudier est remise en cause?! Chacun peut travailler seul ou dans les bibliotheques!

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